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Et si on se faisait un petite histoire ? : discussion - Page 31

Dany80
Dany80

le 17/10/2024 à 22h01

la remorque était quasiment pleine, il laissa sur place ses outils, un malaise venait de s'installer quand leurs regards s'étaient croisés, et il s'éloigna rapidement en laissant Sylvain ébahi par ce regard qui lui rappelait quelqu'un qu'il avait connu, mais il ne s'imaginait pas ce que cette personne faisait là, était elle un "pensionnaire" qui aidait aux travaux de jardinage, ou un membre de sa famille avec qui il avait perdu le lien, ou un ancien ami de jeunesse....il avait du mal à se souvenir, mais une chose était sûre il connaissait ce regard, le soir commençait à tomber, il frissonna et se leva du banc pour rejoindre le salon commun afin de prendre une boisson chaude...et côtoyer d'autres résidents ......

Ambassadeur
Oss
Oss

le 18/10/2024 à 20h51

Sans surprise, il retrouva facilement le livre. Fébrilement il l'ouvrit. Une dédicace à l'écriture penchée et bien féminine, barrait la deuxième page.
Anastasia avait écrit cette dédicace, assise sous un arbre dominant la vallée, leur arbre, sur lequel était gravé leur amour ; les yeux rivés sur l’horizon Anastasia se rappelait les jours de bonheur partagés avec Sylvain et un doux sourire venait illuminé son beau visage. Une dédicace, oui, d'amour sous forme de poème :
A mon aimé qui fait battre mon cœur
A mon aimé qui me comble de bonheur
A mon aimé qui me donne l'espoir
A mon aimé que ce ne soit qu'un aurevoir ....

Trop ému, et tremblant de tout son être, il chercha un endroit pour s'asseoir, il vit un vieux tabouret poussiéreux qui se trouvait dans son bric à brac, il s'assit et lut et relut plusieurs fois ces vers qui le transportaient des années en arrière ; les yeux mi-clos il s'imaginait ce que aurait pu être sa vie avec la belle Anastasia, qu'était elle devenue, avait elle des enfants, est ce qu'elle avait pensé à lui de temps en temps, avait elle déménagé ? il n'en savait rien, y aurait il un signe de sa part un jour ? Le fait d'avoir trouvé cette médaille était-il ce signe ? Son esprit s'emballait.

Sylvain douta une nouvelle fois car il n'avait pas encore trouvé le nom de famille d'Anastasia. A.G. ? Qui était vraiment A.G. ? Le petit cœur, les initiales, le livre, Anatole, autant d'indices qui pourraient lui permettre de renouer avec le passé. En feuilletant le livre, il s'arrêta net sur une phrase soulignée d'un trait de crayon : " Il a abattu une paire de perdrix bartavelles en plein vol d'un seul coup de fusil." Le père de l'auteur n'aimait pas la chasse et un jour il fut invité à aller chasser la perdrix bartavelle et réussit l'exploit d'abattre deux de ces oiseaux, exploit qui fut retentissant dans le village.

Bartavelle sonna comme une musique aux oreilles de Sylvain. Il se vit dans le jardin d'Anastasia, tous les deux assis sur un banc de pierre. "Papa m'a expliqué que la perdrix bartavelle n'aimait pas vivre seule, elle avait besoin de compagnie", lui dit Sylvain. En riant, Anastasia ajouta "Alors, toi et moi, nous serons des perdrix bartavelles et plus jamais nous ne serons séparés !". Insouciance d'enfants ou de jeunes adolescents pour qui la vie ne leur avait encore rien appris mais pour laquelle ils se sentaient bien présents dans ce monde d'adultes.

La sonnette de l'entrée le tira de sa rêverie. Lâchant à regret le livre, il se dirigea vers la porte d'entrée où un deuxième coup de sonnette le fit sursauter.

"Monsieur Granget, j'ai trouvé cette enveloppe dans l'entrée, elle était par terre !" lui dit le fils de la concierge. Il saisit l'enveloppe, la retourna plusieurs fois : seul son nom apparaissait sur l'enveloppe : "GRANGET", d'une écriture tremblante, maladroite. Il l'ouvrit et lut :

" TU L'AS TROUVEE LA MEDAILLE ? "

- Mais tu n'as vu personne, demanda Sylvain ?
- Non je n'ai vu personne, Monsieur Granget. Je peux toujours demander aux autres résidents si...
- Non, merci.

Sylvain voulait rester discret. Après avoir fermé la porte derrière lui, Il alla s'asseoir à son bureau et pris sa loupe afin d'étudier l’écriture. Il avait fait de vagues études de graphologie et examina les caractères, le T plus haut , la lettre S légèrement penchée... Il connaissait cette écriture... Il en était certain, cette façon d'écrire révélait un caractère instable.. Il pris l'enveloppe et l'examina de plus près, rien, rien qui pouvait indiquer sa provenance. Pourtant après maintes réflexions, Sylvain en déduisit que la résidence étant sécurisée, qu'il fallait une autorisation pour que le portail s'ouvre : il était difficile à quelqu'un venant de l'extérieur de déposer dans le couloir cette lettre. C'était obligatoirement quelqu'un qui habitait à la résidence qui avait dû apercevoir Sylvain en train de ramasser cette médaille, quelqu'un qui avait fait exprès de la laisser par terre car il savait que Sylvain la trouverait.

Un détail de sa réflexion était tout de même le fait d'avoir trouvé cette médaille pratiquement sous une feuille, tout près de son banc où il affectionnait s'asseoir. Il était désormais convaincu qu'elle n'avait pas été déposée là par hasard, qu'une volonté avait pris le soin de la glisser sous une feuille, à l'endroit même où il prenait le soleil.

Un raclement à l'extérieur attira son attention. Un homme vêtu d'une salopette bleue, portant une casquette, balayait les feuilles de l'allée. Son long balai lui permettait d'avoir une belle stature. Il le dévisagea. L'homme prenait son temps, faisait des tas puis, à l'aide d'une pelle tout aussi longue il les ramassait et les glissait dans une remorque. Il l'avait déjà remarqué travaillant autour des allées, sans pour autant s'en intéresser. Pourtant, il le dévisagea longuement comme s'il pensait qu'il tenait là son mystérieux messager : l'homme à la médaille, en quelque sorte ! Et pourquoi pas après tout ?

Pourquoi pas, oui ...il se mit à l'observer, sa casquette cachait la partie haute de son visage mais la partie basse révélait une bouche aux lèvres épaisses ainsi qu'un menton en galoche. Il en était là de son observation quand tout à coup, l’homme releva la tête. Leurs regards se croisant Sylvain tressaillit mais l’homme tourna rapidement les talons. Sylvain se ruât dehors mais l'homme avait disparu. Ebahi par ce regard qui lui rappelait quelqu'un qu'il avait connu. Il ne s'imaginait pas ce que cette personne faisait là, était elle un "pensionnaire" qui aidait aux travaux de jardinage, ou un membre de sa famille avec qui il avait perdu le lien, ou un ancien ami de jeunesse... Il avait du mal à se souvenir, mais une chose était sûre il connaissait ce regard. Le soir commençait à tomber, il frissonna et se leva du banc pour rejoindre le salon commun afin de prendre une boisson chaude et côtoyer d'autres résidents.

Mathieu s'arrêta de presser le pas. Appuyé contre le tronc d'un arbre, il reprenait son souffle. Il était certain que Sylvain ne l'avait pas reconnu. Il avait pourtant vu son hésitation mais, habillé et grimé par sa moustache postiche et sa casquette sur la tête, il était méconnaissable. Il se dirigea vers une 308 Peugeot blanche. Une fois à l'intérieur, il saisit son téléphone, appuya sur une touche, l'écran s'alluma, il composa un numéro de téléphone depuis son répertoire. Quelques secondes après il annonça : "Il a trouvé la médaille !.... Très bien, je le surveille !.". Il raccrocha puis démarra. La voiture s'éloigna, se dirigeant vers le centre ville.

Le thé vert aux agrumes dégageait des volutes de fumée dans lesquelles le regard pensif de Sylvain se perdait. Cela faisait beaucoup d'évènements de vécus en si peu de temps ! La médaille, les souvenirs qui surgissent, un prénom qui s'en dégage, le livre, la lettre, la dédicace, cet homme furtif, voilà de quoi occuper la conscience de Sylvain des journées entières. Un tremblement le fit se tordre sur son fauteuil. Dans la poche de son pantalon, son téléphone sonnait. Non sans peine, poussé par un réflexe qui lui imposait de se dépêcher, il arriva à l'extraire. Il lut "NUMERO INCONNU". Malgré l'interdiction qu'il s'était donné ne pas répondre à de tels numéros, il appuya sur le symbole vert du téléphone pour entrer en communication avec ce correspondant ou correspondante. "Allo ?" dit-il d'une voix mal assurée. "Allo ?" répéta-t-il. "Elle vous rappelle quoi cette médaille ?" dit une voix grave, lente, claire, nette. La communication fut coupée laissant pantois Sylvain.

Ambassadeur
Bettyoups
Bettyoups

le 19/10/2024 à 10h11

Quel étrange appel ! Qui était cette personne? Et comment avait-elle eu son numéro de téléphone ? Et surtout, pourquoi ? Qu'est-ce que voulait dire cette mise en scène ? Sylvain retournait dans tous les sens son portable comme si la réponse pouvait en tomber ; après avoir bien réfléchit, il appela son opérateur pour tenter d’en savoir plus sur ce mystérieux appelant, mais le conseiller ne pu lui répondre n’en ayant pas le droit, Sylvain eut beau insister, l’opérateur lui répondit qu'à moins d'une requête policière, il ne pourrait pas l'aider, dépité Sylvain raccrocha .... une requête policière....non peut-être pas....

Ambassadeur
Dany80
Dany80

le 19/10/2024 à 21h19

Sylvain posa son portable sur la table, cette situation l'angoissait mais non c'est sûr qu'il ne demanderait pas une requête policière, il arriverait à trouver qui s'intéressait à lui pour lui rappeler ce qu'il avait vécu il y a des années, est ce que son grand amour Anastasia avait un message à lui transmettre par l'intermédiaire de la personne qu'il avait vu tout à l'heure..."l'homme à la médaille" ? et pourquoi une personne inconnue avait son portable....son numéro, il l'avait donné à plusieurs résidents, quand il y avait des sorties d'organisées , après réflexion, il regarda autour de lui et il eut cette idée et il en était convaincu que quelqu'un l'observait dans cette salle où il finissait son thé....

Ambassadeur
Oss
Oss

le 21/10/2024 à 11h43

3ème partie. Je reprends à partir du dernier paragraphe

Le thé vert aux agrumes dégageait des volutes de fumée dans lesquelles le regard pensif de Sylvain se perdait. Cela faisait beaucoup d'évènements de vécus en si peu de temps ! La médaille, les souvenirs qui surgissent, un prénom qui s'en dégage, le livre, la lettre, la dédicace, cet homme furtif, voilà de quoi occuper la conscience de Sylvain des journées entières. Un tremblement le fit se tordre sur son fauteuil. Dans la poche de son pantalon, son téléphone sonnait. Non sans peine, poussé par un réflexe qui lui imposait de se dépêcher, il arriva à l'extraire. Il lut "NUMERO INCONNU". Malgré l'interdiction qu'il s'était donné ne pas répondre à de tels numéros, il appuya sur le symbole vert du téléphone pour entrer en communication avec ce correspondant ou correspondante. "Allo ?" dit-il d'une voix mal assurée. "Allo ?" répéta-t-il. "Elle vous rappelle quoi cette médaille ?" dit une voix grave, lente, claire, nette. La communication fut coupée laissant pantois Sylvain.

Dépassé par tous ces évènement subits, Sylvain retournait dans tous les sens son portable comme si la réponse pouvait en tomber ; après avoir bien réfléchi, il appela son opérateur pour tenter d’en savoir plus sur ce mystérieux appelant. Le conseiller ne pu lui répondre n’en ayant pas le droit, Sylvain eut beau insister, l’opérateur lui répondit qu'à moins d'une requête policière, il ne pourrait pas l'aider, dépité Sylvain raccrocha .... une requête policière....non peut-être pas....

Il posa son portable sur la table, cette situation l'angoissait mais 'il ne demandera pas une requête policière, il arrivera à trouver qui s'intéressait à lui pour lui rappeler ce qu'il avait vécu il y a des années. Il se dit que son grand amour, Anastasia, avait un message à lui transmettre par l'intermédiaire de la personne qu'il avait vu tout à l'heure..."l'homme à la médaille" ? Pour quelle raison un inconnu avait son numéro ? Il l'avait donné à plusieurs résidents lorsqu'il y avait des sorties d'organisées et il n'y voyait pas de problème à l'avoir fait. Il regarda autour de lui et il eut cette idée que quelqu'un l'observait dans cette salle où il finissait son thé. Etait-ce le fruit d'une angoisse naissante qui lui ouvrait les portes de la suspicion ?

Il dévisagea chacune des personnes présentes, s'arrêtant longuement sur les visages et les attitudes. Rien ne l'interpella.

- Alors monsieur Granget, comment ça va aujourd'hui ?

La voix de Latifa le tira de son exploration physique. Latifa, femme de salle, le regardait de ses yeux noirs qu'il pensait être sévères mais, tout au contraire, elle possédait cette bienveillance des personnes généreuses.

- Bonjour Latifa, oui, je vais bien merci et vous ?
- Moi ça va inch Allah ! Dites moi monsieur Granget, vous avez quoi en ce moment ? Il est où votre sourire ? Il est perdu et pourquoi il est perdu comme ça hein ? Vous avez toujours le sourire vous !
- Non, je vous rassure, je l'ai toujours mon sourire, dit-il en s'efforçant d'adopter une attitude plus détendue.
- Woualah j'y crois pas monsieur Granget ! J'vous connais et je vois bien qui a une p'tite chose qui vous rend la tête toute triste !
- Mais non, je vous rassure, tout va bien ! Bon d'accord, vous avez raison, j'ai un petit souci.
- Comment ça t'ia un souci dit-elle en le tutoyant soudainement, tutoiement qu'elle utilisait très rapidement en fonction des personnes qu'elle appréciait. Qu'est quia mon ami ? Faut pas rester comme ça, sinon t'auras la cervelle qu'elle est grise qu'elle deviendra toute noire !
- Bon, Latifa, dites moi, n'avez-vous pas remarqué un homme étranger à la résidence qui chercherait à pénétrer dans nos locaux ?
- Comme un voleur ?
- Non pas vraiment mais quelqu'un qui cherche quelque chose ou quelqu'un
- Tu sais monsieur Granget, y'a les livreurs surtout, y'a beaucoup de monde qui vient ici et
- Merci Latifa. Il se leva d'un coup laissant la femme de salle surprise.

Sur le piano de la salle, une carte de la taille d'une feuille de papier était posée droite contre le chevalet à partition. Un dessin qu'il n'avait aucune peine à reconnaitre figurait sur cette feuille : un coeur avec en son centre les lettres AG et SG transpercé d'une flèche. Il blémit.

Ambassadeur
Bettyoups
Bettyoups

le 21/10/2024 à 16h14

Il saisit la feuille d'une main tremblante et se dirigea vers le couloir quand soudain il entendit des notes de musique s'élevant du piano, il les connaissait ces notes, se retournant Sylvain découvrit la personne qui jouait, en l'occurrence une femme, il se mit dans un coin afin de l’observer, le port de tête, cette élégance et ces doigts qui virevoltaient d'une touche à l'autre lui rappelait quelqu'un..

Ambassadeur
Dany80
Dany80

le 21/10/2024 à 17h52

S'appuyant contre la paroi du couloir afin de garder l'équilibre, et fixant cette femme qui jouait à merveille cette musique qui lui rappelait tellement de souvenirs, il écouta les larmes aux yeux tout en fixant ce beau visage, tenant toujours le dessin avec le coeur transpercé d'une fléche....mais non ce n'est pas possible....il s'avança vers le piano.....

Ambassadeur
Bettyoups
Bettyoups

le 07/11/2024 à 07h48

Coucouuuu ! Alors Oss ? Tu as vu, on a bien ’bossé ’ Dany80 Danynounette et moi !

Ambassadeur
Oss
Oss

le 07/11/2024 à 08h07

La suite arrivé. Il faut que je me remémore le fil... et oui vous avez bien travaillé

Bonjour

Ambassadeur
Oss
Oss

le 07/11/2024 à 14h18

Le thé vert aux agrumes dégageait des volutes de fumée dans lesquelles le regard pensif de Sylvain se perdait. Cela faisait beaucoup d'évènements de vécus en si peu de temps ! La médaille, les souvenirs qui surgissent, un prénom qui s'en dégage, le livre, la lettre, la dédicace, cet homme furtif, voilà de quoi occuper la conscience de Sylvain des journées entières. Un tremblement le fit se tordre sur son fauteuil. Dans la poche de son pantalon, son téléphone sonnait. Non sans peine, poussé par un réflexe qui lui imposait de se dépêcher, il arriva à l'extraire. Il lut "NUMERO INCONNU". Malgré l'interdiction qu'il s'était donné ne pas répondre à de tels numéros, il appuya sur le symbole vert du téléphone pour entrer en communication avec ce correspondant ou correspondante. "Allo ?" dit-il d'une voix mal assurée. "Allo ?" répéta-t-il. "Elle vous rappelle quoi cette médaille ?" dit une voix grave, lente, claire, nette. La communication fut coupée laissant pantois Sylvain.

Dépassé par tous ces évènement subits, Sylvain retournait dans tous les sens son portable comme si la réponse pouvait en tomber ; après avoir bien réfléchi, il appela son opérateur pour tenter d’en savoir plus sur ce mystérieux appelant. Le conseiller ne pu lui répondre n’en ayant pas le droit, Sylvain eut beau insister, l’opérateur lui répondit qu'à moins d'une requête policière, il ne pourrait pas l'aider, dépité Sylvain raccrocha .... une requête policière....non peut-être pas....

Il posa son portable sur la table, cette situation l'angoissait mais 'il ne demandera pas une requête policière, il arrivera à trouver qui s'intéressait à lui pour lui rappeler ce qu'il avait vécu il y a des années. Il se dit que son grand amour, Anastasia, avait un message à lui transmettre par l'intermédiaire de la personne qu'il avait vu tout à l'heure..."l'homme à la médaille" ? Pour quelle raison un inconnu avait son numéro ? Il l'avait donné à plusieurs résidents lorsqu'il y avait des sorties d'organisées et il n'y voyait pas de problème à l'avoir fait. Il regarda autour de lui et il eut cette idée que quelqu'un l'observait dans cette salle où il finissait son thé. Etait-ce le fruit d'une angoisse naissante qui lui ouvrait les portes de la suspicion ?

Il dévisagea chacune des personnes présentes, s'arrêtant longuement sur les visages et les attitudes. Rien ne l'interpella.

- Alors monsieur Granget, comment ça va aujourd'hui ?

La voix de Latifa le tira de son exploration physique. Latifa, femme de salle, le regardait de ses yeux noirs qu'il pensait être sévères mais, tout au contraire, elle possédait cette bienveillance des personnes généreuses.

- Bonjour Latifa, oui, je vais bien merci et vous ?
- Moi ça va inch Allah ! Dites moi monsieur Granget, vous avez quoi en ce moment ? Il est où votre sourire ? Il est perdu et pourquoi il est perdu comme ça hein ? Vous avez toujours le sourire vous !
- Non, je vous rassure, je l'ai toujours mon sourire, dit-il en s'efforçant d'adopter une attitude plus détendue.
- Woualah j'y crois pas monsieur Granget ! J'vous connais et je vois bien qui a une p'tite chose qui vous rend la tête toute triste !
- Mais non, je vous rassure, tout va bien ! Bon d'accord, vous avez raison, j'ai un petit souci.
- Comment ça t'ia un souci dit-elle en le tutoyant soudainement, tutoiement qu'elle utilisait très rapidement en fonction des personnes qu'elle appréciait. Qu'est quia mon ami ? Faut pas rester comme ça, sinon t'auras la cervelle qu'elle est grise qu'elle deviendra toute noire !
- Bon, Latifa, dites moi, n'avez-vous pas remarqué un homme étranger à la résidence qui chercherait à pénétrer dans nos locaux ?
- Comme un voleur ?
- Non pas vraiment mais quelqu'un qui cherche quelque chose ou quelqu'un
- Tu sais monsieur Granget, y'a les livreurs surtout, y'a beaucoup de monde qui vient ici et
- Merci Latifa. Il se leva d'un coup laissant la femme de salle surprise.

Sur le piano de la salle, une carte de la taille d'une feuille de papier était posée droite contre le chevalet à partition. Un dessin qu'il n'avait aucune peine à reconnaitre figurait sur cette feuille : un cœur avec en son centre les lettres AG et SG transpercé d'une flèche. Il blémit.

S'approchant du bel instrument de musique, il saisit la feuille d'une main tremblante et retourna dans la pièce où il se trouvait précédemment. Les quelques pas qu'il fit furent mal assurés, sa démarche hésitante trahissait ses émotions. Soudain il entendit des notes de musique qui s'élevèrent du piano. Il les connaissait ces notes. Il décida de retourner dans le salon de musique, lentement comme si il appréhendait de découvrir l'interprète de ces notes. Sylvain découvrit celle qui jouait la marche Turque de Mozart. Il se mit dans un coin afin d'observer, le port de tête, son élégance et ces doigts qui virevoltaient d'une touche à l'autre. Il se revit aux côtés d'Anastasia qui affectionnait particulièrement cet air de piano. Elle lui fit découvrir la musique classique, lui en parla longuement ce qui l'impressionna au début. Et puis, au fur et à mesure qu'il "entrait" dans cette musique, ce devint pour lui une banalité.

S'appuyant contre la paroi du couloir afin de garder l'équilibre, et fixant cette femme qui jouait à merveille cette musique qui lui rappelait tellement de souvenirs, il écouta les larmes aux yeux tout en fixant ce beau visage, tenant toujours le dessin avec le cœur transpercé d'une flèche. Mais ce n'est pas possible, se dit-il. Il s'avança vers le piano, vit les mains et les doigts graciles de cette virtuose qui s'activaient sur les touches d'ivoire. Il contourna le piano, lentement, de façon à se placer face à cette magicienne.

Cette femme devant lui, les yeux rivés sur le clavier ne pouvait pas être Anastasia. Anastasia serait plus vieille aujourd'hui, bien évidemment. La main droite de la pianiste resta en l'air, légèrement pliée, l'index pointé, les autres doigts repliés, figés dans la grâce. La main gauche termina les derniers accords. Un silence s'établit dans le salon. Ses mains se rejoignirent lentement, d'un geste mesuré, elle leva les yeux, rencontra ceux de Sylvain, une communion s'installa entre eux. Au bout d'un moment, il prononça "Magnifique", madame ?

- Mademoiselle, répondit-elle d'une voix douce. Merci monsieur.
- J'ai vu ceci sur le piano lui dit-il en montrant le dessin.
- Ah ?, J'avoue être une piètre dessinatrice, il n'est pas de moi ce dessin.
- Reconnaissez-vous les initiales inscrites dans ce cœur ?
- Nullement monsieur, prononça-t-elle d'une petite voix tout en se levant.
- Vous avez joué ce morceau de Mozart, de votre plein gré ?
- De mon plein gré ? Non pas du tout. J'ai simplement reçu un message glissé sous la porte de ma chambre me demandant de jouer ce morceau, ce que j'ai fait. Il doit y avoir ici un amateur ou une amatrice. Merci monsieur.

Elle tourna le dos et rejoignit un groupe de personne visiblement attendries par ce morceau joué par cette belle jeune femme.

Le téléphone de Sylvain sonna. Numéro inconnu. Le message qu'il lut s'ajouta à ses interrogations qui commencèrent à l'ennuyer et surtout l'inquiéter.

" Avez-vous apprécié ? Vous souvenez-vous du mardi 26 juin 1974 ? Vous l'aviez entendue pour la première fois cette marche et vous m'aviez fait un vœu. Rappelez-vous ! "

Ambassadeur
Bettyoups
Bettyoups

le 10/11/2024 à 07h31

Oh et comment il se rappelait de cette musique ! Il avait fait un vœux, oui mais pas pour Anastasia comme on aurait pu le croire mais à son copain militaire à qui il avait demandé de porter ces lettres à sa bien-aimée contre un vœux qu'il n'avait pu exaucé.......

Ambassadeur
Dany80
Dany80

le 10/11/2024 à 15h44

Sa tête bouillonnait, ses souvenirs refaisaient surface, il se souvint des lettres qu'il avait confié à son ami militaire qui devaient les remettre à Anastasia, est ce qu'il avait pu lui déposer ?
il se rappelait de son copain d'école Anatole qui avait été détenu dans un foyer pendant 5 ans, et qu'était il devenu ? est ce qu'il était toujours en vie ? est ce qu'il avait recherché sa trace ? était il à l'origine du dépôt de cette médaille prés de son banc favori....et avait-il revu Anastasia ? et la pianiste était elle au courant de quelque chose ? est ce qu'il aurait réponse à ses questions ?
tout à coup, chancelant, il chercha une chaise pour se poser, la tête lui tournait et avant qu'il ne puisse s'asseoir, il tomba sur le sol inconscient....

Ambassadeur
Dany80
Dany80

le 18/11/2024 à 11h51

coucou....

Ambassadeur
Oss
Oss

le 18/11/2024 à 20h12

Le thé vert aux agrumes dégageait des volutes de fumée dans lesquelles le regard pensif de Sylvain se perdait. Cela faisait beaucoup d'évènements de vécus en si peu de temps ! La médaille, les souvenirs qui surgissent, un prénom qui s'en dégage, le livre, la lettre, la dédicace, cet homme furtif, voilà de quoi occuper la conscience de Sylvain des journées entières. Un tremblement le fit se tordre sur son fauteuil. Dans la poche de son pantalon, son téléphone sonnait. Non sans peine, poussé par un réflexe qui lui imposait de se dépêcher, il arriva à l'extraire. Il lut "NUMERO INCONNU". Malgré l'interdiction qu'il s'était donné ne pas répondre à de tels numéros, il appuya sur le symbole vert du téléphone pour entrer en communication avec ce correspondant ou correspondante. "Allo ?" dit-il d'une voix mal assurée. "Allo ?" répéta-t-il. "Elle vous rappelle quoi cette médaille ?" dit une voix grave, lente, claire, nette. La communication fut coupée laissant pantois Sylvain.

Dépassé par tous ces évènement subits, Sylvain retournait dans tous les sens son portable comme si la réponse pouvait en tomber ; après avoir bien réfléchi, il appela son opérateur pour tenter d’en savoir plus sur ce mystérieux appelant. Le conseiller ne pu lui répondre n’en ayant pas le droit, Sylvain eut beau insister, l’opérateur lui répondit qu'à moins d'une requête policière, il ne pourrait pas l'aider, dépité Sylvain raccrocha .... une requête policière....non peut-être pas....

Il posa son portable sur la table, cette situation l'angoissait mais 'il ne demandera pas une requête policière, il arrivera à trouver qui s'intéressait à lui pour lui rappeler ce qu'il avait vécu il y a des années. Il se dit que son grand amour, Anastasia, avait un message à lui transmettre par l'intermédiaire de la personne qu'il avait vu tout à l'heure..."l'homme à la médaille" ? Pour quelle raison un inconnu avait son numéro ? Il l'avait donné à plusieurs résidents lorsqu'il y avait des sorties d'organisées et il n'y voyait pas de problème à l'avoir fait. Il regarda autour de lui et il eut cette idée que quelqu'un l'observait dans cette salle où il finissait son thé. Etait-ce le fruit d'une angoisse naissante qui lui ouvrait les portes de la suspicion ?

Il dévisagea chacune des personnes présentes, s'arrêtant longuement sur les visages et les attitudes. Rien ne l'interpella.

- Alors monsieur Granget, comment ça va aujourd'hui ?

La voix de Latifa le tira de son exploration physique. Latifa, femme de salle, le regardait de ses yeux noirs qu'il pensait être sévères mais, tout au contraire, elle possédait cette bienveillance des personnes généreuses.

- Bonjour Latifa, oui, je vais bien merci et vous ?
- Moi ça va inch Allah ! Dites moi monsieur Granget, vous avez quoi en ce moment ? Il est où votre sourire ? Il est perdu et pourquoi il est perdu comme ça hein ? Vous avez toujours le sourire vous !
- Non, je vous rassure, je l'ai toujours mon sourire, dit-il en s'efforçant d'adopter une attitude plus détendue.
- Woualah j'y crois pas monsieur Granget ! J'vous connais et je vois bien qui a une p'tite chose qui vous rend la tête toute triste !
- Mais non, je vous rassure, tout va bien ! Bon d'accord, vous avez raison, j'ai un petit souci.
- Comment ça t'ia un souci dit-elle en le tutoyant soudainement, tutoiement qu'elle utilisait très rapidement en fonction des personnes qu'elle appréciait. Qu'est quia mon ami ? Faut pas rester comme ça, sinon t'auras la cervelle qu'elle est grise qu'elle deviendra toute noire !
- Bon, Latifa, dites moi, n'avez-vous pas remarqué un homme étranger à la résidence qui chercherait à pénétrer dans nos locaux ?
- Comme un voleur ?
- Non pas vraiment mais quelqu'un qui cherche quelque chose ou quelqu'un
- Tu sais monsieur Granget, y'a les livreurs surtout, y'a beaucoup de monde qui vient ici et
- Merci Latifa. Il se leva d'un coup laissant la femme de salle surprise.

Sur le piano de la salle, une carte de la taille d'une feuille de papier était posée droite contre le chevalet à partition. Un dessin qu'il n'avait aucune peine à reconnaitre figurait sur cette feuille : un cœur avec en son centre les lettres AG et SG transpercé d'une flèche. Il blémit.

S'approchant du bel instrument de musique, il saisit la feuille d'une main tremblante et retourna dans la pièce où il se trouvait précédemment. Les quelques pas qu'il fit furent mal assurés, sa démarche hésitante trahissait ses émotions. Soudain il entendit des notes de musique qui s'élevèrent du piano. Il les connaissait ces notes. Il décida de retourner dans le salon de musique, lentement comme si il appréhendait de découvrir l'interprète de ces notes. Sylvain découvrit celle qui jouait la marche Turque de Mozart. Il se mit dans un coin afin d'observer, le port de tête, son élégance et ces doigts qui virevoltaient d'une touche à l'autre. Il se revit aux côtés d'Anastasia qui affectionnait particulièrement cet air de piano. Elle lui fit découvrir la musique classique, lui en parla longuement ce qui l'impressionna au début. Et puis, au fur et à mesure qu'il "entrait" dans cette musique, ce devint pour lui une banalité.

S'appuyant contre la paroi du couloir afin de garder l'équilibre, et fixant cette femme qui jouait à merveille cette musique qui lui rappelait tellement de souvenirs, il écouta les larmes aux yeux tout en fixant ce beau visage, tenant toujours le dessin avec le cœur transpercé d'une flèche. Mais ce n'est pas possible, se dit-il. Il s'avança vers le piano, vit les mains et les doigts graciles de cette virtuose qui s'activaient sur les touches d'ivoire. Il contourna le piano, lentement, de façon à se placer face à cette magicienne.

Cette femme devant lui, les yeux rivés sur le clavier ne pouvait pas être Anastasia. Anastasia serait plus vieille aujourd'hui, bien évidemment. La main droite de la pianiste resta en l'air, légèrement pliée, l'index pointé, les autres doigts repliés, figés dans la grâce. La main gauche termina les derniers accords. Un silence s'établit dans le salon. Ses mains se rejoignirent lentement, d'un geste mesuré, elle leva les yeux, rencontra ceux de Sylvain, une communion s'installa entre eux. Au bout d'un moment, il prononça "Magnifique", madame ?

- Mademoiselle, répondit-elle d'une voix douce. Merci monsieur.
- J'ai vu ceci sur le piano lui dit-il en montrant le dessin.
- Ah ?, J'avoue être une piètre dessinatrice, il n'est pas de moi ce dessin.
- Reconnaissez-vous les initiales inscrites dans ce cœur ?
- Nullement monsieur, prononça-t-elle d'une petite voix tout en se levant.
- Vous avez joué ce morceau de Mozart, de votre plein gré ?
- De mon plein gré ? Non pas du tout. J'ai simplement reçu un message glissé sous la porte de ma chambre me demandant de jouer ce morceau, ce que j'ai fait. Il doit y avoir ici un amateur ou une amatrice. Merci monsieur.

Elle tourna le dos et rejoignit un groupe de personne visiblement attendries par ce morceau joué par cette belle jeune femme.

Le téléphone de Sylvain sonna. Numéro inconnu. Le message qu'il lut s'ajouta à ses interrogations qui commencèrent à l'ennuyer et surtout l'inquiéter.

" Avez-vous apprécié ? Vous souvenez-vous du mardi 26 juin 1974 ? Vous l'aviez entendue pour la première fois cette marche et vous m'aviez fait un vœu. Rappelez-vous ! "

Le puzzle de sa mémoire se mit en place, pièce après pièce. Oh que oui ! Il se rappelait parfaitement cette musique ! Il avait fait un vœu, c'est vrai, mais pas pour Anastasia comme on aurait pu le croire. C'est à son copain militaire à qui il avait demandé de porter ses lettres écrites avec l'amour qu'il portait à sa bien-aimée, contre un vœu qu'il n'avait pu exaucer.......

Sa tête bouillonnait, ses souvenirs refaisaient surface, il se souvint des lettres qu'il avait confié à son ami militaire qui devaient les remettre à Anastasia ; avait-il pu pu les lui remettre ?
Il se rappelait de son copain d'école Anatole qui avait été détenu dans un foyer pendant 5 ans, et qu'était il devenu ? Etait-il toujours en vie ? Avait-il recherché sa trace ? Etait-il à l'origine du dépôt de cette médaille prés de son banc favori....et avait-il revu Anastasia ? Et la pianiste était elle au courant de quelque chose ? Tant de questions pour lesquelles il espérait des réponses.

Tout à coup, chancelant, il chercha une chaise pour se poser, la tête lui tournait et avant qu'il ne puisse s'asseoir, il tomba sur le sol inconscient...

- Apparemment, vous faites de l'anémie monsieur, dit le médecin pompier. Un peu de repos, un peu de régime, mangez des bons fruits de saison et tout rentrera dans l'ordre. Reposez-vous surtout et pas de stress, d'accord ?

Sylvain ne répondit pas. Il était surpris d'avoir fait ce malaise. Allongé sur son lit, détendu grâce à la piqure que le médecin lui avait administrée, il reprit ses esprits. Fermant les yeux, Anastasia lui apparut dans ce moment de leurs 16 ans. Ce vœu, ce pacte entre tous les deux était de fêter le 10 mars la sainte Anastasia et de se rendre tous les deux en Italie, à Ravenne, à la Basilique Saint-Vital de Ravenne voir la mosaïque de Théodora Anastasie la praticienne. Cette mosaïque illustrait leur livre d'histoire et il avait fait ce serment d'aller un jour en Italie voir Anastasie, allias Anastasia. Il se souvint également du délice de leurs mots, de leurs rêves qu'évoquait cette illustration de leur livre d'histoire, de leurs doigts emmêlés pour signer leur pacte et du baiser qu'ils échangèrent scellant ainsi leur vœu.

Il se redressa sur le lit, prit son téléphone, ouvrit le calendrier : le 10 mars c'était dans quinze jours. Son cœur bâtit encore plus au moment ou l'on frappa à la porte de son appartement.

Il déchira l'enveloppe qui était fichée sur le papier du bouquet de roses rouges qu'un commissionnaire venait de lui remettre.

- Je ne suis pas loin de toi, je t'ai retrouvé. Viens !

Ambassadeur
Bettyoups
Bettyoups

le 19/11/2024 à 13h34

Viens ? Mais où ? Anastasia aurait-elle pu se libérer plus tôt ? Sylvain ne savait plus quoi faire, ce bouquet de roses rouges qui signifiait l'amour ne pouvait pas venir de quelqu'un d'autre qu’Anastasia ! N’écoutant que son cœur, il se leva rapidement ce qui lui valu un serieux étourdissement qui le laissa haletant sur le bord de son lit, il entendit dans son dos la porte s'ouvrir et des pas précipités venir vers lui ......

Ambassadeur
Dany80
Dany80

le 19/11/2024 à 19h32

il avait en effet appuyé sur la sonnette de secours qu'il ne gardait pas loin, au cas où il serait mal pris, car son étourdissement lui avait fait peur, il avait du mal à respirer, et la porte et les pas précipités devaient être sans doute un docteur de service ou un soignant.......

Ambassadeur
Bettyoups
Bettyoups

le 23/11/2024 à 15h43

Oss ?

Ambassadeur
Oss
Oss

le 27/11/2024 à 13h05

Sylvain ne répondit pas. Il était surpris d'avoir fait ce malaise. Allongé sur son lit, détendu grâce à la piqure que le médecin lui avait administrée, il reprit ses esprits. Fermant les yeux, Anastasia lui apparut dans ce moment de leurs 16 ans. Ce vœu, ce pacte entre tous les deux était de fêter le 10 mars la sainte Anastasia et de se rendre tous les deux en Italie, à Ravenne, à la Basilique Saint-Vital de Ravenne voir la mosaïque de Théodora Anastasie la praticienne. Cette mosaïque illustrait leur livre d'histoire et il avait fait ce serment d'aller un jour en Italie voir Anastasie, allias Anastasia. Il se souvint également du délice de leurs mots, de leurs rêves qu'évoquait cette illustration de leur livre d'histoire, de leurs doigts emmêlés pour signer leur pacte et du baiser qu'ils échangèrent scellant ainsi leur vœu.

Il se redressa sur le lit, prit son téléphone, ouvrit le calendrier : le 10 mars c'était dans quinze jours. Son cœur bâtit encore plus au moment ou l'on frappa à la porte de son appartement.

Il déchira l'enveloppe qui était fichée sur le papier du bouquet de roses rouges qu'un commissionnaire venait de lui remettre.

- Je ne suis pas loin de toi, je t'ai retrouvé. Viens !

Viens ? Mais où ? Anastasia, aurait-elle pu se libérer plus tôt ? Sylvain ne savait plus quoi faire, ce bouquet de roses rouges qui signifiait l'amour ne pouvait pas venir de quelqu'un d'autre que d'Anastasia ! N’écoutant que son cœur, il se leva rapidement ce qui lui valut un sérieux étourdissement qui le laissa haletant sur le bord de son lit, il entendit dans son dos la porte s'ouvrir et des pas précipités venir vers lui.

Il avait en effet appuyé sur la sonnette de secours qu'il ne gardait pas loin, au cas où il serait mal pris, car son étourdissement lui avait fait peur, il avait du mal à respirer, et la porte et les pas précipités devaient être sans doute un docteur de service ou un soignant.

- Ah monsieur Granget ! Woualah t'ia m'a fait peur ! J'ai appris que t'iétais tombé dans les pommes.

Le désarroi de Latifa n'était pas feint. Elle saisit la main de Sylvain comme pour se rassurer elle-même du bien être de ce monsieur. Sylvain leva les yeux pour regarder le sourire inquiet de Latifa. Sa vue se brouilla légèrement et, en dévisageant celle qui venait prendre de ses nouvelles, il demeura un moment saisi comme si le temps s'arrêtait soudainement d'égrainer les secondes...

- Latifa ? Dis moi, c'est bien toi ? dit-il la voix cassée.
- Ma parole monsieur Granget, t'ia quoi ? Qu'est-ce que tu m'dis ? Et oui c'est moi ! Tu crois quoi ? C'est moi mon fils ! Latifa !

Trop d'évènements en si peu de temps venaient de faire douter Sylvain. Il crut un instant voir Anastasia tout près de lui en la personne de cette femme brune aux yeux noirs. La différence d'âge entre celle qui avait été son premier amour et Latifa, ne lui permettait pas de voir l'évidence.

- Je suis épuisé dit-il les yeux embués. Je ne sais pas ce qu'il se passe. Ma vie me joue des tours et...

Latifa lui passa un bras sur les épaules en lui disant :

- Viens, lève toi mon fils, on va dans le jardin !
- Mais je ne suis pas ton fils, enfin Latifa !
- Si pas grave ça mon fils, si pas grave. Allez, lève toi, viens !

Puis approchant sa bouche vers l'oreille de Sylvain, elle lui dit en chuchotant :

- Y'a une surprise pour toi qui t'attend, mon fils !

Ambassadeur
Bettyoups
Bettyoups

le 27/11/2024 à 14h22

Sylvain s'arrêta net , une surprise, me dis-tu ? Mais qu'est-ce donc ? Latifa le rassura , t’y inquiète pas mon fils, si j’y t’y dis s’y oune surprise, s’y oune surprise ! Allez, viens donc et ne pose pas de questions, t’y verra bien ! Sylvain se le tient pour dit et avança dans le couloir non sans une certaine appréhension , que lui réservait-on comme surprise, et qui ,surtout l'attendait au bout du couloir ? Mille et une questions lui passaient par la tête et Latifa voyant Sylvain tourmenté, lui dit : t'y va voir comme t'y va être content mon fils !

Ambassadeur
Dany80
Dany80

le 27/11/2024 à 19h47

ce couloir qu'il avait arpenté tant de fois lui paraissait interminable, il avait du mal à réaliser pourquoi Latifa l'entraînait hors de sa chambre, elle lui avait dit qu'une surprise l'attendait et qu'il devrait être content, mais tout se brouillait dans sa tête, son cœur battait la chamade, Latifa le maintenait et malgré ça il n'arrivait plus à avancer.....

Ambassadeur
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