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Et si on se faisait un petite histoire ? : discussion - Page 11

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le 05/03/2018 à 19h53

Bruno ne trouve pas le sommeil. Sa maman l’a couché tôt pourtant. Mais il ne dort pas. Il triture depuis un long moment son lapin doudou, comme il le fait chaque soir pour s’endormir mais ce soir c’est difficile. L’image de ce garçon dans la cour qui l’a giflé lui revient sans cesse. Se défendre lorsque l’on a huit ans, ce n’est pas facile. Des larmes inondent ses yeux. Il voudrait tant dire son malheur à sa mère mais à quoi cela servirait-il puisse qu’il sait que l’autre recommencera même s’il est puni. C’est ce que pense Bruno. Il ferme les yeux et les larmes inondent l’oreiller. Dans un soupir il se dit : « Maman, écoute moi, je ne veux pas aller demain à l’école… ». Demain…c'est ce qu'il dira à sa maman...

Qu'a-t-il donc fait pour mériter cela ? Il ne demandait rien, juste de se faire plein d'amis dans cette nouvelle école ! Dés le premier jour il a senti sur lui tous les regards se tourner et il s'est dit : « c'est normal je suis nouveau, oui nouveau et.....roux.... »

- As-tu bien dormi mon chéri ?
- Un peu bien, dit-il en évitant le regard de sa mère.
- On ne dit pas "un peu bien" mais un peu ou alors oui j'ai bien dormi, lui dit-elle en souriant.
- Maman ?
- Oui mon chéri.
- A l'école, les garçons m'appellent Poil de Carotte et un autre me dit que je suis roupette ! C'est quoi ça maman, roupette ?
- Oh mon chéri, ne prête pas attention à ce que l'on peut te dire. Ce n'est pas gentil de leur part et ne leur parle pas, évite les. D'accord ?

A la récréation, Bruno est assis le dos contre un arbre. Une brandille à la main, il joue avec les fourmis qui sortent d'un trou. Le garçon qui l'avait giflé la veille s'approche de lui.

- Et alors Roupette ? Tu te sens seul ? Tu veux te faire des amis ? Lui demande-t-il. Bruno, regarde étonné Franck surnommé Francky.
- Euh....oui, oui bien sûr !
- Pas de problème, répond l'autre garçon, demain après-midi rendez-vous au Bois Joli à 15h , on fera des cabanes , ok ?

Bruno très content lui fait un grand sourire.

- Oh c'est chouette, j'y serai!

Et c'est tout guilleret qu'il rentre en classe sans se retourner ...il aurait dû se méfier de cet excès de gentillesse à son égard et ne pas accepter d'aller au Bois joli car Francky le regarde s'éloigner avec un rictus qui en dit grand sur le piège qu'il a échafaudé. Il en sauterait presque joie ! Mais non, Francky, lui le caïd, doit se contenir, il a un rang à tenir, celui de chef de bande et c'est d'un pas chaloupé en roulant des épaules qu'il sort de l'école. Pas question de rentrer en classe, il a quelque chose à faire d'important, prévenir tous ces amis de venir le rejoindre demain à 15 h....et pas pour faire des cabanes comme il l'a proposé, mais pour attirer Bruno dans le bois, pour le ridiculiser un peu plus...

Le père de Bruno, Louis, commercial de métier, s’est absenté pendant quelques jours et il est heureux de revenir chez lui. Sa femme et son garçon lui ont terriblement manqué. Comme à chaque fois, il revient avec un cadeau pour sa femme et un pour Bruno. Le moment du souper resserre les liens familiaux.

- Alors Bruno, tout va bien mon chéri ?
- Oh papa, tu sais quoi ?
- Non, dis-le moi !
- Eh bien j’ai un nouveau copain. Il s’appelle Francky et il m’a invité demain au Bois Joli pour me présenter d’autres amis.
- Francky ? Ce n’est pas ce garçon qui avait été exclu trois jours de l’école ? C’était pour quelle raison déjà ? dit le père en fronçant les sourcils.
- Il avait insulté la maîtresse, répondit Bruno en chuchotant.

Louis jette un coup d'oeil à Emmanuelle, sa femme...

- Je ne veux absolument pas que tu ailles dans le bois avec ce gars là !
- Mais papa !
- je te dis que non et je ne reviendrai pas sur cette décision !

Bruno jette un coup d'oeil à sa mère mais celle-ci étrangement baisse la tête, lui toujours très complice avec cette dernière sent qu'il y a quelque chose et que son père s’il lui interdit de voir Bruno c'est qu'elle sait quelque chose qu'elle ne peut lui confier... Bruno, désemparé, part en courant dans sa chambre. Il a compris que ce n'était pas un garçon convenable et qu'il y avait un sérieux problème. Ses parents ne lui pardonneraient pas s'il désobéissait pour aller rejoindre ce garçon dans les bois.

Seuls dans le salon, Louis s’approche d’Emmanuelle. Face à face, les yeux dans les yeux, il lui dit d’une voix douce mais ferme :

- Encore une fois, l’histoire nous rattrape, non ? Pourquoi n’as-tu pas voulu que l’on déménage une bonne fois pour toute ?
- Je ne sais pas dit Emmanuelle en baissant la tête d’une voix devenue lasse, des larmes dans les yeux.
- Tu vois où nous en sommes désormais ?

Il n’y a pas de la colère dans l’attitude de Louis. Ses épaules affaissées trahissent une fatalité et un épuisement moral qui couve depuis des années.

- Nous allons revoir ce déménagement. Je ne veux plus de cette situation. Je tiens à ce que la vie de Bruno, notre fils, soit préservée. Nous allons mettre de la distance entre ce garçon et lui.

Après une longue hésitation, il rajouta :

- Et puis comme cela nous mettrons également de la distance entre ce gamin et toi !...

Emmanuelle laisse couler des larmes...quelquefois la vie ne fait pas de cadeau ou alors si, mais à quel prix ! Se ressaisissant, elle essuie furtivement ses larmes, larmes que son mari n'a pas vues ou tout du moins, feint d'ignorer. Bruno est déchiré par la tristesse de sa femme, il l'aime, oh oui comme il l'aime ! Et c'est justement pour ça qu'il veut la préserver, elle et Bruno, leur fils adoré ...... S'étant caché en haut de l'escalier, Bruno a tout entendu et a compris qu'il s'était passé quelque chose de très grave....

Le lendemain…

- Tu crois que l’on pourra ?
- T’inquiète !
- Faudra pas lui faire de mal, d’accord ?
- On verra !

Florian et Francky le méchant se dirigent vers le Bois Joli.

- T’as pris les cigarettes et les allumettes ? demanda Luc à Florian.
- Tiens, j’en ai trois.
- Ok c’est bien mon pote !
- Francky, tu me promets que tu ne lui feras pas de mal !
- Tu m’agaces et si tu n’es pas content, tu dégages !

Les deux garçons préparent leur mauvais coup. Bruno viendra tout naturellement. Francky sait pertinemment que Bruno aimerait être leur copain. Il faudra, pour cela, qu’il passe l’épreuve du feu. Ce qui n’est pas gagné. Francky est l’aîné de deux ans de Bruno et depuis quelques mois, il s’est juré d’avoir sa peau, de lui faire mal, comme lui-même a mal… Il a donné rendez-vous à son souffre douleur à 10 h. C’est dans 15 minutes. Il a largement le temps de préparer la cérémonie.

Un peu plus loin de la scène, un peu en retrait, un homme est assis sur un banc, un journal le dissimulant…C'est Louis, le père de Bruno...
Il regarde les deux garçons et se doute qu'avec leurs mines de conspirateurs, ils sont entrain de monter un mauvais coup ... Francky, ce gamin ...cette ombre au tableau de son bonheur...et Bruno qui est attiré comme un aimant, il ne pourra pas le protéger tout le temps ! Tout à coup, perdu dans ses pensées, il ne s'est pas aperçu que les garçons étaient partis ! Une sourde angoisse lui étreint la gorge, de quel côté sont ils partis ? Il regarde autour de lui et n'est pas rassuré de les avoir vu comploter. Sans trop savoir l'endroit où Bruno va les rejoindre, il se dirige vers le bois joli...

Cela fait 8 ans qu’Emmanuelle et Louis sont mariés. Bruno est arrivé très vite pour le bonheur de ses parents, couple sans histoire. Sauf que… Sauf que la vie ne préserve pas toujours une union, aussi sincère soit-elle. Emmanuelle avait connu un autre homme avant Louis. Rien de plus banal en soi. Cet homme, connu un soir, dans un bal. Elle était belle est fraîche, lui bel homme, sportif, jovial. Ils se sont plus, se sont aimés, se sont donnés l’un à l’autre. Un enfant est né, un garçon. Très rapidement, le père s’est accaparé son fils, laissant très peu de place à la mère dans l’éducation de l’enfant. Un jour, en revenant de son travail, Emmanuelle trouva la maison vide de tout occupant. Elle a longuement cherché son compagnon et son fils. Recherches vaines ! Une lettre posée sur le coin d’une table précisait : « Je pars et j’emmène mon fils ! Adieu ! ». Le père d’Emmanuelle lui avait lancé à la figure ces mots terribles : « Voilà ce que c’est que d’aimer un étranger ! Tu vois où cela te mène ? »…

Louis retrouve les enfants et les observe. Francky tient Bruno par les épaules comme le ferait un grand frère. Il lui parle mais Louis n’arrive pas à comprendre ce qu’ils se disent. Soudain, Francky se retourne, Louis a juste le temps de se baisser dans un buisson. Francky s'est retourné pour voir si ces deux acolytes arrivent et il les voit s'approcher l'air de rien. Bruno tout à coup sent une sourde angoisse lui serrer la gorge. Que font là Tom et Mathéo ? Mais les deux garçons approchent en souriant ce qui rassure Bruno et c'est sur un ton enjoué que Francky propose :

- Et si nous allions faire une cabane au bord du ruisseau ?

Les deux complices de Francky répondent à l'unisson qu'ils sont d'accord et Bruno rassuré par leur enthousiasme acquiesce à son tour. Ils partent donc sur le chemin qui mène au bord du ruisseau, Francky jubile car il sait que Bruno a peur de l'eau et ne s'en approche jamais. Il le sait car lors d'un devoir collectif, il avait parlé de sa grande phobie. Francky s'amuse à bousculer Bruno quand il se baisse pour ramasser des branchages. Tom et Mathéo ont trouvé de la ficelle ce qui facilitera la confection de la cabane.

- Ma mère ne veut pas que je prenne un couteau et même des ciseaux ! En as-tu un de couteau ? demande Bruno à Francky.
- Tiens regarde un peu !

Francky sort de sa poche un couteau à cran d’arrêt. Il appuie sur le levier, la lame sort dans un clac caractéristique. Bruno ne détache pas son regard de la lame qui luit sous le soleil, lançant des éclairs d’argent.

- Je peux le prendre ?
- Tu sais au moins t’en servir ?
- Ben non ! Je t’ai dit que je n’en avais jamais touché de ma vie. Un jour, alors que maman épluchait des légumes dans la cuisine, j’en ai pris un. Elle a hurlé et m’a puni.
- Ah bon ? Tu as été puni pour cela ?
- Ben oui, dit Bruno tristement en se remémorant la scène.
- Ben oui, ben non ! dit Mathéo en riant. Tu ne sais pas dire autre chose ?

Ignorant la réplique de Mathéo, Bruno poursuivit en se saisissant du couteau de Francky.

- Un soir, j’ai entendu mes parents qui parlaient à voix basse, dit-il en ne détachant pas les yeux de la lame luisante. J’ai compris qu’elle avait été blessée par un couteau ou qu’elle avait été poignardée, je crois.


Les enfants s'arrêtèrent de marcher en regardant Bruno avec de grands yeux.

- Ah bon dit Tom ?
- Pas possible dit Mathéo, tu nous mens !

Francky se taisait...
- Non, non c'est la vérité mais je ne sais pas si je peux en parler...en plus ça remonte à 10 ans et...
- Ca suffit maintenant avec tes salades , lui assène Francky en se dandinant !
- Mais ce ne sont pas...

Bruno est arrêté net dans sa phrase par un uppercut de la part de Francky qui l'envoi à terre .

- Mais, mais ça ne va pas, non ? Qu'est ce qu'il te prend, lui crie Bruno ?

Les deux copains de Francky se regardent étonnés, ça n'était pas ça le plan ...

Bruno est allongé par terre, la tête lui tourne, et il a du mal à se relever, il se demande pourquoi Francky a eu cette réaction, pour l'empêcher de parler ou parce que Francky voulait être le chef...et que sa conversation ne devait pas susciter d'intérêt auprès des autres.... les autres sont cloués sur place car en effet ce n'était pas le plan, et ils ont peur...peur que ça tourne mal....

Louis a vu son fils recevoir un coup et chuter à terre. Il a failli surgir de sa cachette et aller au devant des enfants et corriger Francky pour le geste qu’il a eu. Il se ravise et reste cacher. Son fils se relève avec l’aide d’un de ses camarades. Louis ne veut pas que son fils apprenne que… Non, il chasse cette idée qui vient de germer en lui. Ce n’est pas possible qu’il se souvienne. Il était trop petit. Et puis Francky, cela ne fait que deux années à peine qu’il est revenu dans le quartier. Comment Bruno pourrait-il savoir que ce Francky et lui, sont ?... Ses pensées cessent de suite. Bruno pleure et ose jeter un coup d'oeil à Francky

- Mais qu'est ce qu'il te prend ? Bégaye-t-il
- Tu la fermes, t'as compris, lui crie Francky.
- Tais toi lui conseille Tom qui l'a aidé à se relever car ce dernier devant la fureur de Francky sent qu'il ne va pas en rester là , mais à son grand étonnement Francky se retourne et leur crie :
- Bon, vous venez ou quoi ?

Bruno ne sait plus quoi faire, doit-t-il venir ? Il hésite quand d'une bourrade amicale de Tom lui indique le chemin et Bruno se décide à les suivre...

Le chemin est sinueux et il est difficile d'éviter les branches qui s'entremêlent devant eux, des gouttes de pluie commencent à tomber. Au loin le tonnerre gronde. Bruno commence à regretter d'avoir accepté de suivre Francky, Tom marche nerveusement les mains au fond de ses poches, personne ne parle. Mathéo emboîte son pas dans celui de Francky, qui marche en faisant des gestes démesurés

- Alors vous vous grouillez ?

Louis suit du regard les enfants et prend le même chemin qu’eux tout en se cachant. Son portable placé dans la poche intérieure de sa veste, sonne. Il le saisit. C’est Emmanuelle qui l’appelle. Sa voix trahit une forte émotion et elle ne peut s’empêcher de parler avec des sanglots.

- Oui chérie ?
- Louis, où est Bruno ?
- Avec ses copains, je les suis. Ne t’inquiète surtout pas chérie.

Elle marque un temps d’arrêt.

- Louis, ramène moi Bruno, je t’en supplie. Il se fait tard, l’orage gronde, revenez !
- Laisse moi du temps encore. Je vais te le ramener.
- Te rends-tu compte s’il apprenait de la bouche de ce garçon que c’est son…
- Emmanuelle, tu te fais du mal. Laisse moi faire. Je vais te le ramener. Attends-nous ma chérie.

Louis replace le téléphone dans sa poche. Il ne voit plus les enfants. Il presse le pas pour les rattraper. Emmanuelle a raison. Il ne faut pas que Bruno apprenne de la bouche de Francky qu’il est son frère…

Les quatre garçons sont arrivés au bord de la rivière. Francky donne la marche à suivre:

- Tom tu vas avec Bruno ramasser des branches et toi Mathéo, tu commences à rassembler des pierres.
- Des pierres ? lui demande celui-ci, étonné.
- Mais oui, ne discute pas, tu verras bien pourquoi !

Tom et Bruno s'éloignent et tout en ramassant les branches, commencent à discuter :

- Dis moi Tom, tu sais pourquoi Francky est comme ça avec moi ?
- Non, non vraiment je ne vois pas mais lui aurais-tu fais quelque chose ?
- Rien, non rien du tout, je ne le fréquente pas car mes parents me l'ont interdit. Mais malgré qu'il ne soit pas toujours gentil avec moi, j'ai envie d'être son ami et je ne comprends pas pourquoi il s'est montré agressif avec moi tout à l'heure...

- Bonsoir messieurs !

Louis vient de rejoindre les enfants par surprise. Il affiche un ton agréable et un large sourire.

- Je suis le papa de Bruno. Puis se tournant vers son fils, il poursuit :

- Bruno ? Maman s’inquiète. Il est temps de rentrer maintenant

Remis de sa surprise, Bruno fait face à son père.

- Mais papa, nous venons tout juste de commencer ! Nous devons faire une cabane !
- Ce sera pour une prochaine fois, mais il est tard et je ne veux pas que ta maman s’inquiète, tu comprends ? Allez, rentrons !
- Vous pourriez le laisser un peu avec nous, non ? dit soudainement Francky en regardant Louis dans les yeux, l’air assuré.
- Il n’en est pas question !

Louis saisit la main de son fils. Ils se retournent et rebroussent chemin.

- Oh quelle chocotte ce gosse !

Louis ignore la remarque.

- Eh Bruno, t’as encore besoin de ton petit papounet ? T’inquiètes pas, demain je te retrouverai à l’école, crois-moi ! cria-t-il en rigolant.

Louis et son fils continuent leur retour. Louis est mal à l’aise. Il pense qu’il aurait dû réagir aussitôt à l’impolitesse de ce garçon. Son instinct de papa lui a commandé de ne pas intervenir devant Bruno. De retour à l’appartement, Emmanuelle questionne son mari du regard, terriblement angoissée. Il comprit sa question et lui dit dans un souffle :

- Quelle histoire ! Demain nous allons régler ce problème. Nous irons voir la mère de Francky.
- Es tu sûr qu'il faut aller la voir ? Demande Emmanuelle devenue toute pâle ...je ne crois pas que…
- Ecoute, lui répond Louis, on ne peut pas rester comme si de rien n'était, Francky, je suis sûr, voulait tendre un piège à Bruno et ..
- Mais non papa tu te trompes, lui crie son fils, on voulait juste faire une cabane et par ta faute, demain je serais moqué par tous à l'école ! Et moi qui voulais me faire des amis, c'est loupé ! Bruno est furieux et même s’il est surpris par la pâleur soudaine de sa mère, il ne peut se taire.
- J'en ai assez que vous ne me laissiez pas tranquille, vous êtes toujours entrain de me surveiller et Francky n'est pas celui que vous croyez et...
- Ca suffit ! Excuse toi auprès de ta mère et file dans ta chambre, lui intime son père !
- Non, arrêtez tous les deux...il est grand temps que Bruno soit mis au courant dit Emmanuelle...

Bruno en bas de l'escalier qui monte à sa chambre, reste figé et se demande pourquoi sa maman veut le mettre au courant de quelque chose. Il a peur de ce qu'il va entendre. Le visage de son père est tellement sérieux, qu'il s'assoit sur la première marche pour écouter.

Louis ne peut réprimer un tremblement et sa lèvre inférieure trahit son émotion.

- Viens sur le divan près de nous mon chéri.

Bruno se lève et rejoint ses parents. Il s’assoit entre les deux, sur le bord du divan. Il ne prononce aucune parole, il attend. Qui de sa maman ou de son pas prendra la parole ? Louis se racle la gorge, Emmanuelle, les yeux rougis, saisit la main de son fils. Elle regarde son mari et lui fait un signe de tête.

Dans l’entrée, le tic-tac sonore du carillon semble battre la mesure d’un film angoissant. Le salon est plongé dans une douce pénombre qui rajoute, au sérieux de la situation et à cette attente qui commence à peser, une sorte de suspense dans lequel est plongé le trio familial.

- Maman, tu me fais mal !

Emmanuelle ne s’est pas aperçue qu’elle serrait fort la main de Bruno. Elle respira un bon coup comme pour se donner du courage et commença son récit.

- Avant que tu naisses et avant que je connaisse ton papa, j’étais avec un autre homme. Je n’étais pas marié avec lui mais nous vivions chez sa maman. Je travaillais comme secrétaire dans une usine et lui était également ouvrier dans cette usine. C’était un homme gentil, sérieux et dans le quartier où nous habitions, nous n’avions aucun problème de voisinage.

Elle reprit son souffle et poursuivit.

- Quelques mois plus tard, j’attendais un bébé. C’était un garçon. Après sa naissance, son papa est devenu différent avec moi. Il m’imposait le fait que c’était à lui que revenait le droit de l’élever.
- Je ne comprends pas maman !
- Un bébé est toujours élevé par sa maman : elle le nourrit, parfois elle lui donne son lait, tu connais cela ?
- Oui maman, bien sûr
- Et la maman veille sur son petit et fait tout pour qu’il grandisse bien. Son papa est devenu autoritaire, surtout avec moi. Il est même devenu méchant et un matin, en me levant, je suis allé voir mon bébé dans sa chambre. Il avait disparu !
- Oh maman, c’est pas bien ça !
- La maman de cet homme habitait avec nous.
- C’est normal maman, tu habitais chez elle !
- Oui mon chéri. Je suis allé voir sa maman et elle m’a dit que le petit et son papa étaient partis en Algérie.
- Pour quoi faire maman ?
- Il est né en Algérie et sa famille est là-bas. Il voulait que son fils vive en Algérie et reçoive une éducation algérienne. J’étais très en colère et je suis allé à la police déposer une plainte et qu’on l’arrête ! Mais c’était trop tard. Je suis revenu chez moi, la maman de cet homme m’a chassé, j’ai refusé de partir, elle m’a giflée, je me suis battue avec elle et elle m’a blessé à l’épaule avec un couteau
- Oh maman, ma petite maman !
- Ce n’est rien mon chéri, c’est du passé

Emmanuelle regarde son mari.

- Je vais continuer, repose toi. Louis s’éclaircit la voix et poursuit le récit d’Emmanuelle. Plus tard, j’ai connu ta maman et tu es né. Ta maman m’avait raconté cette tragédie. Nous voulions déménager et habiter dans une autre ville, mais ce n’était pas facile. L’année dernière, cet enfant est revenu d’Algérie. C’est Francky, c’est ton demi frère.
- C’est quoi un demi frère ?
- C’est un enfant qui partage sa maman ou son papa avec un autre enfant. Comprends-tu ?
- Oui papa. Et maintenant, nous allons aller le voir ?
- Oui. Avec ta maman nous avons décidé d’aller le voir chez lui, il vit avec sa tante…

Ambassadeur
Bettyoups
Bettyoups

le 09/03/2018 à 19h34

- avec sa tante ?? Mais il l'appelle maman !
- c'est sans doute la volonté de son père afin de brouiller les pistes .
- mais pourquoi voudrait-il brouiller les pistes? Décidément, je ne comprend rien du tout !
Louis lance un regard à sa femme .
- Francky est ton frère, plutôt un demi-frère comme l'on dit.
Bruno est stupéfait , il n'en croit pas ses oreilles .
- mais mais papa, c'est impossible ! Comment peut il être mon frère puisque vous êtes mes parents et ...maman , maman! Que se passe t'il ?
Emmanuelle sous le coup de l'émotion s'est affaissée sur sa chaise toute pâle...

Ambassadeur
Dany80
Dany80

le 09/03/2018 à 21h46

Bruno a du mal à comprendre, et il panique quand il voit sa maman prise de tremblements, et d'une pâleur extrême, et il se rend compte que c'est grave et que sa vie est en train de changer....il se précipite vers sa maman, lui caresse les cheveux, lui fait un gros câlin, et lui dit je t'aime, ne t'en fait pas, ne pleure pas... il a très peur de ce qui va arriver....quand Francky va savoir......

Ambassadeur
Oss
Oss

le 11/03/2018 à 18h03

FRANCKY ET BRUNO

Bruno ne trouve pas le sommeil. Sa maman l’a couché tôt pourtant. Mais il ne dort pas. Il triture depuis un long moment son lapin doudou, comme il le fait chaque soir pour s’endormir mais ce soir c’est difficile. L’image de ce garçon dans la cour qui l’a giflé lui revient sans cesse. Se défendre lorsque l’on a huit ans, ce n’est pas facile. Des larmes inondent ses yeux. Il voudrait tant dire son malheur à sa mère mais à quoi cela servirait-il puisse qu’il sait que l’autre recommencera même s’il est puni. C’est ce que pense Bruno. Il ferme les yeux et les larmes inondent l’oreiller. Dans un soupir il se dit : « Maman, écoute moi, je ne veux pas aller demain à l’école… ». Demain…c'est ce qu'il dira à sa maman...

Qu'a-t-il donc fait pour mériter cela ? Il ne demandait rien, juste de se faire plein d'amis dans cette nouvelle école ! Dés le premier jour il a senti sur lui tous les regards se tourner et il s'est dit : « c'est normal je suis nouveau, oui nouveau et.....roux.... »

- As-tu bien dormi mon chéri ?
- Un peu bien, dit-il en évitant le regard de sa mère.
- On ne dit pas "un peu bien" mais un peu ou alors oui j'ai bien dormi, lui dit-elle en souriant.
- Maman ?
- Oui mon chéri.
- A l'école, les garçons m'appellent Poil de Carotte et un autre me dit que je suis roupette ! C'est quoi ça maman, roupette ?
- Oh mon chéri, ne prête pas attention à ce que l'on peut te dire. Ce n'est pas gentil de leur part et ne leur parle pas, évite les. D'accord ?

A la récréation, Bruno est assis le dos contre un arbre. Une brandille à la main, il joue avec les fourmis qui sortent d'un trou. Le garçon qui l'avait giflé la veille s'approche de lui.

- Et alors Roupette ? Tu te sens seul ? Tu veux te faire des amis ? Lui demande-t-il. Bruno, regarde étonné Franck surnommé Francky.
- Euh....oui, oui bien sûr !
- Pas de problème, répond l'autre garçon, demain après-midi rendez-vous au Bois Joli à 15h , on fera des cabanes , ok ?

Bruno très content lui fait un grand sourire.

- Oh c'est chouette, j'y serai!

Et c'est tout guilleret qu'il rentre en classe sans se retourner ...il aurait dû se méfier de cet excès de gentillesse à son égard et ne pas accepter d'aller au Bois joli car Francky le regarde s'éloigner avec un rictus qui en dit grand sur le piège qu'il a échafaudé. Il en sauterait presque joie ! Mais non, Francky, lui le caïd, doit se contenir, il a un rang à tenir, celui de chef de bande et c'est d'un pas chaloupé en roulant des épaules qu'il sort de l'école. Pas question de rentrer en classe, il a quelque chose à faire d'important, prévenir tous ces amis de venir le rejoindre demain à 15 h....et pas pour faire des cabanes comme il l'a proposé, mais pour attirer Bruno dans le bois, pour le ridiculiser un peu plus...

Le père de Bruno, Louis, commercial de métier, s’est absenté pendant quelques jours et il est heureux de revenir chez lui. Sa femme et son garçon lui ont terriblement manqué. Comme à chaque fois, il revient avec un cadeau pour sa femme et un pour Bruno. Le moment du souper resserre les liens familiaux.

- Alors Bruno, tout va bien mon chéri ?
- Oh papa, tu sais quoi ?
- Non, dis-le moi !
- Eh bien j’ai un nouveau copain. Il s’appelle Francky et il m’a invité demain au Bois Joli pour me présenter d’autres amis.
- Francky ? Ce n’est pas ce garçon qui avait été exclu trois jours de l’école ? C’était pour quelle raison déjà ? dit le père en fronçant les sourcils.
- Il avait insulté la maîtresse, répondit Bruno en chuchotant.

Louis jette un coup d'oeil à Emmanuelle, sa femme...

- Je ne veux absolument pas que tu ailles dans le bois avec ce gars là !
- Mais papa !
- je te dis que non et je ne reviendrai pas sur cette décision !

Bruno jette un coup d'oeil à sa mère mais celle-ci étrangement baisse la tête, lui toujours très complice avec cette dernière sent qu'il y a quelque chose et que son père s’il lui interdit de voir Bruno c'est qu'elle sait quelque chose qu'elle ne peut lui confier... Bruno, désemparé, part en courant dans sa chambre. Il a compris que ce n'était pas un garçon convenable et qu'il y avait un sérieux problème. Ses parents ne lui pardonneraient pas s'il désobéissait pour aller rejoindre ce garçon dans les bois.

Seuls dans le salon, Louis s’approche d’Emmanuelle. Face à face, les yeux dans les yeux, il lui dit d’une voix douce mais ferme :

- Encore une fois, l’histoire nous rattrape, non ? Pourquoi n’as-tu pas voulu que l’on déménage une bonne fois pour toute ?
- Je ne sais pas dit Emmanuelle en baissant la tête d’une voix devenue lasse, des larmes dans les yeux.
- Tu vois où nous en sommes désormais ?

Il n’y a pas de la colère dans l’attitude de Louis. Ses épaules affaissées trahissent une fatalité et un épuisement moral qui couve depuis des années.

- Nous allons revoir ce déménagement. Je ne veux plus de cette situation. Je tiens à ce que la vie de Bruno, notre fils, soit préservée. Nous allons mettre de la distance entre ce garçon et lui.

Après une longue hésitation, il rajouta :

- Et puis comme cela nous mettrons également de la distance entre ce gamin et toi !...

Emmanuelle laisse couler des larmes...quelquefois la vie ne fait pas de cadeau ou alors si, mais à quel prix ! Se ressaisissant, elle essuie furtivement ses larmes, larmes que son mari n'a pas vues ou tout du moins, feint d'ignorer. Bruno est déchiré par la tristesse de sa femme, il l'aime, oh oui comme il l'aime ! Et c'est justement pour ça qu'il veut la préserver, elle et Bruno, leur fils adoré ...... S'étant caché en haut de l'escalier, Bruno a tout entendu et a compris qu'il s'était passé quelque chose de très grave....

Le lendemain…

- Tu crois que l’on pourra ?
- T’inquiète !
- Faudra pas lui faire de mal, d’accord ?
- On verra !

Florian et Francky le méchant se dirigent vers le Bois Joli.

- T’as pris les cigarettes et les allumettes ? demanda Luc à Florian.
- Tiens, j’en ai trois.
- Ok c’est bien mon pote !
- Francky, tu me promets que tu ne lui feras pas de mal !
- Tu m’agaces et si tu n’es pas content, tu dégages !

Les deux garçons préparent leur mauvais coup. Bruno viendra tout naturellement. Francky sait pertinemment que Bruno aimerait être leur copain. Il faudra, pour cela, qu’il passe l’épreuve du feu. Ce qui n’est pas gagné. Francky est l’aîné de deux ans de Bruno et depuis quelques mois, il s’est juré d’avoir sa peau, de lui faire mal, comme lui-même a mal… Il a donné rendez-vous à son souffre douleur à 10 h. C’est dans 15 minutes. Il a largement le temps de préparer la cérémonie.

Un peu plus loin de la scène, un peu en retrait, un homme est assis sur un banc, un journal le dissimulant…C'est Louis, le père de Bruno...
Il regarde les deux garçons et se doute qu'avec leurs mines de conspirateurs, ils sont entrain de monter un mauvais coup ... Francky, ce gamin ...cette ombre au tableau de son bonheur...et Bruno qui est attiré comme un aimant, il ne pourra pas le protéger tout le temps ! Tout à coup, perdu dans ses pensées, il ne s'est pas aperçu que les garçons étaient partis ! Une sourde angoisse lui étreint la gorge, de quel côté sont ils partis ? Il regarde autour de lui et n'est pas rassuré de les avoir vu comploter. Sans trop savoir l'endroit où Bruno va les rejoindre, il se dirige vers le bois joli...

Cela fait 8 ans qu’Emmanuelle et Louis sont mariés. Bruno est arrivé très vite pour le bonheur de ses parents, couple sans histoire. Sauf que… Sauf que la vie ne préserve pas toujours une union, aussi sincère soit-elle. Emmanuelle avait connu un autre homme avant Louis. Rien de plus banal en soi. Cet homme, connu un soir, dans un bal. Elle était belle est fraîche, lui bel homme, sportif, jovial. Ils se sont plus, se sont aimés, se sont donnés l’un à l’autre. Un enfant est né, un garçon. Très rapidement, le père s’est accaparé son fils, laissant très peu de place à la mère dans l’éducation de l’enfant. Un jour, en revenant de son travail, Emmanuelle trouva la maison vide de tout occupant. Elle a longuement cherché son compagnon et son fils. Recherches vaines ! Une lettre posée sur le coin d’une table précisait : « Je pars et j’emmène mon fils ! Adieu ! ». Le père d’Emmanuelle lui avait lancé à la figure ces mots terribles : « Voilà ce que c’est que d’aimer un étranger ! Tu vois où cela te mène ? »…

Louis retrouve les enfants et les observe. Francky tient Bruno par les épaules comme le ferait un grand frère. Il lui parle mais Louis n’arrive pas à comprendre ce qu’ils se disent. Soudain, Francky se retourne, Louis a juste le temps de se baisser dans un buisson. Francky s'est retourné pour voir si ces deux acolytes arrivent et il les voit s'approcher l'air de rien. Bruno tout à coup sent une sourde angoisse lui serrer la gorge. Que font là Tom et Mathéo ? Mais les deux garçons approchent en souriant ce qui rassure Bruno et c'est sur un ton enjoué que Francky propose :

- Et si nous allions faire une cabane au bord du ruisseau ?

Les deux complices de Francky répondent à l'unisson qu'ils sont d'accord et Bruno rassuré par leur enthousiasme acquiesce à son tour. Ils partent donc sur le chemin qui mène au bord du ruisseau, Francky jubile car il sait que Bruno a peur de l'eau et ne s'en approche jamais. Il le sait car lors d'un devoir collectif, il avait parlé de sa grande phobie. Francky s'amuse à bousculer Bruno quand il se baisse pour ramasser des branchages. Tom et Mathéo ont trouvé de la ficelle ce qui facilitera la confection de la cabane.

- Ma mère ne veut pas que je prenne un couteau et même des ciseaux ! En as-tu un de couteau ? demande Bruno à Francky.
- Tiens regarde un peu !

Francky sort de sa poche un couteau à cran d’arrêt. Il appuie sur le levier, la lame sort dans un clac caractéristique. Bruno ne détache pas son regard de la lame qui luit sous le soleil, lançant des éclairs d’argent.

- Je peux le prendre ?
- Tu sais au moins t’en servir ?
- Ben non ! Je t’ai dit que je n’en avais jamais touché de ma vie. Un jour, alors que maman épluchait des légumes dans la cuisine, j’en ai pris un. Elle a hurlé et m’a puni.
- Ah bon ? Tu as été puni pour cela ?
- Ben oui, dit Bruno tristement en se remémorant la scène.
- Ben oui, ben non ! dit Mathéo en riant. Tu ne sais pas dire autre chose ?

Ignorant la réplique de Mathéo, Bruno poursuivit en se saisissant du couteau de Francky.

- Un soir, j’ai entendu mes parents qui parlaient à voix basse, dit-il en ne détachant pas les yeux de la lame luisante. J’ai compris qu’elle avait été blessée par un couteau ou qu’elle avait été poignardée, je crois.


Les enfants s'arrêtèrent de marcher en regardant Bruno avec de grands yeux.

- Ah bon dit Tom ?
- Pas possible dit Mathéo, tu nous mens !

Francky se taisait...
- Non, non c'est la vérité mais je ne sais pas si je peux en parler...en plus ça remonte à 10 ans et...
- Ca suffit maintenant avec tes salades , lui assène Francky en se dandinant !
- Mais ce ne sont pas...

Bruno est arrêté net dans sa phrase par un uppercut de la part de Francky qui l'envoi à terre .

- Mais, mais ça ne va pas, non ? Qu'est ce qu'il te prend, lui crie Bruno ?

Les deux copains de Francky se regardent étonnés, ça n'était pas ça le plan ...

Bruno est allongé par terre, la tête lui tourne, et il a du mal à se relever, il se demande pourquoi Francky a eu cette réaction, pour l'empêcher de parler ou parce que Francky voulait être le chef...et que sa conversation ne devait pas susciter d'intérêt auprès des autres.... les autres sont cloués sur place car en effet ce n'était pas le plan, et ils ont peur...peur que ça tourne mal....

Louis a vu son fils recevoir un coup et chuter à terre. Il a failli surgir de sa cachette et aller au devant des enfants et corriger Francky pour le geste qu’il a eu. Il se ravise et reste cacher. Son fils se relève avec l’aide d’un de ses camarades. Louis ne veut pas que son fils apprenne que… Non, il chasse cette idée qui vient de germer en lui. Ce n’est pas possible qu’il se souvienne. Il était trop petit. Et puis Francky, cela ne fait que deux années à peine qu’il est revenu dans le quartier. Comment Bruno pourrait-il savoir que ce Francky et lui, sont ?... Ses pensées cessent de suite. Bruno pleure et ose jeter un coup d'oeil à Francky

- Mais qu'est ce qu'il te prend ? Bégaye-t-il
- Tu la fermes, t'as compris, lui crie Francky.
- Tais toi lui conseille Tom qui l'a aidé à se relever car ce dernier devant la fureur de Francky sent qu'il ne va pas en rester là , mais à son grand étonnement Francky se retourne et leur crie :
- Bon, vous venez ou quoi ?

Bruno ne sait plus quoi faire, doit-t-il venir ? Il hésite quand d'une bourrade amicale de Tom lui indique le chemin et Bruno se décide à les suivre...

Le chemin est sinueux et il est difficile d'éviter les branches qui s'entremêlent devant eux, des gouttes de pluie commencent à tomber. Au loin le tonnerre gronde. Bruno commence à regretter d'avoir accepté de suivre Francky, Tom marche nerveusement les mains au fond de ses poches, personne ne parle. Mathéo emboîte son pas dans celui de Francky, qui marche en faisant des gestes démesurés

- Alors vous vous grouillez ?

Louis suit du regard les enfants et prend le même chemin qu’eux tout en se cachant. Son portable placé dans la poche intérieure de sa veste, sonne. Il le saisit. C’est Emmanuelle qui l’appelle. Sa voix trahit une forte émotion et elle ne peut s’empêcher de parler avec des sanglots.

- Oui chérie ?
- Louis, où est Bruno ?
- Avec ses copains, je les suis. Ne t’inquiète surtout pas chérie.

Elle marque un temps d’arrêt.

- Louis, ramène moi Bruno, je t’en supplie. Il se fait tard, l’orage gronde, revenez !
- Laisse moi du temps encore. Je vais te le ramener.
- Te rends-tu compte s’il apprenait de la bouche de ce garçon que c’est son…
- Emmanuelle, tu te fais du mal. Laisse moi faire. Je vais te le ramener. Attends-nous ma chérie.

Louis replace le téléphone dans sa poche. Il ne voit plus les enfants. Il presse le pas pour les rattraper. Emmanuelle a raison. Il ne faut pas que Bruno apprenne de la bouche de Francky qu’il est son frère…

Les quatre garçons sont arrivés au bord de la rivière. Francky donne la marche à suivre:

- Tom tu vas avec Bruno ramasser des branches et toi Mathéo, tu commences à rassembler des pierres.
- Des pierres ? lui demande celui-ci, étonné.
- Mais oui, ne discute pas, tu verras bien pourquoi !

Tom et Bruno s'éloignent et tout en ramassant les branches, commencent à discuter :

- Dis moi Tom, tu sais pourquoi Francky est comme ça avec moi ?
- Non, non vraiment je ne vois pas mais lui aurais-tu fais quelque chose ?
- Rien, non rien du tout, je ne le fréquente pas car mes parents me l'ont interdit. Mais malgré qu'il ne soit pas toujours gentil avec moi, j'ai envie d'être son ami et je ne comprends pas pourquoi il s'est montré agressif avec moi tout à l'heure...

- Bonsoir messieurs !

Louis vient de rejoindre les enfants par surprise. Il affiche un ton agréable et un large sourire.

- Je suis le papa de Bruno. Puis se tournant vers son fils, il poursuit :

- Bruno ? Maman s’inquiète. Il est temps de rentrer maintenant

Remis de sa surprise, Bruno fait face à son père.

- Mais papa, nous venons tout juste de commencer ! Nous devons faire une cabane !
- Ce sera pour une prochaine fois, mais il est tard et je ne veux pas que ta maman s’inquiète, tu comprends ? Allez, rentrons !
- Vous pourriez le laisser un peu avec nous, non ? dit soudainement Francky en regardant Louis dans les yeux, l’air assuré.
- Il n’en est pas question !

Louis saisit la main de son fils. Ils se retournent et rebroussent chemin.

- Oh quelle chocotte ce gosse !

Louis ignore la remarque.

- Eh Bruno, t’as encore besoin de ton petit papounet ? T’inquiètes pas, demain je te retrouverai à l’école, crois-moi ! cria-t-il en rigolant.

Louis et son fils continuent leur retour. Louis est mal à l’aise. Il pense qu’il aurait dû réagir aussitôt à l’impolitesse de ce garçon. Son instinct de papa lui a commandé de ne pas intervenir devant Bruno. De retour à l’appartement, Emmanuelle questionne son mari du regard, terriblement angoissée. Il comprit sa question et lui dit dans un souffle :

- Quelle histoire ! Demain nous allons régler ce problème. Nous irons voir la mère de Francky.
- Es tu sûr qu'il faut aller la voir ? Demande Emmanuelle devenue toute pâle ...je ne crois pas que…
- Ecoute, lui répond Louis, on ne peut pas rester comme si de rien n'était, Francky, je suis sûr, voulait tendre un piège à Bruno et ..
- Mais non papa tu te trompes, lui crie son fils, on voulait juste faire une cabane et par ta faute, demain je serais moqué par tous à l'école ! Et moi qui voulais me faire des amis, c'est loupé ! Bruno est furieux et même s’il est surpris par la pâleur soudaine de sa mère, il ne peut se taire.
- J'en ai assez que vous ne me laissiez pas tranquille, vous êtes toujours entrain de me surveiller et Francky n'est pas celui que vous croyez et...
- Ca suffit ! Excuse toi auprès de ta mère et file dans ta chambre, lui intime son père !
- Non, arrêtez tous les deux...il est grand temps que Bruno soit mis au courant dit Emmanuelle...

Bruno en bas de l'escalier qui monte à sa chambre, reste figé et se demande pourquoi sa maman veut le mettre au courant de quelque chose. Il a peur de ce qu'il va entendre. Le visage de son père est tellement sérieux, qu'il s'assoit sur la première marche pour écouter.

Louis ne peut réprimer un tremblement et sa lèvre inférieure trahit son émotion.

- Viens sur le divan près de nous mon chéri.

Bruno se lève et rejoint ses parents. Il s’assoit entre les deux, sur le bord du divan. Il ne prononce aucune parole, il attend. Qui de sa maman ou de son pas prendra la parole ? Louis se racle la gorge, Emmanuelle, les yeux rougis, saisit la main de son fils. Elle regarde son mari et lui fait un signe de tête.

Dans l’entrée, le tic-tac sonore du carillon semble battre la mesure d’un film angoissant. Le salon est plongé dans une douce pénombre qui rajoute, au sérieux de la situation et à cette attente qui commence à peser, une sorte de suspense dans lequel est plongé le trio familial.

- Maman, tu me fais mal !

Emmanuelle ne s’est pas aperçue qu’elle serrait fort la main de Bruno. Elle respira un bon coup comme pour se donner du courage et commença son récit.

- Avant que tu naisses et avant que je connaisse ton papa, j’étais avec un autre homme. Je n’étais pas marié avec lui mais nous vivions chez sa maman. Je travaillais comme secrétaire dans une usine et lui était également ouvrier dans cette usine. C’était un homme gentil, sérieux et dans le quartier où nous habitions, nous n’avions aucun problème de voisinage.

Elle reprit son souffle et poursuivit.

- Quelques mois plus tard, j’attendais un bébé. C’était un garçon. Après sa naissance, son papa est devenu différent avec moi. Il m’imposait le fait que c’était à lui que revenait le droit de l’élever.
- Je ne comprends pas maman !
- Un bébé est toujours élevé par sa maman : elle le nourrit, parfois elle lui donne son lait, tu connais cela ?
- Oui maman, bien sûr
- Et la maman veille sur son petit et fait tout pour qu’il grandisse bien. Son papa est devenu autoritaire, surtout avec moi. Il est même devenu méchant et un matin, en me levant, je suis allé voir mon bébé dans sa chambre. Il avait disparu !
- Oh maman, c’est pas bien ça !
- La maman de cet homme habitait avec nous.
- C’est normal maman, tu habitais chez elle !
- Oui mon chéri. Je suis allé voir sa maman et elle m’a dit que le petit et son papa étaient partis en Algérie.
- Pour quoi faire maman ?
- Il est né en Algérie et sa famille est là-bas. Il voulait que son fils vive en Algérie et reçoive une éducation algérienne. J’étais très en colère et je suis allé à la police déposer une plainte et qu’on l’arrête ! Mais c’était trop tard. Je suis revenu chez moi, la maman de cet homme m’a chassé, j’ai refusé de partir, elle m’a giflée, je me suis battue avec elle et elle m’a blessé à l’épaule avec un couteau
- Oh maman, ma petite maman !
- Ce n’est rien mon chéri, c’est du passé

Emmanuelle regarde son mari.

- Je vais continuer, repose toi. Louis s’éclaircit la voix et poursuit le récit d’Emmanuelle. Plus tard, j’ai connu ta maman et tu es né. Ta maman m’avait raconté cette tragédie. Nous voulions déménager et habiter dans une autre ville, mais ce n’était pas facile. L’année dernière, cet enfant est revenu d’Algérie. C’est Francky, c’est ton demi frère.
- C’est quoi un demi frère ?
- C’est un enfant qui partage sa maman ou son papa avec un autre enfant. Comprends-tu ?
- Oui papa. Et maintenant, nous allons aller le voir ?
- Oui. Avec ta maman nous avons décidé d’aller le voir chez lui, il vit avec sa tante…
- Avec sa tante ?? Mais il l'appelle maman !
- C'est sans doute la volonté de son père afin de brouiller les pistes.
- Mais pourquoi voudrait-il brouiller les pistes? Décidément, je ne comprends rien du tout !

Louis lance un regard à sa femme. Bruno est stupéfait, il n'en croit pas ses oreilles.

- Mais, mais papa, c'est impossible ! Comment peut il être mon frère puisque vous êtes mes parents et ...maman, maman! Que se passe t-il ?

Emmanuelle sous le coup de l'émotion s'est affaissée sur sa chaise toute pâle. Bruno a du mal à comprendre et il panique quand il voit sa maman prise de tremblements, d'une pâleur extrême, Il se rend compte que c'est grave et que sa vie est en train de changer....il se précipite vers sa maman, lui caresse les cheveux, lui fait un gros câlin, et lui dit je t'aime, ne t'en fait pas, ne pleure pas. Il a très peur de ce qui va arriver, quand Francky va savoir.

Le lendemain matin, la petite famille se rend au domicile de Francky comme il en a été convenu entre les deux familles. Madame Larbhi les reçoit, les yeux sans cesse en mouvement, la gorge serrée, pleine d’interrogations. Francky est dans sa chambre, elle l’appellera plus tard.

Installés dans sur un confortable divan, entre un large buffet d’acajou sur lequel est déposé un plateau en laiton ciselé et un magnifique ficus dont les branches encadrent le rideau de voile qui laisse pénétrer une douce lumière dans la pièce, Bruno et ses parents attendent que madame Larbhi finisse avec le rite du thé. Près du plateau sur lequel repose une théière en argent et cinq verres à thé, Bruno lorgne sur les cornes de gazelle, les dattes fourrées et les makrouts enrobés de miel.

Le thé servi, un verre de jus d’orange pour Bruno, madame Larbhi fait le service. Elle s’assoit enfin, fait face à ses invités et dit sans ourire, le regard noir et insistant.

- Je vous écoute !
Louis se racle la gorge. Il a répété longuement ce qu’il dira.

- Madame Larbhi, nous vous remercions d’avoir bien voulu nous recevoir et notre visite est assez particulière. Nous avons dû dire à notre fils que Francky et lui étaient frères. Notre volonté fut conduite par la fréquentation assez houleuse de ces deux garçons et des conséquences difficiles pour eux qui auraient pu en résulter.
- Vous avez bien fait monsieur. Je vous écoute.
- Francky, par un agissement sans doute maladroit mais toutefois assez volontaire, essaye de se faire valoir auprès de Bruno dans le but d’attirer sa sympathie, sympathie qui aurait vite tourné au drame car…
- Je vous arrête monsieur, mon fils il n’est pas méchant !

Entendre de la bouche de cette femme « mon fils », Emmanuelle ne peut réprimer un geste d’agacement.

- Pardon madame, je voulais dire ce garçon il n’est pas méchant. Je vous écoute.
- Donc, reprit Louis, les deux garçons auraient pu en venir aux mains, ce que nous ne voulions pas, sa mère et moi. Lorsque ma femme, Emmanuelle, a revu son garçon il y a quelques temps déjà, elle n’a pas osé venir vous voir pour s’entretenir avec vous. Car, les circonstances du départ de Francky avec son père, pour ne pas dire l’enlèvement puis le drame avec la grand-mère…
- Inchallah elle est au ciel maintenant, dit madame Larbhi en levant les yeux au plafond.
- De plus, je pense que Francky devrait faire la connaissance de sa mère, la vraie dit Louis en prenant la main d’Emmanuelle, qu’en pensez-vous madame ?
- Woulah c’est difficile monsieur. Son père il est resté au bled et c’est lui qu’il décide.
- Que fait-il ?
- Gênée, elle poursuit. Il est en prison. Il a fait la grosse counnerie et inchallah il doit payer, longtemps, c’est le Bon Dieu qui le veut !

Dans le silence qui suit cette révélation, Louis prend machinalement une corne de gazelle et un makrout. Il apprécie le goût de l’amande, du miel et des dattes de ces deux pâtisseries. Emmanuelle n’ose pas y toucher et Bruno se demande lequel il pourrait prendre en premier.

- Peut-on voir Francky ?
- Si tu veux. Francky hurla-t-elle, èji lèhna fissa !

Elle ne répéta pas deux fois sa phrase, Francky apparaît dans l’encadrement de la porte, le visage baissé, le visage différent du Francky de la rue.

- Viens dire bonjour, allez viens.

Francky entre dans la pièce, se présente devant les parents de Bruno, le regard toujours baissé, sans rien dire. Louis et Emmanuelle regardent cet enfant, n’osant faire un geste.

- Alors, tu dis bonjour ! dit madame Larbhi en s’impatientant.

Du bout des lèvres, dans un murmure, les yeux embués de larmes, Francky dit :

- Bonjour… puis il ajouta… maman.

Emmanuelle pousse un cri, se lève d’un coup, saisit Franky dans ses bras.

- Mon fils, mon chéri, mon amour, enfin ! Enfin !

Elle étend son bras, saisit Bruno en le forçant à se lever et serre dans ses bras ses deux enfants.

Ainsi se termine cette histoire d’amour entre une mère et ses garçons où le cœur, une fois de plus, a ses raisons…

(Merci à Maliko, Dany qui m'ont accompagné dans cette histoire...)

Ambassadeur
Dany80
Dany80

le 11/03/2018 à 19h18

Merci Oss, merci Maliko, pour le bon moment que vous m'avez fait passé, et j'ai pris vraiment plaisir à écrire quelques phrases...moi qui ne lit pas ....j'avais hâte de connaître ce que Maliko et toi allaient écrire, et j'aime vraiment comment cette histoire se termine !

Ambassadeur
Bettyoups
Bettyoups

le 12/03/2018 à 19h14

Un vrai moment de partage comme je jes aime, merci à vous deux.

Ambassadeur
Dany80
Dany80

le 12/03/2018 à 19h24

image

Ambassadeur
Oss
Oss

le 12/03/2018 à 19h47

Beurk beurk beurk !!!!! Des bisous de chats, ça donne pas des puces ça ??? beurk beurk beurk

Ambassadeur
Dany80
Dany80

le 12/03/2018 à 22h11

mais non ça donne pas des puces Oss....c'est tellement doux un minou ....!

Ambassadeur
Oss
Oss

le 12/03/2018 à 22h37

Ça dépend lesquels ! Moi, j-en ai vu de toutes les couleurs avec eux...

Bonne nuit

Ambassadeur
Dany80
Dany80

le 12/03/2018 à 22h53

oui Oss, je n'en doute pas, et je respecte tout à fait ton point de vue, il faut rester vigilant quand même....

Ambassadeur
Bettyoups
Bettyoups

le 22/04/2018 à 09h35

Agrippé à ses accoudoirs, Hervé reprend son souffle après l'attérissage de l'avion qui l'amène en Grèce voir sa grand-mère ; encore une petite heure de traversée pour l'ile de
Cythère et il sera enfin arrivé...

Ambassadeur
Oss
Oss

le 22/04/2018 à 10h18

Je verrai plus tard... j'ai du taf !

Ambassadeur
Dany80
Dany80

le 22/04/2018 à 11h47

il se souvient peu de sa grand-mère, ça fait 15 ans qu'elle a quitté la France, partie faire un pèlerinage, elle a rencontré un homme dont elle était tombée follement amoureuse, elle avait tout quitté pour habiter Cythère avec lui...

Ambassadeur
Bettyoups
Bettyoups

le 25/04/2018 à 09h26

Mais sa grand-mère n'avait pas choisi de faire son pèlerinage au hasard, non, cette ile est un endroit bien particulier à ces yeux car sa propre grand-mère y a vécu et.....
A toi Oss !!!

Ambassadeur
Oss
Oss

le 25/04/2018 à 11h35

Agrippé à ses accoudoirs, Hervé reprend son souffle après l'atterrissage de l'avion qui l'amène en Grèce voir sa grand-mère ; encore une petite heure de traversée pour l'île de Cythère et il sera enfin arrivé... Il se souvient peu de sa grand-mère, ça fait 15 ans qu'elle a quitté la France, partie faire un pèlerinage, elle a rencontré un homme dont elle était tombée follement amoureuse, elle avait tout quitté pour habiter Cythère avec lui...

Mais sa grand-mère n'avait pas choisi de faire son pèlerinage au hasard, non, cette île est un endroit bien particulier à ses yeux car sa propre grand-mère y a vécu.

L’histoire de Marguerite n’est pas banale. Enfant, durant la deuxième guerre mondiale, elle avait vu partir son père au front et il n’en est jamais revenu. "Disparu sur le champ de bataille" avait conclu le communiqué officiel. Son imagination d’enfant lui conférait moult hypothèses : son papa a sans doute été enseveli par une bombe, ou alors son corps a été pulvérisé, ou encore, blessé il fut conduit dans une infirmerie et y serait décédé et, l’impensable à ses yeux, il a tout quitté pour une autre femme, son épouse, sa fille, sa ferme.

Cette dernière hypothèse l’a longtemps travaillée, toute sa vie. Un jour des années soixante, dans un livre caché au fond d’une malle, elle a découvert une carte postale. Le recto montrait un paysage aux collines décharnées, Cythère ; au verso, une écriture malhabile avait tracé ces mots : « je t’attends, viens vite mon amour. » La carte datait de février 1940, quelques mois avant sa mobilisation…

Ambassadeur
Dany80
Dany80

le 26/04/2018 à 00h30

Hervé n'a qu'une obsession ...savoir ce qui s'est réellement passé, il aimerait comprendre....

Ambassadeur
Bettyoups
Bettyoups

le 26/04/2018 à 08h50

Mais pour cela il faut qu'il interroge sa grand-mère et si elle est restée la même, avec un caractère aussi taciturne, cela ne va pas être facile...... mais ce qu'il ignore encore c'est que ça n'a pas toujours été le cas... Marguerite à l'époque, jeune fille ravissante de 19 ans , est une 'touche-à-tout' au grand dam de ses parents qui auraient aimé plutôt avoir une fille au caractère plus doux et qui se consacre aux travaux et loisirs qui sied aux jeunes filles.
Mais c'est sans compter sur ce caractère fort, curieux et enjoué qui l'emmène souvent là où il ne faudrait pas....

Ambassadeur
Bettyoups
Bettyoups

le 01/05/2018 à 10h26

Coucouuu ! Qui a le temps !

Ambassadeur
Oss
Oss

le 01/05/2018 à 10h30

Cet apm promis

Ambassadeur
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