Et si on se faisait un petite histoire ? : discussion - Page 30
le 03/10/2024 à 22h54
le 03/10/2024 à 23h43
Ne vous inquiétez pas les filles. Et je corrige même mes fautes !
le 04/10/2024 à 08h13
Je me permets de recopier ton texte
Anastasia ne se fit pas prier, elle prit le caillou et d'un geste vif, elle piqua son doigt, le sang coulait et Sylvain tendrement lui pris la main et leur sang se mélangea, ils étaient unis, leurs regards ne se quittaient pas, afin d' arrêter le sang toujours avec leur mains nouées, ils les trempèrent dans l'eau, dans son autre main elle n'avait pas lâché les tétards, têtards qui lui fit soudainement éclater de rire car tellement ils frétillaient que des chatouilles la titillaient ! Mais tout à coup, surgit du bois, fusil sur l’épaule, Monsieur le châtelain dont le visage exprimait un mécontentement extrême, s'approcha et ordonna à sa fille qui tentait de cacher sa main blessée, de rentrer immédiatement quand il s'aperçut du mouchoir taché de sang tombé au sol qu’ Anastasia n'avait pas vu, son père le ramassa et d'un œil soupçonneux regarda la main de sa fille ainsi que celle de Sylvain, blême de colère, il comprit tout de suite ce dont il s'agissait et d'un doigt menaçant exigeat que Sylvain ne vint plus sur ces terres et surtout de ne plus entrer en contact avec sa fille....
le 04/10/2024 à 20h47
Bonsoir
En ramassant cette médaille qu'il plaça aussitôt dans la boîte d'allumettes au milieu de ses trouvailles, Sylvain Granget ne pensait pas un seul instant que sa vie allait basculer.
La boîte d'allumettes bien rangée au fond de la poche droite de son manteau contenait toutes sortes d'objets allant d'un coin d'une carte postale déchirée, trois pièces de monnaie rongées par les intempéries, un scarabée doré, des petits cailloux qu'il trouvait originaux et maintenant cette médaille qu'une feuille sèche dissimulait à peine sur le sol détrempé.
Sylvain Granget n'était pas un collectionneur patenté, ni même un fétichiste. Non, loin de tout cela. On pourrait dire de lui que c'était un original ou un "petit" marginal. D'ailleurs son superbe appartement dans une résidence cossue, ne laissait présager en rien cette phobie dans laquelle il se délectait.
Pourtant, cette médaille ramassée en ce premier jour de l'automne marquera un bouleversement dans l'histoire de sa Vie...
Sa vie passée dans cette résidence, certes cossue, mais vide de cris d'enfants car le logement qu'il occupait était une résidence de personnes âgées ; il y menait une vie paisible, des journées ponctuées par des allées et venues du personnel, personnel qui venait régulièrement lui proposer des activités qu'il refusait systématiquement car "son monde" lui suffisait jusqu'à la découverte de cette médaille.
Son plaisir matinal, lorsqu'il prenait son petit déjeuner, était d'émietter sa brioche ou son pain, de ramasser les miettes dans son mouchoir puis de se rendre au jardin, sur le banc qui l'attendait. Alors, il s'asseyait et par magie une nuée d'oiseaux venait se poser près de lui en piaillant, marquant une impatience mais sûrement une joie de retrouver leur bienfaiteur. Les miettes jetées à la volée lui permettaient de participer au festin ponctué de battements d'ailes, de petits sauts rapides et de cris pour défendre une savoureuse becqueté.
Lorsqu'il replaça son mouchoir dans la poche de son manteau, ses doigts frôlèrent la boite d'allumettes... il l'a saisie.
Médaille donc qu'il saisit et qu'il se mit à regarder attentivement, d'où venait elle ? A qui appartenait elle ? A-t-elle était perdue ou jetée volontairement ? A force de la regarder un détail lui apparu .....
L'avers de la médaille représentait la Vierge Marie, l'Immaculée Conception. Le verso avait été soigneusement limé et des lettres avaient été gravées maladroitement, sans réel ordre ni harmonie dans la représentation. Il se leva, fit tomber du plat de la main les miettes de pain qui étaient prises sur son pantalon. Il retourna à son appartement, prit une loupe et entreprit la lecture des lettres gravées. Il pu lire "AG pour SG" suivi de deux petits cœurs.
Quelle était l'histoire de cette médaille qui apparemment reflétait un amour ? Cet amour était-il partagé ?
Tout à coup, il dut prendre une longue inspiration car malgré lui, son cœur s'était mit à s'emballer ! Étrange cette réaction, face à cette découverte ! Se sentant fatigué, il remit en place la médaille dans la boîte d'allumettes pour s'allonger afin de calmer ce cœur qui s'était mit à tambouriner comme jamais il ne l'avait fait....quoique. Heureusement qu'il ait pu s'allonger pour se calmer, très perturbé par sa trouvaille, il reprit la médaille dans sa main, la serra très fort, senti comme un frisson, et après quelques minutes il s'assoupit, et fit un rêve ...
AG SG AG SG AG SG AG SG le tourbillon de ces lettres perturbait son sommeil. Son rêve virait au cauchemar. Il se réveilla d'un coup, les yeux agars, la bouche crispée, le front moite. SG ! Il était persuadé que c'était ses initiales : Sylvain Granget. Mais AG ? Il fit un effort de mémoire. Il fouilla au plus profond de sa mémoire. AG était-ce une femme ? Un homme ? Un adulte ? Un enfant ? Ou alors les initiales d'un pays ? D'une ville ? D'un endroit ? Pourquoi pas ? Il entreprit d'énoncer des prénoms commençant par la lettre A. Adèle, Annie, Aurore, Adrienne... Machinalement, il ne s'aperçut pas de suite qu'il énonçait que des prénoms féminins. C'est lorsqu'il arriva à énoncer Aziyadé, l'héroïne de Pierre Loti qu'il se dit que AG c'était sans doute un prénom masculin. Il recommença. Alain, Adrien, Auguste, Antoine......André, Anatole ....Anatole ? Se relevant d'un bond qui lui valut une grimace due à ses articulations vieillissantes, Sylvain essuya son front transpirant de sueur mais de sueur froide car oui, il se souvenait maintenant....Anatole... Combien d'années lui avait-il fallu pour oublier ou plutôt pour se faire oublier ... et sa mémoire revint ....
Lorsqu'il avait 15 ans, .il avait assisté à un assassinat et caché derrière les buissons il avait assisté à une violente dispute qui s'était mal terminée.... Anatole, s'était son pote depuis la maternelle. Puis, après des affinités qui s'étaient précisées entre les deux garçons, ils devinrent des amis jusqu'à cette nuit où il fut le témoin de cette terrible affaire. Anatole se trouvait avec deux autres camarades. Ils chahutaient à trois, se bousculant, s'administrant de grandes claques dans le dos. Et puis vint vers eux ce garçon qui rentrait tranquillement chez lui. Ils le bousculèrent "pour jouer" diront-ils plus tard. Le plus âgé des trois lança sa jambe vers le visage de ce garçon qui, sous la force du coup, chuta, sa tête frappa violemment le sol. Il mourut dans l'ambulance. Anatole écopa d'une peine de 5 années de rétention dans un foyer spécialisé.
Sylvain se leva, le front plissé. Non cela ne collait pas avec la médaille. Les deux cœurs gravés l'interpellaient et n'avaient rien à voir avec Anatole. Non, il en était convaincu.
A force de triturer sa mémoire, Anastasia se rappela à son souvenir. Anastasia la petite châtelaine ! Anastasia la belle blonde ! Il tremblait en se remémorant le visage de cette belle jeune fille qu'il connue lorsqu'il avait onze ans... Anatole et lui se la disputaient. Anastasia G. se souvint-il également. Anastasia....comme elle était mignonne avec ses boucles bondes qui virevoltaient autour de son visage mutin où des yeux malicieux vous regardaient d'un air de dire : alors chiche ou pas de me suivre ? Car, s'était une vraie aventurière et souvent avec Anatole ils se faisaient violence pour ne pas montrer leurs appréhensions ! Et dire qu'ils avaient fait le serment par le sang....
Il faisait chaud ce matin de leurs onze ans, au bord du ruisseau. Pieds nus dans l'eau jusqu'aux mollets, Sylvain souhaitaient pêcher des têtards et les donner à Anastasia. Ravie d'avoir ces petits animaux à la queue sans cesse en mouvement, elle avait hâte ensuite de les déposer dans son aquarium qu'elle réservait aux futures grenouilles. Elle regarda son ami placer les têtards nichés dans le creux de sa main. Elle fut prise d'un élan soudain en déposant sur la joue de Sylvain un petit baiser tendre mais furtif. C'était le premier. Il lui prit la main en disant :"Anastasia, tu es mon amoureuse. Je pique mon doigt avec ce caillou, tu veux bien faire pareil et mon sang rejoindra le tien ,". Une histoire d'amour naissait.
Anastasia ne se fit pas prier, elle prit le caillou et d'un geste vif, elle piqua son doigt, le sang coulait et Sylvain tendrement lui pris la main et leur sang se mélangea, ils étaient unis, leurs regards ne se quittaient pas. Afin d' arrêter le sang toujours avec leur mains nouées, ils les trempèrent dans l'eau, dans son autre main elle n'avait pas lâché les têtards. Elle éclata de rire sous les chatouilles des bébés batraciens !
Tout à coup, surgi du bois, fusil sur l’épaule, Monsieur le châtelain dont le visage exprimait un mécontentement extrême, s'approcha et ordonna à sa fille qui tentait de cacher sa main blessée, de rentrer immédiatement. Lorsqu'il aperçut le mouchoir taché de sang au sol, son père le ramassa et d'un œil soupçonneux, regarda la main de sa fille ainsi que celle de Sylvain. Blême de colère, il comprit tout de suite ce dont il s'agissait et d'un doigt menaçant exigea que Sylvain ne s'approchât plus de sa fille.
Le long soupir qui venait de gonfler ses poumons l'arracha à ses souvenirs. Que son enfance était loin ! Pourtant, sans qu'il sache pourquoi cet autre souvenir venait déjà remplacer celui de ses onze ans.
Sa pensée devenait lumineuse, chaude, brûlante, pas tellement apaisée par les images qui défilaient dans ses yeux. Allongé à même le sol, dans le silence de la nuit qui venait, ce casque sur la tête qui lui pesait, le fusil qu'il tenait des deux mains et qui ankylosait ses bras, le visage d'Anastasia dansait devant lui, un large soupir découvrait sa denture. Sylvain revoyait cette photo qu'elle lui avait donnée au moment où elle rejoignait le pensionnat de jeune fille. Dans cette guerre d'Algérie qui le transportait dans les affres des embuscades et des attentats, le visage d'Anastasia adoucissait ses craintes. Son ange gardien veillait sur lui. Déjà quatorze mois de combats et une éternité, l'absence de son amour...
le 05/10/2024 à 08h40
Combats extérieurs qui l’assourdissaient par les bombes qui explosaient non loin de lui et combats intérieurs car il ne voulaient pas participer à cette guerre, lui le pacifique, lui qui avait en horreur les armes ,lui le poète qui ne trouvait la paix que quand il remplissait son carnet de rimes, il trouvait un exutoire dans ses lignes qu'il écrivait dès qu'il en avait l'occasion où il laissait parler son cœur,oui une éternité lui semblait il, la reverrait-il ? Est-ce-qu’au moins elle recevait ses lettres ? Le copain militaire blessé et rapatrié à qui il les avaient donné , les avait-il remis à Anastasia ? Il avait fait confiance à ce copain....
le 06/10/2024 à 22h42
ce copain blessé qu'il avait soigné et pris sous son aile quand une bombe avait explosée, il l'avait traîné pour le mettre à l'abri, et l'avait soigné, il avait réussi à lui arrêter l'hémorragie, et avait prévenu ses supérieurs afin qu'il soit rapatrié car sa jambe était dans un sale état et il avait besoin d'aller dans un hôpital , et il lui avait confié le courrier qu'il destinait à Anastasia, il pouvait donc lui faire confiance.......
le 08/10/2024 à 01h40
Bonsoir
En ramassant cette médaille qu'il plaça aussitôt dans la boîte d'allumettes au milieu de ses trouvailles, Sylvain Granget ne pensait pas un seul instant que sa vie allait basculer.
La boîte d'allumettes bien rangée au fond de la poche droite de son manteau contenait toutes sortes d'objets allant d'un coin d'une carte postale déchirée, trois pièces de monnaie rongées par les intempéries, un scarabée doré, des petits cailloux qu'il trouvait originaux et maintenant cette médaille qu'une feuille sèche dissimulait à peine sur le sol détrempé.
Sylvain Granget n'était pas un collectionneur patenté, ni même un fétichiste. Non, loin de tout cela. On pourrait dire de lui que c'était un original ou un "petit" marginal. D'ailleurs son superbe appartement dans une résidence cossue, ne laissait présager en rien cette phobie dans laquelle il se délectait.
Pourtant, cette médaille ramassée en ce premier jour de l'automne marquera un bouleversement dans l'histoire de sa Vie...
Sa vie passée dans cette résidence, certes cossue, mais vide de cris d'enfants car le logement qu'il occupait était une résidence de personnes âgées ; il y menait une vie paisible, des journées ponctuées par des allées et venues du personnel, personnel qui venait régulièrement lui proposer des activités qu'il refusait systématiquement car "son monde" lui suffisait jusqu'à la découverte de cette médaille.
Son plaisir matinal, lorsqu'il prenait son petit déjeuner, était d'émietter sa brioche ou son pain, de ramasser les miettes dans son mouchoir puis de se rendre au jardin, sur le banc qui l'attendait. Alors, il s'asseyait et par magie une nuée d'oiseaux venait se poser près de lui en piaillant, marquant une impatience mais sûrement une joie de retrouver leur bienfaiteur. Les miettes jetées à la volée lui permettaient de participer au festin ponctué de battements d'ailes, de petits sauts rapides et de cris pour défendre une savoureuse becqueté.
Lorsqu'il replaça son mouchoir dans la poche de son manteau, ses doigts frôlèrent la boite d'allumettes... il l'a saisie.
Médaille donc qu'il saisit et qu'il se mit à regarder attentivement, d'où venait elle ? A qui appartenait elle ? A-t-elle était perdue ou jetée volontairement ? A force de la regarder un détail lui apparu .....
L'avers de la médaille représentait la Vierge Marie, l'Immaculée Conception. Le verso avait été soigneusement limé et des lettres avaient été gravées maladroitement, sans réel ordre ni harmonie dans la représentation. Il se leva, fit tomber du plat de la main les miettes de pain qui étaient prises sur son pantalon. Il retourna à son appartement, prit une loupe et entreprit la lecture des lettres gravées. Il pu lire "AG pour SG" suivi de deux petits cœurs.
Quelle était l'histoire de cette médaille qui apparemment reflétait un amour ? Cet amour était-il partagé ?
Tout à coup, il dut prendre une longue inspiration car malgré lui, son cœur s'était mit à s'emballer ! Étrange cette réaction, face à cette découverte ! Se sentant fatigué, il remit en place la médaille dans la boîte d'allumettes pour s'allonger afin de calmer ce cœur qui s'était mit à tambouriner comme jamais il ne l'avait fait....quoique. Heureusement qu'il ait pu s'allonger pour se calmer, très perturbé par sa trouvaille, il reprit la médaille dans sa main, la serra très fort, senti comme un frisson, et après quelques minutes il s'assoupit, et fit un rêve ...
AG SG AG SG AG SG AG SG le tourbillon de ces lettres perturbait son sommeil. Son rêve virait au cauchemar. Il se réveilla d'un coup, les yeux agars, la bouche crispée, le front moite. SG ! Il était persuadé que c'était ses initiales : Sylvain Granget. Mais AG ? Il fit un effort de mémoire. Il fouilla au plus profond de sa mémoire. AG était-ce une femme ? Un homme ? Un adulte ? Un enfant ? Ou alors les initiales d'un pays ? D'une ville ? D'un endroit ? Pourquoi pas ? Il entreprit d'énoncer des prénoms commençant par la lettre A. Adèle, Annie, Aurore, Adrienne... Machinalement, il ne s'aperçut pas de suite qu'il énonçait que des prénoms féminins. C'est lorsqu'il arriva à énoncer Aziyadé, l'héroïne de Pierre Loti qu'il se dit que AG c'était sans doute un prénom masculin. Il recommença. Alain, Adrien, Auguste, Antoine......André, Anatole ....Anatole ? Se relevant d'un bond qui lui valut une grimace due à ses articulations vieillissantes, Sylvain essuya son front transpirant de sueur mais de sueur froide car oui, il se souvenait maintenant....Anatole... Combien d'années lui avait-il fallu pour oublier ou plutôt pour se faire oublier ... et sa mémoire revint ....
Lorsqu'il avait 15 ans, .il avait assisté à un assassinat et caché derrière les buissons il avait assisté à une violente dispute qui s'était mal terminée.... Anatole, s'était son pote depuis la maternelle. Puis, après des affinités qui s'étaient précisées entre les deux garçons, ils devinrent des amis jusqu'à cette nuit où il fut le témoin de cette terrible affaire. Anatole se trouvait avec deux autres camarades. Ils chahutaient à trois, se bousculant, s'administrant de grandes claques dans le dos. Et puis vint vers eux ce garçon qui rentrait tranquillement chez lui. Ils le bousculèrent "pour jouer" diront-ils plus tard. Le plus âgé des trois lança sa jambe vers le visage de ce garçon qui, sous la force du coup, chuta, sa tête frappa violemment le sol. Il mourut dans l'ambulance. Anatole écopa d'une peine de 5 années de rétention dans un foyer spécialisé.
Sylvain se leva, le front plissé. Non cela ne collait pas avec la médaille. Les deux cœurs gravés l'interpellaient et n'avaient rien à voir avec Anatole. Non, il en était convaincu.
A force de triturer sa mémoire, Anastasia se rappela à son souvenir. Anastasia la petite châtelaine ! Anastasia la belle blonde ! Il tremblait en se remémorant le visage de cette belle jeune fille qu'il connue lorsqu'il avait onze ans... Anatole et lui se la disputaient. Anastasia G. se souvint-il également. Anastasia....comme elle était mignonne avec ses boucles bondes qui virevoltaient autour de son visage mutin où des yeux malicieux vous regardaient d'un air de dire : alors chiche ou pas de me suivre ? Car, s'était une vraie aventurière et souvent avec Anatole ils se faisaient violence pour ne pas montrer leurs appréhensions ! Et dire qu'ils avaient fait le serment par le sang....
Il faisait chaud ce matin de leurs onze ans, au bord du ruisseau. Pieds nus dans l'eau jusqu'aux mollets, Sylvain souhaitaient pêcher des têtards et les donner à Anastasia. Ravie d'avoir ces petits animaux à la queue sans cesse en mouvement, elle avait hâte ensuite de les déposer dans son aquarium qu'elle réservait aux futures grenouilles. Elle regarda son ami placer les têtards nichés dans le creux de sa main. Elle fut prise d'un élan soudain en déposant sur la joue de Sylvain un petit baiser tendre mais furtif. C'était le premier. Il lui prit la main en disant :"Anastasia, tu es mon amoureuse. Je pique mon doigt avec ce caillou, tu veux bien faire pareil et mon sang rejoindra le tien ,". Une histoire d'amour naissait.
Anastasia ne se fit pas prier, elle prit le caillou et d'un geste vif, elle piqua son doigt, le sang coulait et Sylvain tendrement lui pris la main et leur sang se mélangea, ils étaient unis, leurs regards ne se quittaient pas. Afin d' arrêter le sang toujours avec leur mains nouées, ils les trempèrent dans l'eau, dans son autre main elle n'avait pas lâché les têtards. Elle éclata de rire sous les chatouilles des bébés batraciens !
Tout à coup, surgi du bois, fusil sur l’épaule, Monsieur le châtelain dont le visage exprimait un mécontentement extrême, s'approcha et ordonna à sa fille qui tentait de cacher sa main blessée, de rentrer immédiatement. Lorsqu'il aperçut le mouchoir taché de sang au sol, son père le ramassa et d'un œil soupçonneux, regarda la main de sa fille ainsi que celle de Sylvain. Blême de colère, il comprit tout de suite ce dont il s'agissait et d'un doigt menaçant exigea que Sylvain ne s'approchât plus de sa fille.
Le long soupir qui venait de gonfler ses poumons l'arracha à ses souvenirs. Que son enfance était loin ! Pourtant, sans qu'il sache pourquoi cet autre souvenir venait déjà remplacer celui de ses onze ans.
Sa pensée devenait lumineuse, chaude, brûlante, pas tellement apaisée par les images qui défilaient dans ses yeux. Allongé à même le sol, dans le silence de la nuit qui venait, ce casque sur la tête qui lui pesait, le fusil qu'il tenait des deux mains et qui ankylosait ses bras, le visage d'Anastasia dansait devant lui, un large soupir découvrait sa denture. Sylvain revoyait cette photo qu'elle lui avait donnée au moment où elle rejoignait le pensionnat de jeune fille. Dans cette guerre d'Algérie qui le transportait dans les affres des embuscades et des attentats, le visage d'Anastasia adoucissait ses craintes. Son ange gardien veillait sur lui. Déjà quatorze mois de combats et une éternité, l'absence de son amour...
Combats extérieurs qui l’assourdissaient par les bombes qui explosaient non loin de lui et combats intérieurs car il ne voulaient pas participer à cette guerre, lui le pacifique, lui qui avait en horreur les armes, lui le poète qui ne trouvait la paix que lorsqu'il remplissait son carnet de rimes, un exutoire dans les lignes qu'il écrivait dès qu'il en avait l'occasion ; il laissait parler son cœur. Oui une éternité lui semblait-il, la reverrait-il ? Est-ce qu’au moins elle recevrait ses lettres ? Le copain militaire blessé et rapatrié à qui il les avaient données, les avait-il remises à Anastasia ? Il avait fait confiance à ce copain.
Il l'avait soigné son camarade de régiment et pris en affection après l'explosion de la bombe. Il l'avait traîné pour le mettre à l'abri puis avait réussi à arrêter l'hémorragie. Par la suite, il fut pris en charge par l'équipe médicale et plus tard rapatrié ; sa jambe était dans un sale état. C'est tout naturellement et avec reconnaissance qu'il se chargea du courrier pour Anastasia, confié par Sylvain :iIl avait confiance.
Sylvain rejoignit le balcon de son appartement où il aimait se reposer. Les coudes appuyés sur la rambarde, la tête posée sur la paume de sa main droite, il réfléchissait sur la présence de cette médaille qui le bouleversait. Son visage crispé et le regard fixe trahissaient les efforts qu'il faisait pour se souvenir. L'enfance, la guerre, ce copain amputé qu'il n'avait revu qu'une seule fois et bien longtemps après le retour en famille. Oui, il lui avait assuré qu'il avait bien remis la lettre. Mais il cacha à Sylvain que sa bien aimée était enceinte.
Il se redressa soudainement. Un détail lui revint en mémoire. Anastasia lui avait offert un livre, " la Gloire de mon père".
C'est fou, pensa-t-il, comme la mémoire peut surgir du fin fond d'une vie passée. Il suffit parfois d'une odeur, d'une ombre furtive, d'une musique, d'une chanson pour que des pièces de mémoire prennent forme pour rappeler un souvenir. Et ce sont ces paroles qui vinrent trouer sa mémoire...
- Sylvain, j'ai pensé à ce livre pour ton anniversaire, lui avait-elle dit. Ton papa était instituteur comme le père de Pagnol et je sais que tu adorais ton papa, tout comme l'auteur. Ce cadeau sera pour toi et pour moi ce sera comme une médaille que tu porteras autour de ton cou !
Il rentra précipitamment dans l'appartement pour rechercher ce livre dont il ne se souvenait plus le posséder. La pièce dans laquelle il rangeait une multitude de secrets et de souvenirs était sa résidence secondaire. Du moins, c'est ce qu'il disait à ses enfants lorsqu'ils venaient le voir et insister pour qu'il les laisse pénétrer dans son bric-à-brac.
Sans surprise, il retrouva facilement le livre. Fébrilement il l'ouvrit. Une dédicace à l'écriture penchée et bien féminine, barrait la deuxième page...
le 08/10/2024 à 01h41
Les filles, à partir de cet endroit, je ne ferais plus de copié/collé, trop long. Nous continuons la suite ici.
le 08/10/2024 à 10h43
Bonjour, comme tu veux.
Sans surprise, il retrouva facilement le livre. Fébrilement il l'ouvrit. Une dédicace à l'écriture penchée et bien féminine, barrait la deuxième page.
Anastasia l'avait écrite cette dédicace, assise sous un arbre dominant la vallée, leur arbre, sur lequel était gravé leur amour ; les yeux rivés sur l’horizon Anastasia se rappelait les jours de bonheur partagés avec Sylvain et un doux sourire venait illuminé son beau visage ...une dédicace, oui, d'amour sous forme de poème :
A mon aimé qui fait battre mon cœur
A mon aimé qui me comble de bonheur
A mon aimé qui me donne l'espoir
A mon aimé que ce ne soit qu'un aurevoir ....
le 08/10/2024 à 11h54
Bonjour, oui comme tu veux
Trop ému, et tremblant de tout son être, il chercha un endroit pour s'asseoir, il vit un vieux tabouret poussiéreux qui se trouvait dans son bric à brac, il s'assied, et lut et relut plusieurs fois ces vers qui le transportaient des années en arrière, et les yeux mi-clos il s'imaginait ce qui aurait pu être sa vie avec la belle Anasthasia, qu'était elle devenue, avait elle des enfants, est ce qu'elle avait pensé à lui de temps en temps, avait elle déménagé ? il n'en savait rien, y aurait il un signe de sa part un jour ? est ce que le fait d'avoir trouvé cette médaille était un signe ? son esprit s'emballait......
le 10/10/2024 à 19h27
Sans surprise, il retrouva facilement le livre. Fébrilement il l'ouvrit. Une dédicace à l'écriture penchée et bien féminine, barrait la deuxième page.
Anastasia avait écrit cette dédicace, assise sous un arbre dominant la vallée, leur arbre, sur lequel était gravé leur amour ; les yeux rivés sur l’horizon Anastasia se rappelait les jours de bonheur partagés avec Sylvain et un doux sourire venait illuminé son beau visage. Une dédicace, oui, d'amour sous forme de poème :
A mon aimé qui fait battre mon cœur
A mon aimé qui me comble de bonheur
A mon aimé qui me donne l'espoir
A mon aimé que ce ne soit qu'un aurevoir ....
Trop ému, et tremblant de tout son être, il chercha un endroit pour s'asseoir, il vit un vieux tabouret poussiéreux qui se trouvait dans son bric à brac, il s'assit et lut et relut plusieurs fois ces vers qui le transportaient des années en arrière ; les yeux mi-clos il s'imaginait ce que aurait pu être sa vie avec la belle Anastasia, qu'était elle devenue, avait elle des enfants, est ce qu'elle avait pensé à lui de temps en temps, avait elle déménagé ? il n'en savait rien, y aurait il un signe de sa part un jour ? Le fait d'avoir trouvé cette médaille était-il ce signe ? Son esprit s'emballait.
Sylvain douta une nouvelle fois car il n'avait pas encore trouvé le nom de famille d'Anastasia. A.G. ? Qui était vraiment A.G. ? Le petit cœur, les initiales, le livre, Anatole, autant d'indices qui pourraient lui permettre de renouer avec le passé. En feuilletant le livre, il s'arrêta net sur une phrase soulignée d'un trait de crayon : " Il a abattu une paire de perdrix bartavelles en plein vol d'un seul coup de fusil." Le père de l'auteur n'aimait pas la chasse et un jour il fut invité à aller chasser la perdrix bartavelle et réussit l'exploit d'abattre deux de ces oiseaux, exploit qui fut retentissant dans le village.
Bartavelle sonna comme une musique aux oreilles de Sylvain. Il se vit dans le jardin d'Anastasia, tous les deux assis sur un banc de pierre. "Papa m'a expliqué que la perdrix bartavelle n'aimait pas vivre seule, elle avait besoin de compagnie", lui dit Sylvain. En riant, Anastasia ajouta "Alors, toi et moi, nous serons des perdrix bartavelles et plus jamais nous ne serons séparés !". Insouciance d'enfants ou de jeunes adolescents pour qui la vie ne leur avait encore rien appris mais pour laquelle ils se sentaient bien présents dans ce monde d'adultes.
La sonnette de l'entrée le tira de sa rêverie. Lâchant à regret le livre, il se dirigea vers la porte d'entrée où un deuxième coup de sonnette le fit sursauter.
"Monsieur Granget, j'ai trouvé cette enveloppe dans l'entrée, elle était par terre !" lui dit le fils de la concierge. Il saisit l'enveloppe, la retourna plusieurs fois : seul son nom apparaissait sur l'enveloppe : "GRANGET", d'une écriture tremblante, maladroite. Il l'ouvrit et lut :
" TU L'AS TROUVEE LA MEDAILLE ? "
le 10/10/2024 à 20h57
Mais tu n'as vu personne, demanda Sylvain ? Non je n'ai vu personne, Monsieur Granget mais je peux toujours demander aux autres résidents si..non non, lui répondit ce dernier, merci car Sylvain voulait rester discret. Après avoir fermé la porte derrière lui, Il alla s'asseoir à son bureau et pris sa loupe afin d'étudier l’écriture, il avait fait de vagues études de graphologie et examina les caractères, le T plus haut , la lettre S légèrement penchée.....il connaissait cette écriture....il en était sûr.....cette façon d'écrire révélait un caractère instable...il pris l'enveloppe et l'examina de plus près, rien, rien qui pouvait indiquer sa provenance...
le 10/10/2024 à 23h20
pourtant après maintes réflexions...... Sylvain en déduit que la résidence étant sécurisée, et qu'il fallait une autorisation pour que le portail s'ouvre, il était difficile pour que quelqu'un de l'extérieur vienne jusque là pour déposer dans le couloir cette lettre ....c'était obligatoirement quelqu'un qui habitait à la résidence qui avait dû apercevoir Sylvain en train de ramasser cette médaille...quelqu'un avait fait exprès de la laisser par terre car il savait que Sylvain la trouverait....mais pourquoi ?
le 15/10/2024 à 09h22
Rien ne se passe ici.....
le 15/10/2024 à 10h16
Ça vient, promis
le 17/10/2024 à 15h18
Promis....dit le clown qui rit
le 17/10/2024 à 16h44
Bonjour
Je finis de déguster ma souplette - un velouté de courgette - et je reviens
le 17/10/2024 à 19h11
Paroles et paroles ! Et c'est un chaudron de soupette que tu t'enfiles
le 17/10/2024 à 19h47
J'ai fait une sieste réparatrice !!!
Sans surprise, il retrouva facilement le livre. Fébrilement il l'ouvrit. Une dédicace à l'écriture penchée et bien féminine, barrait la deuxième page.
Anastasia avait écrit cette dédicace, assise sous un arbre dominant la vallée, leur arbre, sur lequel était gravé leur amour ; les yeux rivés sur l’horizon Anastasia se rappelait les jours de bonheur partagés avec Sylvain et un doux sourire venait illuminé son beau visage. Une dédicace, oui, d'amour sous forme de poème :
A mon aimé qui fait battre mon cœur
A mon aimé qui me comble de bonheur
A mon aimé qui me donne l'espoir
A mon aimé que ce ne soit qu'un aurevoir ....
Trop ému, et tremblant de tout son être, il chercha un endroit pour s'asseoir, il vit un vieux tabouret poussiéreux qui se trouvait dans son bric à brac, il s'assit et lut et relut plusieurs fois ces vers qui le transportaient des années en arrière ; les yeux mi-clos il s'imaginait ce que aurait pu être sa vie avec la belle Anastasia, qu'était elle devenue, avait elle des enfants, est ce qu'elle avait pensé à lui de temps en temps, avait elle déménagé ? il n'en savait rien, y aurait il un signe de sa part un jour ? Le fait d'avoir trouvé cette médaille était-il ce signe ? Son esprit s'emballait.
Sylvain douta une nouvelle fois car il n'avait pas encore trouvé le nom de famille d'Anastasia. A.G. ? Qui était vraiment A.G. ? Le petit cœur, les initiales, le livre, Anatole, autant d'indices qui pourraient lui permettre de renouer avec le passé. En feuilletant le livre, il s'arrêta net sur une phrase soulignée d'un trait de crayon : " Il a abattu une paire de perdrix bartavelles en plein vol d'un seul coup de fusil." Le père de l'auteur n'aimait pas la chasse et un jour il fut invité à aller chasser la perdrix bartavelle et réussit l'exploit d'abattre deux de ces oiseaux, exploit qui fut retentissant dans le village.
Bartavelle sonna comme une musique aux oreilles de Sylvain. Il se vit dans le jardin d'Anastasia, tous les deux assis sur un banc de pierre. "Papa m'a expliqué que la perdrix bartavelle n'aimait pas vivre seule, elle avait besoin de compagnie", lui dit Sylvain. En riant, Anastasia ajouta "Alors, toi et moi, nous serons des perdrix bartavelles et plus jamais nous ne serons séparés !". Insouciance d'enfants ou de jeunes adolescents pour qui la vie ne leur avait encore rien appris mais pour laquelle ils se sentaient bien présents dans ce monde d'adultes.
La sonnette de l'entrée le tira de sa rêverie. Lâchant à regret le livre, il se dirigea vers la porte d'entrée où un deuxième coup de sonnette le fit sursauter.
"Monsieur Granget, j'ai trouvé cette enveloppe dans l'entrée, elle était par terre !" lui dit le fils de la concierge. Il saisit l'enveloppe, la retourna plusieurs fois : seul son nom apparaissait sur l'enveloppe : "GRANGET", d'une écriture tremblante, maladroite. Il l'ouvrit et lut :
" TU L'AS TROUVEE LA MEDAILLE ? "
- Mais tu n'as vu personne, demanda Sylvain ?
- Non je n'ai vu personne, Monsieur Granget. Je peux toujours demander aux autres résidents si...
- Non, merci.
Sylvain voulait rester discret. Après avoir fermé la porte derrière lui, Il alla s'asseoir à son bureau et pris sa loupe afin d'étudier l’écriture. Il avait fait de vagues études de graphologie et examina les caractères, le T plus haut , la lettre S légèrement penchée... Il connaissait cette écriture... Il en était certain, cette façon d'écrire révélait un caractère instable.. Il pris l'enveloppe et l'examina de plus près, rien, rien qui pouvait indiquer sa provenance. Pourtant après maintes réflexions, Sylvain en déduisit que la résidence étant sécurisée, qu'il fallait une autorisation pour que le portail s'ouvre : il était difficile à quelqu'un venant de l'extérieur de déposer dans le couloir cette lettre. C'était obligatoirement quelqu'un qui habitait à la résidence qui avait dû apercevoir Sylvain en train de ramasser cette médaille, quelqu'un qui avait fait exprès de la laisser par terre car il savait que Sylvain la trouverait.
Un détail de sa réflexion était tout de même le fait d'avoir trouvé cette médaille pratiquement sous une feuille, tout près de son banc où il affectionnait s'asseoir. Il était désormais convaincu qu'elle n'avait pas été déposée là par hasard, qu'une volonté avait pris le soin de la glisser sous une feuille, à l'endroit même où il prenait le soleil.
Un raclement à l'extérieur attira son attention. Un homme vêtu d'une salopette bleue, portant une casquette, balayait les feuilles de l'allée. Son long balai lui permettait d'avoir une belle stature. Il le dévisagea. L'homme prenait son temps, faisait des tas puis, à l'aide d'une pelle tout aussi longue il les ramassait et les glissait dans une remorque. Il l'avait déjà remarqué travaillant autour des allées, sans pour autant s'en intéresser. Pourtant, il le dévisagea longuement comme s'il pensait qu'il tenait là son mystérieux messager : l'homme à la médaille !, en quelque sorte. Et pourquoi pas après tout ?
le 17/10/2024 à 20h19
Pourquoi pas, oui ...il se mit à l'observer ,sa casquette cachait la partie haute de son visage mais la partie basse révélait une bouche aux lèvres épaisses ainsi qu'un menton en galoche, il en était là de son observation quand tout à coup, l’homme releva la tête,leurs regards se croisant Sylvain tressaillit mais l’homme tourna rapidement les talons , Sylvain se ruât dehors mais il avait disparu....