Et si on se faisait un petite histoire ? : discussion - Page 12
le 01/05/2018 à 10h32
Mouai, je verrai bien ça en rentrant !
le 01/05/2018 à 18h20
Non mais j'y crois pas !!! Comment elle parle à Oss le Magnifique !!!!
le 01/05/2018 à 18h59
Agrippé à ses accoudoirs, Hervé reprend son souffle après l'atterrissage de l'avion qui l'amène en Grèce voir sa grand-mère ; encore une petite heure de traversée pour l'île de Cythère et il sera enfin arrivé... Il se souvient peu de sa grand-mère, cela fait 15 ans qu'elle a quitté la France, partie faire un pèlerinage, elle a rencontré un homme dont elle était tombée follement amoureuse, elle avait tout quitté pour habiter Cythère avec lui...
Mais sa grand-mère n'avait pas choisi de faire son pèlerinage au hasard, non, cette île est un endroit bien particulier à ses yeux car sa propre grand-mère y a vécu.
L’histoire de Marguerite n’est pas banale. Enfant, durant la deuxième guerre mondiale, elle avait vu partir son père au front et il n’en est jamais revenu. "Disparu sur le champ de bataille" avait conclu le communiqué officiel. Son imagination d’enfant lui conférait moult hypothèses : son papa a sans doute été enseveli par une bombe, ou alors son corps a été pulvérisé, ou encore, blessé, il fut conduit dans une infirmerie et y serait décédé et l’impensable à ses yeux, il a tout quitté pour une autre femme, son épouse, sa fille, sa ferme.
Cette dernière hypothèse l’a longtemps travaillée, toute sa vie. Un jour des années soixante, dans un livre caché au fond d’une malle, elle a découvert une carte postale. Le recto montrait un paysage aux collines décharnées, Cythère ; au verso, une écriture malhabile avait tracé ces mots : « je t’attends, viens vite mon amour. » La carte datait de février 1940, quelques mois avant sa mobilisation.
Hervé n'a qu'une obsession ...savoir ce qu’il s'est réellement passé, il aimerait comprendre. Mais pour cela il faut qu'il interroge sa grand-mère et si elle est restée la même, avec un caractère aussi taciturne, cela ne va pas être facile. Mais ce qu'il ignore encore c'est que cela n'a pas toujours été le cas. Marguerite à l'époque, jeune fille ravissante de 19 ans, est une « touche-à-tout » au grand dam de ses parents qui auraient aimé plutôt avoir une fille au caractère plus doux et qui doit se consacrer aux travaux et loisirs qui sied aux jeunes filles. Et c'est sans compter sur ce caractère fort, curieux et enjoué qui l'emmène souvent là où il ne faudrait pas.
- Souhaitez-vous un rafraîchissement monsieur ? demanda l’hôtesse à Hervé.
- Avez-vous du Perrier ?
- Un instant, je vais voir, je reviens.
Son verre de Perrier à la main, Hervé parcoure un magazine, sans vraiment le regarder. Il ne peut s’empêcher d’avoir la photo de sa grand-mère devant les yeux. Lorsque le mois dernier il avait demandé, au téléphone, si elle pouvait le recevoir pour une semaine de vacances, il avait perçu comme une sorte de réserve ou de crainte, un léger agacement même, dans la voix de Marguerite. Mais elle s’était vite reprise et ce doute passager qui l’avait hanté, faisait que non seulement il était ravi de faire ce voyage et la rejoindre mais également, éclaircir une situation pour le peu énigmatique qui venait de naître. « Nous verrons bien ! », se dit-il en se penchant vers le hublot.
Sous l’avion, la mer Egée s’étire en un long ruban bleu tacheté de points blancs. L’île grecque de Cérigo est située non loin de la Crète et du Péloponnèse et ne reçoit pas de longs courriers. Il avait dû changer d’avion à Athènes.
- Mesdames, messieurs, veuillez rejoindre votre siège, nous allons atterrir dans quelques minutes.
L’aéroport de Kithira de blanc immaculé est constamment balayé par les vents de Méditerranée. Dans la salle de réception des bagages, Hervé attend que sa valise le rejoigne. Sur sa droite, derrière une large baie vitrée, il aperçoit sa grand-mère qui parle avec un homme élégamment vêtu. Leur conversation semble animée et le visage de Marguerite exprime la sévérité. Ils ne l’ont pas vu. Valise en main, il passe derrière un pilier, voit Marguerite. Elle est seule. Il se dirige vers elle avec un large sourire.
le 01/05/2018 à 23h05
Elle est vêtue d'une longue jupe grise, d'un chemisier blanc, elle est coiffée d'un chignon et porte de drôles de lunettes, elle tient un sac en toile à la main,
bonjour Grand-mère, je suis super heureux de te voir enfin, tu m'as tellement manqué ! il se jette dans ses bras, l'embrasse tendrement, et sa grand-mère le regard froid, l'embrasse du bout des lèvres en le repoussant gentiment, allons, allons calme toi Hervé, tu n'as plus 5 ans....
le 02/05/2018 à 11h09
... Hervé a malgré tout un sourire et se recule pour bien regarder sa grand-mère .
- Cinq ans, Yaya ? Eh oui, le temps passe vite ! Et tu n'as pas changé !
- Yaya ? Cela fait très longtemps que personne ne m'a appelé ainsi ! Et c'est pourtant vrai que je suis une grand-mère! ..et ne dis pas de sottises, oui j'ai changé , comme toi d'ailleurs,tu m'as l'air d'être devenu un homme , bon arrêtons là les blas blas , en route !
le 03/05/2018 à 08h58
le 03/05/2018 à 09h03
Je réfléchis Zzzzz Zzzzz Zzzzz Zzzzz
le 03/05/2018 à 09h05
Ok mais vite alors !
le 03/05/2018 à 09h07
Eh oh commence pas à me bousculer, ok ? Non mais ! Zzzzz Zzzzz Zzzzz Zzzzz Zzzzz
le 03/05/2018 à 23h01
Mais ? Ah ben bravo!
le 03/05/2018 à 23h04
Je ne comprends pas, je l'avais rédigé et j'ai dû oublier de valider... mince je suis vraiment Desolé d'autant plus que j'ai effacé mon brouillon...
le 04/05/2018 à 02h22
Agrippé à ses accoudoirs, Hervé reprend son souffle après l'atterrissage de l'avion qui l'amène en Grèce voir sa grand-mère ; encore une petite heure de traversée pour l'île de Cythère et il sera enfin arrivé... Il se souvient peu de sa grand-mère, cela fait 15 ans qu'elle a quitté la France, partie faire un pèlerinage, elle a rencontré un homme dont elle était tombée follement amoureuse, elle avait tout quitté pour habiter Cythère avec lui...
Mais sa grand-mère n'avait pas choisi de faire son pèlerinage au hasard, non, cette île est un endroit bien particulier à ses yeux car sa propre grand-mère y a vécu.
L’histoire de Marguerite n’est pas banale. Enfant, durant la deuxième guerre mondiale, elle avait vu partir son père au front et il n’en est jamais revenu. "Disparu sur le champ de bataille" avait conclu le communiqué officiel. Son imagination d’enfant lui conférait moult hypothèses : son papa a sans doute été enseveli par une bombe, ou alors son corps a été pulvérisé, ou encore, blessé, il fut conduit dans une infirmerie et y serait décédé et l’impensable à ses yeux, il a tout quitté pour une autre femme, son épouse, sa fille, sa ferme.
Cette dernière hypothèse l’a longtemps travaillée, toute sa vie. Un jour des années soixante, dans un livre caché au fond d’une malle, elle a découvert une carte postale. Le recto montrait un paysage aux collines décharnées, Cythère ; au verso, une écriture malhabile avait tracé ces mots : « je t’attends, viens vite mon amour. » La carte datait de février 1940, quelques mois avant sa mobilisation.
Hervé n'a qu'une obsession ...savoir ce qu’il s'est réellement passé, il aimerait comprendre. Mais pour cela il faut qu'il interroge sa grand-mère et si elle est restée la même, avec un caractère aussi taciturne, cela ne va pas être facile. Mais ce qu'il ignore encore c'est que cela n'a pas toujours été le cas. Marguerite à l'époque, jeune fille ravissante de 19 ans, est une « touche-à-tout » au grand dam de ses parents qui auraient aimé plutôt avoir une fille au caractère plus doux et qui doit se consacrer aux travaux et loisirs qui sied aux jeunes filles. Et c'est sans compter sur ce caractère fort, curieux et enjoué qui l'emmène souvent là où il ne faudrait pas.
- Souhaitez-vous un rafraîchissement monsieur ? demanda l’hôtesse à Hervé.
- Avez-vous du Perrier ?
- Un instant, je vais voir, je reviens.
Son verre de Perrier à la main, Hervé parcoure un magazine, sans vraiment le regarder. Il ne peut s’empêcher d’avoir la photo de sa grand-mère devant les yeux. Lorsque le mois dernier il avait demandé, au téléphone, si elle pouvait le recevoir pour une semaine de vacances, il avait perçu comme une sorte de réserve ou de crainte, un léger agacement même, dans la voix de Marguerite. Mais elle s’était vite reprise et ce doute passager qui l’avait hanté, faisait que non seulement il était ravi de faire ce voyage et la rejoindre mais également, éclaircir une situation pour le peu énigmatique qui venait de naître. « Nous verrons bien ! », se dit-il en se penchant vers le hublot.
Sous l’avion, la mer Egée s’étire en un long ruban bleu tacheté de points blancs. L’île grecque de Cérigo est située non loin de la Crète et du Péloponnèse et ne reçoit pas de longs courriers. Il avait dû changer d’avion à Athènes.
- Mesdames, messieurs, veuillez rejoindre votre siège, nous allons atterrir dans quelques minutes.
L’aéroport de blanc immaculé est constamment balayé par les vents venant de Méditerranée. Dans la salle de réception des bagages, Hervé attend que sa valise le rejoigne. Sur sa droite, derrière une large baie vitrée, il aperçoit sa grand-mère qui parle avec un homme élégamment vêtu. Leur conversation semble animée et le visage de Marguerite exprime la sévérité. Ils ne l’ont pas vu. Valise en main, il passe derrière un pilier, voit Marguerite. Elle est seule. Il se dirige vers elle avec un large sourire. Elle est vêtue d'une longue jupe grise, d'un chemisier blanc, elle est coiffée d'un chignon et porte de drôles de lunettes, elle tient un sac en toile à la main,
- Bonjour grand-mère, je suis super heureux de te voir enfin, tu m'as tellement manqué ! il se jette dans ses bras, l'embrasse tendrement, et sa grand-mère le regard froid, l'embrasse du bout des lèvres en le repoussant gentiment.
- Allons, allons calme toi Hervé, tu n'as plus 5 ans....
Hervé a malgré tout un sourire et se recule pour bien regarder sa grand-mère.
- Cinq ans, Yaya ? Eh oui, le temps passe vite ! Et tu n'as pas changé !
- Yaya ? Cela fait très longtemps que personne ne m'a appelée ainsi ! Et c'est pourtant vrai que je suis une grand-mère! Ne dis pas de sottises, oui j'ai changé, comme toi d'ailleurs. Tu m'as l'air d'être devenu un homme, bon arrêtons là les blas blas, en route !
La Clio avale les kilomètres pour rejoindre la ville de Kithira, la ville principale. Margueritte conduit vite et nerveusement. La route, sinueuse et étroite, serpente entre les collines rocheuses.
- C’est un ami ?
- Qui ça ?
- L’homme avait qui tu parlais à l’aéroport.
- Non, pas vraiment un ami, disons une relation, répondit-elle nerveusement.
Hervé tourna la tête et regarda les collines dont la crête se détachait du bleu du ciel. Puis, sans la regarder, il lui demanda.
- Tu habites une maison ou un appartement ?
- Une maison. Tu verras, elle est assez petite mais tu auras une chambre très confortable avec une vue sur le port.
- Ah ! fit-il simplement.
- Tu as peur ?
- Peur de quoi mamie ?
- De ma façon de conduire.
- Je trouve que tu conduits trop vite et la route est assez dangereuse. Tu devrais ralentir un peu. Puis il rajouta en tournant son visage vers elle. Tu es pressée d’arrivée ?
Elle ne répondit pas. Quelques rapides coups d’œil dans le rétroviseur lui montrèrent qu’ils étaient suivis. Une Lada rouge les suivait à distance. Elle reconnu la voiture. « Il ne me lâchera pas ce bonhomme » maugréa-t-elle entre les lèvres.
- Pardon Mamie, que dis-tu ?
- Non rien je pensais simplement. Puis détournant la conversation, surprise qu’Hervé l’ait entendue, elle rajouta. Je dois passer chez l’épicier. Aimes-tu les tzatziki et les dolmadakia ?
- C’est quoi les dolmadakia ? répondit-il en souriant.
- Des feuilles de vigne farcies à la viande et au riz. Le tzatziki c’est une salade de concombre râpé avec de l’ail, de la menthe, des herbes, huile, sel, poivre et un yaourt de brebis. Tu verras c’est frais et fameux.
Hervé se réjouissait à la pensée de faire un bon repas traditionnel. Margueritte jeta un coup d’œil au rétroviseur : la Lada suivait toujours…
le 04/05/2018 à 15h55
Si ça ne t'ennuie pas
le 04/05/2018 à 16h51
Mais bien sûr ML ! Tu peux corriger ?
le 04/05/2018 à 20h05
Oss 04/05/2018 à 00h22
Agrippé à ses accoudoirs, Hervé reprend son souffle après l'atterrissage de l'avion qui l'amène en Grèce voir sa grand-mère ; encore une petite heure de traversée pour l'île de Cythère et il sera enfin arrivé... Il se souvient peu de sa grand-mère, cela fait 15 ans qu'elle a quitté la France, partie faire un pèlerinage, elle a rencontré un homme dont elle était tombée follement amoureuse, elle avait tout quitté pour habiter Cythère avec lui...
Mais sa grand-mère n'avait pas choisi de faire son pèlerinage au hasard, non, cette île est un endroit bien particulier à ses yeux car sa propre grand-mère y a vécu.
L’histoire de Marguerite n’est pas banale. Enfant, durant la deuxième guerre mondiale, elle avait vu partir son père au front et il n’en est jamais revenu. "Disparu sur le champ de bataille" avait conclu le communiqué officiel. Son imagination d’enfant lui conférait moult hypothèses : son papa a sans doute été enseveli par une bombe, ou alors son corps a été pulvérisé, ou encore, blessé, il fut conduit dans une infirmerie et y serait décédé et l’impensable à ses yeux, il a tout quitté pour une autre femme, son épouse, sa fille, sa ferme.
Cette dernière hypothèse l’a longtemps travaillée, toute sa vie. Un jour des années soixante, dans un livre caché au fond d’une malle, elle a découvert une carte postale. Le recto montrait un paysage aux collines décharnées, Cythère ; au verso, une écriture malhabile avait tracé ces mots : « je t’attends, viens vite mon amour. » La carte datait de février 1940, quelques mois avant sa mobilisation.
Hervé n'a qu'une obsession ...savoir ce qu’il s'est réellement passé, il aimerait comprendre. Mais pour cela il faut qu'il interroge sa grand-mère et si elle est restée la même, avec un caractère aussi taciturne, cela ne va pas être facile. Mais ce qu'il ignore encore c'est que cela n'a pas toujours été le cas. Marguerite à l'époque, jeune fille ravissante de 19 ans, est une « touche-à-tout » au grand dam de ses parents qui auraient aimé plutôt avoir une fille au caractère plus doux et qui doit se consacrer aux travaux et loisirs qui sied aux jeunes filles. Et c'est sans compter sur ce caractère fort, curieux et enjoué qui l'emmène souvent là où il ne faudrait pas.
- Souhaitez-vous un rafraîchissement monsieur ? demanda l’hôtesse à Hervé.
- Avez-vous du Perrier ?
- Un instant, je vais voir, je reviens.
Son verre de Perrier à la main, Hervé parcoure un magazine, sans vraiment le regarder. Il ne peut s’empêcher d’avoir la photo de sa grand-mère devant les yeux. Lorsque le mois dernier il avait demandé, au téléphone, si elle pouvait le recevoir pour une semaine de vacances, il avait perçu comme une sorte de réserve ou de crainte, un léger agacement même, dans la voix de Marguerite. Mais elle s’était vite reprise et ce doute passager qui l’avait hanté, faisait que non seulement il était ravi de faire ce voyage et la rejoindre mais également, éclaircir une situation pour le peu énigmatique qui venait de naître. « Nous verrons bien ! », se dit-il en se penchant vers le hublot.
Sous l’avion, la mer Egée s’étire en un long ruban bleu tacheté de points blancs. L’île grecque de Cérigo est située non loin de la Crète et du Péloponnèse et ne reçoit pas de longs courriers. Il avait dû changer d’avion à Athènes.
- Mesdames, messieurs, veuillez rejoindre votre siège, nous allons atterrir dans quelques minutes.
L’aéroport de blanc immaculé est constamment balayé par les vents venant de Méditerranée. Dans la salle de réception des bagages, Hervé attend que sa valise le rejoigne. Sur sa droite, derrière une large baie vitrée, il aperçoit sa grand-mère qui parle avec un homme élégamment vêtu. Leur conversation semble animée et le visage de Marguerite exprime la sévérité. Ils ne l’ont pas vu. Valise en main, il passe derrière un pilier, voit Marguerite. Elle est seule. Il se dirige vers elle avec un large sourire. Elle est vêtue d'une longue jupe grise, d'un chemisier blanc, elle est coiffée d'un chignon et porte de drôles de lunettes, elle tient un sac en toile à la main,
- Bonjour grand-mère, je suis super heureux de te voir enfin, tu m'as tellement manqué ! il se jette dans ses bras, l'embrasse tendrement, et sa grand-mère le regard froid, l'embrasse du bout des lèvres en le repoussant gentiment.
- Allons, allons calme toi Hervé, tu n'as plus 5 ans....
Hervé a malgré tout un sourire et se recule pour bien regarder sa grand-mère.
- Cinq ans, Yaya ? Eh oui, le temps passe vite ! Et tu n'as pas changé !
- Yaya ? Cela fait très longtemps que personne ne m'a appelée ainsi ! Et c'est pourtant vrai que je suis une grand-mère! Ne dis pas de sottises, oui j'ai changé, comme toi d'ailleurs. Tu m'as l'air d'être devenu un homme, bon arrêtons là les blas blas, en route !
La Clio avale les kilomètres pour rejoindre la ville de Kithira, la ville principale. Margueritte conduit vite et nerveusement. La route, sinueuse et étroite, serpente entre les collines rocheuses.
- C’est un ami ?
- Qui ça ?
- L’homme avait qui tu parlais à l’aéroport.
- Non, pas vraiment un ami, disons une relation, répondit-elle nerveusement.
Hervé tourna la tête et regarda les collines dont la crête se détachait du bleu du ciel. Puis, sans la regarder, il lui demanda.
- Tu habites une maison ou un appartement ?
- Une maison. Tu verras, elle est assez petite mais tu auras une chambre très confortable avec une vue sur le port.
- Ah ! fit-il simplement.
- Tu as peur ?
- Peur de quoi Yaya?
- De ma façon de conduire.
- Je trouve que tu conduits trop vite et la route est assez dangereuse. Tu devrais ralentir un peu. Puis il rajouta en tournant son visage vers elle. Tu es pressée d’arrivée ?
Elle ne répondit pas. Quelques rapides coups d’œil dans le rétroviseur lui montrèrent qu’ils étaient suivis. Une Lada rouge les suivait à distance. Elle reconnu la voiture. « Il ne me lâchera pas ce bonhomme » maugréa-t-elle entre les lèvres.
- Pardon Yaya que dis-tu ?
- Non rien je pensais simplement. Puis détournant la conversation, surprise qu’Hervé l’ait entendue, elle rajouta. Je dois passer chez l’épicier. Aimes-tu les tzatziki et les dolmadakia ?
- C’est quoi les dolmadakia ? répondit-il en souriant.
- Des feuilles de vigne farcies à la viande et au riz. Le tzatziki c’est une salade de concombre râpé avec de l’ail, de la menthe, des herbes, huile, sel, poivre et un yaourt de brebis. Tu verras c’est frais et fameux.
Hervé se réjouissait à la pensée de faire un bon repas traditionnel. Margueritte jeta un coup d’œil au rétroviseur : la Lada suivait toujours…
Arrivés devant l'épicerie , Marguerite tout en prenant son cabas dans le coffre ,jette un coup d'oeil sur la route et vois la Lada rouge qui passe tout doucement en la dévisageant , agacée elle claque le coffre de sa voiture d'un geste brusque qui fait sursauter Hervé et le fait sortir précipitamment .
- Yaya, que se passe-t'il ?
- rien, rien le coffre est un peu lourd et je dois bien appuyer pour le fermer, allez allons voir si nous aurons de quoi nous faire un bon repas !
L'épicier les salue d'un jovial : kaliméra ! Qui aménes-tu donc là, Marguerite?
- mon petit-fils Hervé et..dis moi aurais-tu un concombre et des feuilles farcies ?
- mais oui j'ai tout ça, j'en connais qui vont se régaler dit l'épicier en lançant un clin d'oeil à Hervé .
De retour avec les légumes qu'ils posent directement dans le cabas qu'il tend à Hervé, il emmène Marguerite à l'arrière du magasin afin de lui montrer ses dernières floraisons.
Hervé ne sachant pas trop quoi faire, décide d'aller à la voiture pour y attendre sa grand-mère , au bout d'un moment une voiture rouge s'arrête derrière lui , un homme en descend et s'approche d'Hervé ....
le 04/05/2018 à 20h57
qui surpris reconnait l'homme qui discutait avec sa grand-mère à l'aéroport, ce qui l'avait marqué c'est son élégance, mais il ne comprend pas pourquoi cet homme l'accoste ...
le 08/05/2018 à 09h00
Coucou
le 08/05/2018 à 09h16
Zzzzzz Zzzzz Zzzzz
le 08/05/2018 à 19h56
Agrippé à ses accoudoirs, Hervé reprend son souffle après l'atterrissage de l'avion qui l'amène en Grèce voir sa grand-mère ; encore une petite heure de traversée pour l'île de Cythère et il sera enfin arrivé... Il se souvient peu de sa grand-mère, cela fait 15 ans qu'elle a quitté la France, partie faire un pèlerinage, elle a rencontré un homme dont elle était tombée follement amoureuse, elle avait tout quitté pour habiter Cythère avec lui...
Mais sa grand-mère n'avait pas choisi de faire son pèlerinage au hasard, non, cette île est un endroit bien particulier à ses yeux car sa propre grand-mère y a vécu.
L’histoire de Marguerite n’est pas banale. Enfant, durant la deuxième guerre mondiale, elle avait vu partir son père au front et il n’en est jamais revenu. "Disparu sur le champ de bataille" avait conclu le communiqué officiel. Son imagination d’enfant lui conférait moult hypothèses : son papa a sans doute été enseveli par une bombe, ou alors son corps a été pulvérisé, ou encore, blessé, il fut conduit dans une infirmerie et y serait décédé et l’impensable à ses yeux, il a tout quitté pour une autre femme, son épouse, sa fille, sa ferme.
Cette dernière hypothèse l’a longtemps travaillée, toute sa vie. Un jour des années soixante, dans un livre caché au fond d’une malle, elle a découvert une carte postale. Le recto montrait un paysage aux collines décharnées, Cythère ; au verso, une écriture malhabile avait tracé ces mots : « je t’attends, viens vite mon amour. » La carte datait de février 1940, quelques mois avant sa mobilisation.
Hervé n'a qu'une obsession ...savoir ce qu’il s'est réellement passé, il aimerait comprendre. Mais pour cela il faut qu'il interroge sa grand-mère et si elle est restée la même, avec un caractère aussi taciturne, cela ne va pas être facile. Mais ce qu'il ignore encore c'est que cela n'a pas toujours été le cas. Marguerite à l'époque, jeune fille ravissante de 19 ans, est une « touche-à-tout » au grand dam de ses parents qui auraient aimé plutôt avoir une fille au caractère plus doux et qui doit se consacrer aux travaux et loisirs qui sied aux jeunes filles. Et c'est sans compter sur ce caractère fort, curieux et enjoué qui l'emmène souvent là où il ne faudrait pas.
- Souhaitez-vous un rafraîchissement monsieur ? demanda l’hôtesse à Hervé.
- Avez-vous du Perrier ?
- Un instant, je vais voir, je reviens.
Son verre de Perrier à la main, Hervé parcoure un magazine, sans vraiment le regarder. Il ne peut s’empêcher d’avoir la photo de sa grand-mère devant les yeux. Lorsque le mois dernier il avait demandé, au téléphone, si elle pouvait le recevoir pour une semaine de vacances, il avait perçu comme une sorte de réserve ou de crainte, un léger agacement même, dans la voix de Marguerite. Mais elle s’était vite reprise et ce doute passager qui l’avait hanté, faisait que non seulement il était ravi de faire ce voyage et la rejoindre mais également, éclaircir une situation pour le peu énigmatique qui venait de naître. « Nous verrons bien ! », se dit-il en se penchant vers le hublot.
Sous l’avion, la mer Egée s’étire en un long ruban bleu tacheté de points blancs. L’île grecque de Cérigo est située non loin de la Crète et du Péloponnèse et ne reçoit pas de longs courriers. Il avait dû changer d’avion à Athènes.
- Mesdames, messieurs, veuillez rejoindre votre siège, nous allons atterrir dans quelques minutes.
L’aéroport de blanc immaculé est constamment balayé par les vents venant de Méditerranée. Dans la salle de réception des bagages, Hervé attend que sa valise le rejoigne. Sur sa droite, derrière une large baie vitrée, il aperçoit sa grand-mère qui parle avec un homme élégamment vêtu. Leur conversation semble animée et le visage de Marguerite exprime la sévérité. Ils ne l’ont pas vu. Valise en main, il passe derrière un pilier, voit Marguerite. Elle est seule. Il se dirige vers elle avec un large sourire. Elle est vêtue d'une longue jupe grise, d'un chemisier blanc, elle est coiffée d'un chignon et porte de drôles de lunettes, elle tient un sac en toile à la main,
- Bonjour grand-mère, je suis super heureux de te voir enfin, tu m'as tellement manqué ! il se jette dans ses bras, l'embrasse tendrement, et sa grand-mère le regard froid, l'embrasse du bout des lèvres en le repoussant gentiment.
- Allons, allons calme toi Hervé, tu n'as plus 5 ans....
Hervé a malgré tout un sourire et se recule pour bien regarder sa grand-mère.
- Cinq ans, Yaya ? Eh oui, le temps passe vite ! Et tu n'as pas changé !
- Yaya ? Cela fait très longtemps que personne ne m'a appelée ainsi ! Et c'est pourtant vrai que je suis une grand-mère! Ne dis pas de sottises, oui j'ai changé, comme toi d'ailleurs. Tu m'as l'air d'être devenu un homme, bon arrêtons là les blas blas, en route !
La Clio avale les kilomètres pour rejoindre la ville de Kithira, la ville principale. Margueritte conduit vite et nerveusement. La route, sinueuse et étroite, serpente entre les collines rocheuses.
- C’est un ami ?
- Qui ça ?
- L’homme avait qui tu parlais à l’aéroport.
- Non, pas vraiment un ami, disons une relation, répondit-elle nerveusement.
Hervé tourna la tête et regarda les collines dont la crête se détachait du bleu du ciel. Puis, sans la regarder, il lui demanda.
- Tu habites une maison ou un appartement ?
- Une maison. Tu verras, elle est assez petite mais tu auras une chambre très confortable avec une vue sur le port.
- Ah ! fit-il simplement.
- Tu as peur ?
- Peur de quoi Yaya?
- De ma façon de conduire.
- Je trouve que tu conduits trop vite et la route est assez dangereuse. Tu devrais ralentir un peu. Puis il rajouta en tournant son visage vers elle. Tu es pressée d’arrivée ?
Elle ne répondit pas. Quelques rapides coups d’œil dans le rétroviseur lui montrèrent qu’ils étaient suivis. Une Lada rouge les suivait à distance. Elle reconnu la voiture. « Il ne me lâchera pas ce bonhomme » maugréa-t-elle entre les lèvres.
- Pardon Yaya que dis-tu ?
- Non rien je pensais simplement. Puis détournant la conversation, surprise qu’Hervé l’ait entendue, elle rajouta. Je dois passer chez l’épicier. Aimes-tu les tzatziki et les dolmadakia ?
- C’est quoi les dolmadakia ? répondit-il en souriant.
- Des feuilles de vigne farcies à la viande et au riz. Le tzatziki c’est une salade de concombre râpé avec de l’ail, de la menthe, des herbes, huile, sel, poivre et un yaourt de brebis. Tu verras c’est frais et fameux.
Hervé se réjouissait à la pensée de faire un bon repas traditionnel. Margueritte jeta un coup d’œil au rétroviseur : la Lada suivait toujours…
Arrivés devant l'épicerie, Marguerite tout en prenant son cabas dans le coffre, jeta un coup d'oeil sur la route et vit la Lada rouge qui passa tout doucement en la dévisageant. Agacée, elle claqua le coffre de sa voiture d'un geste brusque qui fit sursauter Hervé et le fit sortir précipitamment.
- Yaya, que se passe-t-il ?
- Rien, rien le coffre est un peu lourd et je dois bien appuyer pour le fermer, allez allons voir si nous aurons de quoi nous faire un bon repas !
L'épicier les salua d'un air jovial :
- Kaliméra ! Qui amènes-tu donc là, Margueritte?
- mon petit-fils Hervé et dis moi, aurais-tu un concombre et des feuilles farcies ?
- mais oui j'ai tout ça, j'en connais qui vont se régaler dit l'épicier en lançant un clin d'oeil à Hervé. Attendez moi, je fais les chercher derrière.
De retour, il déposa les légumes dans le cabas qu'il tendit à Hervé. Puis, prenant Margueritte par le bras, il l’emmena à l'arrière du magasin afin de lui montrer ses dernières floraisons. Hervé ne sachant que faire, décida d'aller à la voiture pour y attendre sa grand-mère. Au bout d'un moment une voiture rouge s'arrêta derrière lui. Un homme en descendit et s'approcha d'Hervé. Il reconnut aussitôt l'homme qui discutait avec sa grand-mère à l'aéroport. Son élégance l’avait frappé. Sourcils froncés, Hervé ne comprit pas pourquoi cet homme l'accosta.
L’homme ajusta son Panama sur son crâne, retira ses Ray ban et entreprit de les essuyer en ayant tiré un mouchoir plié dans sa pochette de veste. Puis il les chaussa sur ses yeux et, en marchant vers Hervé, tira sur les pans de sa veste rouge, couleur de la Lada. La main gauche dans la poche de son pantalon de toile blanche, il demanda :
- Καλημέρα, κύριε. Μπορώ να μιλήσω στην Μαργαρίτα ?
- Pardon monsieur, mais je ne parle pas un mot de grec !
- Ah vous êtes français, dit-il avec une pointe d’accent. J’aurais dû m’en douter. Bonjour monsieur, Margueritte est dans le magasin ?
L’homme, bronzé à souhait, une fine moustache barrant la lèvre supérieure avait un faux air de Curt Jurgens. Hervé avait remarqué, lorsque l’homme essuyait ses lunettes, qu’il avait des yeux très bleus. D’ailleurs, il s’en étonna car, un Grec aux yeux bleus, c’est rare. Du moins, c’est ce qu’il pensait.
- Oui, bonjour monsieur, elle en a pour un petit moment, elle va arriver.
- Vous êtes son parent ?
- Oui, son petit fils.
- Ah bien, fit l’homme avec une voix soudainement cassée. Puis il reprit rapidement. Vous êtes en vacances ?
- Oui, pour quelques jours.
- Ecoutez, je suis pressé, je vais vous quitter. Vous direz à votre Yaya que je reprendrais contact avec elle. Αντίο ! Pardon, au revoir !
Hervé ne répondit pas. L’homme démarra et Margueritte fit sont apparition, l’air furieux.
- Qu’est-ce qu’il te voulait celui là, dit-elle tout de go.
- Je n’en sais rien. Il voulait te voir et m’a chargé de te dire qu’il prendra contact avec toi.
- Il commence vraiment à m’agacer ce bonhomme et je vais m’occuper de lui, tu vas voir ! Allez monte, nous rentrons !
le 09/05/2018 à 09h38
Marguerite maudissait le ciel d'avoir mis sur son chemin cet homme-là et c'est très nerveusement qu'elle conduisait sur la petite route qui menait à sa maison , Hervé n'en menait pas large et c'est avec un 'ouf ' bien sonore qui fit sourire sa yaya, que la voiture s'arrêta à destination .
Hervé descendit du véhicule et resta un moment à contempler la maison ; mais elle lui semblait plus grande dans son souvenir, le jardin sur le coté aussi, toujours aussi bien entretenu, par contre, avec de très belles fleurs, sans doute, celles de l'épicier .
- qu'attends-tu pour venir m'aider, Hervé, demanda Marguerite.
- oui, oui Yaya, j'arrive et c'est en portant les sacs de course qu'Hervé entra dans la maison où le temps semblait s'être arrêté ; tout était resté à la même place, le rocking-chair vers la cheminée, le pétrin qui servait de table à manger, le poste de radio sur le buffet entouré de photos..oui les photos ou manquait......