De l'Allemagne à l'Algérie (1960/1962) : discussion - Page 2
le 02/02/2026 à 15h45
Merci pour ton commentaire et bien évidemment ami
Un moment bien difficile pour tous.
le 02/02/2026 à 16h17
De l'Allemagne à l'Algérie (1960/1962) (7)
01 mai 1961 - Le régiment est choisi pour effectuer la formation de base d'un peloton de recrues.
Le Lieutenant V. responsable de cette formation a choisi les moniteurs nécessaires pour encadrer ce peloton ER bien sur j'en suis !
Mais finalement content, ça me va bien.
Mai 1961 - La formation des nouveaux appelés commence, ma chambrée se compose de 5 recrues et la sympathie se fait très rapidement entre nous 6, je ne suis pas un « garde chiourme » !
Les deux premières semaines sont classiques : marches, manœuvres, apprentissage des armes, tirs...
Ma chambrée est juste devant le terrain de volley et, le deuxième dimanche, les jeunes décident de faire une partie de volley.
- Bien sur: « -moniteur venez avec nous faire le 6°!»
j'avais décidé de passer ma matinée à lire mais il m’était difficile de refuser. Quelques échanges à 3 contre 3, la balle sort du terrain dont les délimitations sont en bois et mal incrustées dans la cendrée, je suis au plus prêt pour la récupération et au retour, balle sous le bras, je bute contre la délimitation...
chute avant et gaucher c'est le bras gauche qui amorti la chute ..
je pousse des hurlements mon coude à doublé !
Infirmerie du régiment...
ambulance...
60 kilomètres d'autoroute (en hurlant à chaque cahot !!!)...
Hôpital Militaire des FFA (Forces Françaises en Allemagne) de Bühl...

Prise en charge immédiate par le Capitaine-Chirurgien...
table d'opération...
masque au chloroforme...
allons y, nous comptons jusqu'à 10 me dit avec un fort accent l'infirmière allemand : 1, 2, 3.......plouf !
Sans commentaires de ce qui trottait dans ma tête !
«-Et voila mon jeune ami, me dit le Capitaine, c'est la plus belle luxation que j'ai vu dans ma carrière, une luxation complète (les extrémités des os ne se touchaient plus), aucun problème pour la remise en place, tu n'a été endormi qu'une ½ heure...
nous allons te mettre un plâtre »...
J' suis un peu et même beaucoup dans le brouillard, repos s'il vous plait...
Une très grande chambre et très confortable ou nous sommes six...
pas vraiment mal, cachet, dormir...
trois jours avec repos, repas, discutions, jeux de cartes, lecture, surveillance infirmerie et...
visite au Capitaine …
« - C'est parfait, l'on va ouvrir ton plâtre sur toute la longueur pour en faire une gouttière ce qui évitera l'infection, comment est ton infirmerie de corps ?
Je fais la moue et dis : « - comme une infirmerie de corps !
- bon O.K. Je vois, dit-il, vas te reposer chez toi, pendant 15 jours, mais surveille bien dessous qu'il n'y ai pas d’infection !
- Merci Mon Capitaine ! »
La caserne, tête du Lieutenant V. responsable du peloton de formation des recrues devant ma permission de convalescence, il devait manquer d'expérience sur les blessures puisqu'il pensait bien me récupérer !
Le train pour Paris, avec juste le minimum d'affaires dans mon sac, le métro avec un billet militaire et la femme qui poinçonnait me dit «-non non passez et gardez votre billet pour la prochaine fois » !
Et oui lorsque j'y repense, nostalgie, nostalgie de cette époque...
Arrivée à Brunoy pour 14 jours de plaisir avec les miens et bien sur de repos !

Juin 1961 - C'est le retour à la caserne, dans les délais bien sur ! Dialogue avec le Lieutenant V. :
« - Bien te voilà de retour parfait, demain tu es consultant à l’hôpital de Bühl, pour que l'on retire ton plâtre, j'ai besoin de toi pour la troisième et dernière partie de la formation.
-Mon Lieutenant, le Capitaine-chirurgien m'a dit de revenir avec mes affaires !
-Non, non demain dès le retour de l’hôpital tu reprends ton équipe, d'ailleurs demain je suis le chef de voiture pour l’hôpital.
-Bien compris, MON Lieutenant.»
Hôpital de Bühl : « -Bonjour mon Capitaine
- bon cela semble bien aller, tu as tes affaires?
- Non mon Capitaine le Lieutenant n'a pas voulu disant que je reprenais la formation de mon équipe dès demain !
- Mais de quoi se mêle t' il, tu reviens demain avec tes affaires pour le travail de récupération de ton bras avec le Kiné !
-Mon Capitaine le Lieutenant est ici, c'est le chef de voiture aujourd'hui, je pense qu'il serait bien que vous lui disiez, afin d'éviter un problème...»
Je ne suis pas resté dans le bureau, j'étais dans la pièce d’à coté et je n'ai entendu que quelques bribes mais ce n'était pas triste !!!
Retour le lendemain... dans la même chambre... avec les même malades … qui ne faisaient qu'un semblant de rééducation... afin, disaient-ils, de ne pas partir en Algérie...
Moi mon choix était simple «récupérer mon bras car déplâtré il n'était plus bon à grand chose !»
Prise de rendez-vous pour le lendemain avec le kiné, un parisien avec qui le bon contact fut instantané, plus âgé que moi et sursitaire il était de ma classe et dès le 2° jour, devant mon désir absolu de récupérer mon bras, il m'a proposé de venir 4 fois par jour en m'installant dans sa pièce personnelle pour faire 2 fois 20 minutes d'exercice séparées par 10 minutes de repos.
Entre les autres patients il venait vérifier et « travailler» mon bras. Nous en profitions pour échanger nos idées et nos connaissances.
Je faisais de cette façon et, comme il me l'avait proposé, 4 fois dans la journée, elle était très bien occupée cette journée.
Il m'a fallut quand même un peu plus de trois semaines pour que la parfaite réussite soit au RV !
Le Capitaine-Chirurgien consulté m'a félicité pour ma pugnacité et, était-ce pour me montrer sa reconnaissance (?) , il m'a envoyé de nouveau en permission de convalescence pour 15 jours !
Retour au 24° Spahis, bon... sans commentaires pour la tête du Lieutenant V. devant ma nouvelle permission de 15 jours !
Le train... PARIS... BRUNOY...ça passe encore très vite... et... PARIS... PFORZEIM... le 24° Spahis De nouveau !
Il restait une semaine de formation, il n'y avait plus beaucoup à faire absolument parfait pour moi car je n'avais pas encore complètement retrouver ma grande forme physique.
Juillet, août, septembre 1961 -La routine, reprise du courant journalier, pas grand chose à faire ...
Quelques perms de 48 heures avec retour en train de nuit souvent assis dans le couloir sur ma valise qui était rigide et prévue pour, ce qui permettait de sommeiller plutôt assez profondément.
A la gare de Pforzeim taxi avec 3 autres militaires pour rejoindre la caserne avant 6 heures afin d'être à l'heure pour l'appel.
Ah oui aussi, j'oubliais le Régiment a reçu une dotation temporaire d'environ 20 (peut-être 21 ?) nouvelles Jeeps « flambant neuves, en 24 volts, un plus très important par rapport aux 12 volts » et comme nous sommes dans un Régiment d'élite nous allons les roder !
Elles seront ensuite dispatchées dans d'autres régiments stationnés en Allemagne.
Six chauffeurs, bien sur « d'élite » eux aussi, ont été choisis pour faire le rodage et bon même si je reste modeste je suis l'un d'eux.
Deux semaines de balades en mini-convoi de Jeeps derrière la Jeep du Lieutenant sur les routes verdoyantes et magnifiques de la forêt noire allemande.
Et le rodage ?
Ah oui dès le 2° jour nous avions mis au point une technique particulière :
le 6° se laissait distancé puis, bien sur vous avez compris... il revenait bien vite et prenait alors la 5° place, celui qui était devenu 6°...mais promis c'était pour bien débrider les moteurs, et d’ailleurs nous étions persuadés que le Lieutenant n'était pas dupe et laissait faire.
Nous ne prenions pas toujours la même route et la découverte de cette forêt a été pour moi un excellent moment d'occupation qui joignait l'utile à l'agréable.
Octobre 1961 - J'apprends par « radio-caserne » que je vais certainement quitter le 24° Spahis pour une autre destination allemande sans plus de détails.
(A suivre)
le 02/02/2026 à 18h02
Eh bien, si je puis dire, tu es bien 'tombé ' avec ce kiné !
le 03/02/2026 à 06h59
Bien évidemment que je comprends parfaitement la position des appelés du contingent. Je la comprends d'autant plus que mes grands parents paternels avaient une ferme et organisaient des repas pour les militaires.
Fréquemment dans la rue, certains militaires appelaient ma mère en lui disant "bonjour maman" et elle leur répondait en leur adressant un sourire : " bonjour mon fils ". Elle ne les connaissait pas et je me souviens parfaitement du petit sourire qu'elle avait à ce moment au coin des lèvres... un sourire très maternel.
le 03/02/2026 à 18h18
De l'Allemagne à l'Algérie (1960/1962) ( 8 )
27 Octobre 1961 – Radio-caserne fonctionne toujours aussi bien!
Je quitte, avec regrets, les spahis pour devenir un « Cuirassier » (un Cuir) au 4° Régiment de Cuirassiers qui se trouve à WITTELICH à 40 kilomètres plus au nord de TREVES ou j'ai effectué mes classes.



Changement de décor hum, plutôt tristounet !
28 octobre 1961 - Le « 4°cuirs » reconstitue son ECS (Escadron de Commandement et Service) c'est la raison de ma mutation car, compte-tenu de mes connaissances et de mes capacités, je deviens
«Brigadier secrétaire au Major» nous sommes trois directement rattaché au Capitaine !
Novembre, décembre 1961, janvier, février 1962 - Travail de bureau assez « plan plan » déchiffrage et résumé des documents reçus avant la transmission au Capitaine et au Lieutenant en second, ordres pour l'intendance à dispatcher dans les Escadrons, mises à jour des différents documents ...
Pas un gros travail et les journées passent plutôt lentement.
Les parties libres étaient, pour moi consacrées à la lecture, aux parties de cartes et aussi aux sports -foot, footing. En ignorant le volley et pour cause !
Quelques sorties en ville comme chef de voiture ou comme conducteur.
Et puis heureusement quelques perms de 48 heures le W.E.
Ce ne fut pas la partie préférée de mon service militaire et d'ailleurs en fermant les yeux et, contrairement au 24° Spahis, ou même au CIDB, je n'ai que très peu d'images de ces cinq mois !
12 avril 1962 - La décision n°477/EFF/MUT. du 11 avril 1962 que nous recevons au bureau du major indique :
«... les personnels (sic) dont les noms suivent sont affectés au 1°RCC à compter du 1° mai 1962, passage de la frontière Franco-Allemande le 19 avril 1962, arrivée au port d'embarquement de Marseille le 20 avril 1962. Embarquement sur le ville de Tunis le 21 avril 1962 à destination d'Alger...RDC (Radié Du Corps) le 1° mai 1962. » et...
sur la liste des douze militaires prévus vous devinez...
Et oui je suis bien l'un des douze !
Et, malgré qu'il s'agisse de l’Algérie, je suis plutôt satisfait car je ne me voyais pas encore sept mois en gratte papier dans cette ambiance tristounette.
De plus « radio caserne » parlait d'une nouvelle refonte du « 4° cuirs » avec de nouveaux changements !
Et puis le « Cessez-le-feu en Algérie » était effectif depuis le 19 mars 1962, lendemain des accords d’Evian.

18 mars 1962 Accord d'Evian
19 avril 1962 - En fin d'après-midi départ pour le voyage qui sera un véritable périple fertile en péripéties, mais je ne le sais pas encore !
Notre petit groupe est constitué de deux « brigadiers », le 2ème brigadier est un copain, et dix « 1° classe ». Compte-tenu de mon emploi, je suis le responsable et possède dans mon paquetage l'ensemble des documents militaires de nous tous.
Contrairement à la normale - mais il est vrai que la période est chaotique - aucun gradé du 1°RCC, le régiment ou nous sommes mutés, n'est venu nous chercher à Wittlich.
Nous partons en mini-car jusque Metz ou un gradé... euh... non, non personne du 1°RCC !
Le train militaire pour le port de Marseille est en attente, nous sommes probablement cinq ou six cents à embarquer.
Bien groupés, nous nous faisons bien petits et comme je possède l'ordre de mission pour notre groupe nous réussissons très rapidement à prendre place dans le train.
20 avril 1962 - Marseille enfin après 18 heures dans ce train qui, n'ayant aucune priorité, a cheminé gentiment dans la campagne française !
Transport jusqu'au camp de Sainte Marthe : ou un gradé... euh... non non personne du 1°RCC. !

Plusieurs centaines de militaires en transit... Une crasse impensable... et la nourriture ?
Difficile de parler de nourriture...
Le couchage ? des lits si,si, avec une paillasse et une couverture et le paquetage comme oreiller afin de ne pas se faire voler !
Heureusement en temps que Brigadier responsable de notre petit groupe je possédais le carnet à souche pour les sorties en ville ou nous allions à tour de rôle quatre par quatre. -
21,22, 23, 24 avril 1962 - Attente pénible, usante même mais le bateau prévu, le « Ville de Tunis », qui faisait la rotation Marseille-Alger n'est arrivé que ce 24 avec un gradé du... comment ?... ah non toujours personne du 1°RCC !
Embarquement en courant bien sur, il faut faire vite et la chance est avec notre petit groupe que je précède : nous sommes déviés vers les couchettes 3°, je devais avoir une bonne tête...
Quelle aubaine pour nous et surtout pour moi qui n'aime le bateau que de loin et surtout pas dessus surtout si en plus il navigue !
La mer Méditerranée même calme et surtout en 1962 ne laisse pas passer un bateau sans tangage et roulis !
Calé dans une couchette dans le sens de la marche se fut juste très pénible !
25 avril 1962 - « Alger la blanche » ! Plein les yeux ! Fascinant ! Le premier choc est thermique et esthétique.


La chaleur, le soleil et la beauté d'Alger la Blanche éblouissent et le corps et les yeux. Tout le long de la grande jeté des militaires avec des panneaux annonçant les régiments.
Allons y les amis il nous faut trouvé notre régiment arrivés au bout de la jeté le gradé... euh... ben non toujours personne du 1°RCC !
Rien d'autre à faire que rejoindre le camp de transit situé en face du quai !
Un camp de transit correct, rien à voir avec Marseille. Dès que nous avons été installés bien sur je me suis occupé de notre futur régiment vous savez le 1° RCC !
Visite au radio très sympa: «-T'inquiète pas, je vais te trouver ça... sa liste ... 1°RCC... je les contacte par radio, pas de réponse, on reprend demain ».
Il y avais presque uns semaine que nous étions en route, dur, dur nous étions découragés et l'on se voyait de nouveau repartir... le train, le camion pour le désert peut-être !!!
(A suivre)
le 03/02/2026 à 20h38
Je viens de rattraper mon retard, eh bien dis donc, je suis fatiguée pour toi ! MDR merci
le 03/02/2026 à 22h34
Merci, Belle soirée
le 04/02/2026 à 07h39
Le suspense est à son comble !!
le 04/02/2026 à 18h28
De l'Allemagne à l'Algérie (1960/1962) (9)
26 avril 1962 - Attente, recherche par le radio, toujours pas de réponse, nous sortons juste pour traverser la route afin de pouvoir contempler la mer !
vendredi 27 avril 1962 - Vers 16 heures le radio me dit : «- Le 1°RCC doit être dissous ( J'ai cherché et je n'ai jamais trouvé de trace réelle ?) , c'est une erreur vous êtes certainement mutés au 1° RCA (Régiment de Chasseur d'Afrique), je viens de les contacter rassures-toi et rassures les autres, ils arrivent pour vous récupérer !»
Ouf grand soulagement, nous sommes tous plutôt assez contents de nous retrouver dans une structure.
Moins d'une heure plus tard un GMC nous emportait vers le 1° RCA pour un parcours de, oh la la...
12 kilomètres jusque Maison Carrée.
Pour la petite histoire nous n'étions pas attendus, notre venue dans ce régiment n'était absolument pas connue, même pas prévue, l'armée et c'est assez compréhensible, était en pleine pagaye !
Nous arrivons dans la caserne en fait un bâtiment HLM , c'est du provisoire en attendant de rejoindre les autres escadrons du régiments qui sont entrain de se regrouper et d'aménager au camp du Lido près d'Alger.
Le « 1°Régiment de Chasseurs d'Afrique ». Sur l'insigne du régiment l'on découvre les mots« Ubique Primus » c'est la devise du 1°RCA que l'on peut traduire par « Partout Premier ».

Une interprétation de cet insigne ? Oui bien sur, la couronne est dentelée ce qui évoque qu'il s'agit d'un régiment motorisé. Le cheval à bascule est juste pour rappeler que les Chasseurs d'Afrique sont des cavaliers puisqu'ils font partie de l'ABC (Arme Blindée Cavalerie).
Si l'on regarde bien la roue arrière du cheval à bascule l'on découvre que rebelle elle est tournée vers le haut !
Il est dit que c'est volontaire afin de rappeler que les cavaliers traditionnels ne sont pas des plus heureux de la motorisation !
27 avril 1962 - Je suis reçu par le Capitaine de l'ECS (Escadron de Commandement et Service) afin de lui remettre nos livrets militaires.
Comme je l'ai écrit précédemment j'ai effectivement la certitude que nous n'étions pas attendus !!!
Il me demande ma fonction au 4° Cuirs et ma réponse: secrétaire au Major semble absolument lui convenir «- Parfait tu vas reprendre le secrétariat du peloton transport», actuellement c'est le Maréchal des Logis Chef qui fait la fonction de secrétaire alors qu'il doit avant tout s'occuper des révisons et réparations des véhicules et semble un peu débordé avec le secrétariat
(Je découvrirai que c'est un très très bon mécanicien, très gentil mais que son instruction est vraiment très sommaire) il te mettra au courant.
En attendant je fais prévenir le Lieutenant C. qui dirige le peloton transports, il va te voir dès demain pour mettre au point ton intégration.
Le Lieutenant C. était Adjudant-chef mais, dans la Cavalerie, les adjudants et les adjudants chefs sont appelés «lieutenants».
Explication de ce privilège qui existe depuis la bataille d'Austerlitz : L’Empereur Napoléon demanda à voir l'officier qui venait de mener une brillante et victorieuse charge de cavalerie et c'est un adjudant qui lui est présenté car, alors que tous les officiers avaient été tués, il avait pris le commandement de la compagnie et avait mené celle-ci à la victoire. L'Empereur décida alors que tous les adjudants de cavalerie auraient droit à l'appellation de «lieutenant» pour que l'on se souvienne de ce fait d'armes.
(Il y a d'autres versions mais celle-ci est la plus courante, la plus glorifiante et moi je la trouve plutôt belle !).
28 avril 1962 - Le Lieutenant C. C'est le « patron» du peloton transport un « dur à cuire » avec, à son actif, l'Indochine et l'Algérie depuis le début du conflit. Il me fait chercher par le Maréchal des Logis ( appelé margis ) de semaine!
Excellent contact, il s'était renseigné auprès du Capitaine sur mes précédentes fonctions ! «-Tu vas prendre en mains le secrétariat du peloton, tu vas voir avec du bon sens et une bonne organisation c'est très facile. En plus de tes fonctions de secrétaire tu es aussi le chauffeur du command-car du Colonel »

COMMAND CAR 4X4 DODGE
Le Maréchal des Logis Chef (appelé simplement Chef) vient nous rejoindre il était au courant et visiblement très heureux de ne plus avoir à s'occuper des affectations des véhicules et de leur propreté après chaque mission, des horaires et bien sur de tous les papiers nécessaires comme le résumé journalier des sorties de véhicules ou bien encore les ordres de missions ou les bons pour faire les pleins d'essence...
Je confirme que nous étions vraiment en très provisoire dans cette HLM de Maison Carrée (aujourd'hui EL-HARRACH) disons en transit prolongé avant de rejoindre les escadrons du régiment qui finissaient de s'installer au camp du Lido à Fort de l'Eau (aujourd'hui BORDJ EL KIFFAN) distant de12 kilomètres d'Alger.
Mai 1962 - Et oui monter la garde c'est un partie du « travail » d'un militaire, et je n'y coupe pas, ce sera la dernière !
Celle-ci que je présente devant notre « HLM caserne » était une garde dite d'honneur afin de saluer l’arrivée du Colonel.

2° quinzaine de mai1962 - Nous rejoignons les escadrons du régiment au camp du Lido.

Ce camp occupe quelques hectares le long de la mer et accueil les régiments qui vont rester encore quelques temps sur le sol algérien.
C'est le cas du 1° RCA mon régiment qui doit rester dans les derniers régiments à quitter l'Algérie.
A notre arrivée tout est en place et confort !

Fin mai 1962 -Seul vrai problème les punaises de lit ! Des centaines nichées dans les sous matelas en corde de jute tressée ! Le matin les moustiquaires étaient en partie couvertes. Je n'étais pas piqué comme certains mais d'autres étaient couverts de piqûres.
Nous avons donc pris la décision d'amener sur l'arrière de notre bâtiment deux bidons de 300 litres dans lesquels nous avons entassé nos sous-matelas avant de compléter le remplissage des bidons avec de l'essence.
48 heures après, séchage des sous-matelas au soleil pendant, à nouveau, 48 heures puis remise en place avec juste une très petite odeur mais sans punaises !!!
Début juin 1962 -Une note d'information m'indique qu'il est prévu pour le 14 juillet une prise d'armes pour l'ensemble des escadrons du régiment.
Le Colonel fera le tour du carré constitué bien évidemment dans le command-car, bien vu, ce sera donc à moi de « jouer » et renseignements pris il sera debout !!!
Les amis de l’atelier de révision et réparations des véhicules m'assurent que tout sera parfaitement mis au point pour une progression du command-car à 5 km/heure et sans à-coup !
4 juin 1962(ou le 5) -Il faut fournir immédiatement un véhicule pour emmener deux infirmiers à BLIDA ou quelques centaines de Harkis sont regroupés avec leur familles et sont en attente d'un bateau pour la France (j'ai toujours supposé qu'il s'agissait certainement de gradés ?) .
Le camp est bombardé chaque nuit faisant des blessés et le manque d'infirmiers était important.
Je n'ai pas de véhicule disponible restait juste le command-car, pas le choix je prends le volant avec le margis de semaine comme chef de voiture.
Une route périlleuse pour rejoindre le camp avec de chaque coté de la route des arabes armés et pour certains très jeunes, heureux lorsque nous sommes arrivés à l'entrée du camp.
Après la dépose des infirmiers nous avons eu la chance de pouvoir nous intégrer au milieu d'un convoi de la gendarmerie mobile qui rentrait sur Alger.
10 juin 1962(vers le) - Je suis prévenu, ainsi que le chauffeur de la 403 du Colonel, que la voiture doit être en parfait état pour un voyage jusque « Tizi-Ouzou » en Kabylie
Comme je dois aussi trouver un « chef de bord ».
Je vais, discrètement, voir le Lieutenant C., mon « patron », qui me fiche une paix royale puisque tout tourne rond, pour lui demander si je peux laisser le peloton pour les trois jours prévus et faire la sortie comme chef de bord ?
«-Je suis d'accord, me dit-il, mais que tout soit parfaitement préparé pour les répartitions de véhicules et en rentrant tu remettras tous les documents à jour !
- Bien sur et … merci mon Lieutenant !»
19 juin 1962 -C'était un mardi et je crois que c'était ce 19 juin, un petit convoi de sept 403 sur les routes d' Algérie en direction de la grande Kabylie.
Il ne me reste de ce déplacement que des souvenirs assez confus, des routes difficiles par très carrossables, un décor aride.
Toutefois un fait que je n'ai pas oublié, il est resté dans ma mémoire : dans une grande courbe, un champ, un paysan Kabyle avec un outil qui semble être une houe, il se redresse en voyant le convoi des 403 noires, il tourne la tête dans tous les sens pour voir s'il est bien tout seul et fièrement fait le salut militaire !
Promis ma gorge était serrée.
20, 21 juin 1962 -Une caserne assez quelconque, je ne me souviens pas très bien du régiment qui l'occupait, il y avait un vingtaine de 403 dont la nôtre.
Il nous a semblé que cette réunion entre Colonels n'était faite que pour une dernière «retrouvaille ».
Le seul plaisir pour moi fut la traversée partielle de la grande Kabylie avec aussi, la sortie de la routine quotidienne.
21 juin 1962 -Retour au camp du Lido, je passe le reste de la journée à remettre en ordre et à exploiter les documents laissés en attente.
Pas de réel problème pendant mon absence.
Reprise du travail avec des moments intenses et des moments très tranquilles.
Le Lieutenant C. passe me voir et me demande ce que je fais dimanche. Ma réponse fut «-Rien de spécial (bien que...mais j'y reviendrais ! ) - Parfait, me dit-il, mets toi en 1° tenue pour 11 heures et assures toi que ma Jeep soit en bon état, je t’emmène en balade »
( A suivre)
le 04/02/2026 à 18h54
Tout s'explique pour la non-réponse pour le 1°RCC ! Vivement la suite pour en savoir plus sur la balade !
le 04/02/2026 à 19h05
le 06/02/2026 à 10h49
Je viens de terminer... Comme nous tous, j'attends de découvrir la suite de ton passionnant récit et où va te mener cette balade. C'est une page de l'histoire que je connais peu.
le 06/02/2026 à 15h49
De l'Allemagne à l'Algérie (1960/1962) (10)
24 juin 1962 -Je suis au volant de la jeep du Lieutenant devant le local du bureau à 11 heures
bien sur, le Lieutenant arrive et me demande de prendre la place du passager !
Je lui rappelle avec humour que c'est lui le chef de voiture, puisqu'il est le plus gradé, il me dit
« -Pas grave j'ai envie de conduire !
-OK mon Lieutenant mais sans accident SVP sinon nous ne couperons pas au gnouf (prison en argot militaire, aussi appelé le trou ! ) ».
Nous allons à l'Amirauté d'Alger :

AU 1° PLAN L'AMIRAUTE
Une très agréable journée ou nous avons retrouvé deux des copains du Lieutenant, avec déjeuner au mess des officiers et après le déjeuner petite « bulle » abrité du soleil avec vue sur la plage privée ou les épouses se faisaient bronzer.
Retour sans problème, nous étions au régiment en fin d'après-midi.
le 06/02/2026 à 16h03
De l'Allemagne à l'Algérie (1960/1962) (11)
14 juillet 1962 - La prise d'armes pour la commémoration de la prise de la Bastille !
Je récupéré le Command-car brillant comme un sou neuf (merci les amis de l'atelier ! ) et je vais chercher le Colonel L.
Les quatre escadrons du Régiment sont disposés en carré sur la place d'armes, classique ! Le
Colonel debout à l'arrière du Command-car et qui salue, pas d'à-coups, vitesse parfaite une réussite.
En plus pour ce samedi (il me semble que c'était un samedi ?) 14 juillet un repas de fête !
De juin à fin septembre 1962 - Et pendant les temps libres alors ?
Après le déjeuner nous étions libres jusque 16 heures avec sieste « obligatoire » nous la faisions bien sur pendant un certain temps puis l'extérieur très rapidement nous appelait, volley pour certains (il y avait un terrain qui jouxtait notre bâtiment ) dont je n'était pas en raison de mon bras et pour d'autres, dont je faisais partie, la pétanque !

LE REPOS
Puis une demi-heure de récupération en chambre avant la reprise des activités

REPRISE DU TRAVAIL
Et le dimanche ?
Sport à nouveau pour certains, « bulle » pour d'autres avec lecture, jeu de cartes, discussions ou simplement sieste !
Aussi pratiquement tous les dimanche nous étions cinq ou six et même quelques fois jusqu'à huit à nous faire « décompter » la veille ( C'est prévenir que nous ne mangerons pas au réfectoire le dimanche midi ).
Et...
Sortie du camp, direction la plage du Lido à Fort-de-l'Eau, distante d'environ un kilomètre, pour pique-niquer tout en profitant du soleil et bien sur de la méditerranée, une belle bouffée de civil !

(A suivre)
le 06/02/2026 à 17h11
Un réel voyage dans le temps et dans un pays que j'aimeraiis connaître...sûrement dans une autre vie, merci Dom.
le 06/02/2026 à 20h27
qu'est ce qu'il est beau et bien musclé notre
le 06/02/2026 à 20h38
Merci Dopm41 pour ton récit captivant. Je l'illustre avec quelques photos prisent sur place l'année dernière au cours de mon voyage du retour...
Le FORT DE L'EAU et ce' qu'il en reste...

La plage du Lido, ce qu'il en reste : elle a disparu comme de nombreuses plages d'Algérie dont le sable a été "volé", pour construire des immeubles

le 07/02/2026 à 17h57
Merci à toi
Il est certain que pour toi ce fut certainement un crève-cœur avec des souvenirs plein la tête !
Pas trop de regrets ami la constitution du pays se serait faite de toute façon, probablement quelques années plus tard, avec un bain de sang encore plus terrible !
Mais bien évidemment je comprends parfaitement ce que tu ressens.
le 07/02/2026 à 18h22
De l'Allemagne à l'Algérie (1960/1962) (12)
Nous apportions et partagions nos provisions.
Aussi, petite anecdote, nous achetions à l'entrée de la plage un, deux voir trois melons à un très
sympathique algérien avec qui nous avions un deal « -Tu l'ouvre s'il est bon on te le prend et
nous te le payons le double mais s'il est pas sucré nous ne le prenons pas. Bien sur même s'il est arrivé que l'un n' était pas très très sucré nous l'avons gardé en lui donnant le double du prix
marqué.
Je ne me souviens pas de ce prix, juste que c'était très peu cher pour nous.

Plage du Lido fin août 1962
(Vous avez vu il y a un des participants qui n'ai pas assis dans le sable , mais de qui s'agit-il ?)
Août, septembre 1962 - Ce sera plutôt assez calme pour moi quelques sorties en ville d'Alger
pour des approvisionnement avec ici ou la des explosions...

Lorsque je participais comme chef de voiture, nous y allions généralement assez tôt afin d'éviter la foule et les risques, le courant …
Le quotidien reste le même et, si je me souviens bien, pendant ces deux mois la plage nous a
accueillie chaque dimanche !
Septembre 1962 - Il avait été envisagé pour le mois de septembre un convoi armé, avec des
blindés et ayant comme destination Laghouat à plus de 300 kilomètres d'Alger.
Cette cité située à 700/800 mètres d'altitude au sud de l'Atlas Saharien. Officiellement c'était
pour une campagne de tirs dans le désert mais avec une toute autre réalité, il s'agissait de voir comment les différentes « wilayas » réagissaient au passage des troupes françaises et ce afin de savoir comment former les convois de rapatriement des régiments encore cantonnées dans le désert.
Bien sur j'en étais avec le command-car mais les hostilités entre les « wilayas », pour la prise de pouvoir du pays, se déroulaient avec de nombreux combats (Une wilaya était une région
militaire de l'Armée de Libération Nationale -ALN-) !
De ce fait pas question d'une telle mission dans ce contexte de très grande insécurité.
Un regret pour moi bien sur mais ce fut un mal pour un bien compte-tenu des risques à moins de deux mois de ma libération (en langage militaire: « la quille » !)
Septembre 1962 - Le courant journalier qui continu avec comme déjà écrit, les dimanches de ce mois de septembre c'est la plage et le plaisir de nager dans cette mer méditerranée avec une eau qui souvent est aux alentours de 25/26° !
Nous ne sortions en ville d'Alger que pour ce qui était nécessaire et bien sur avant tout pour
l'approvisionnement.
(A suivre)
le 07/02/2026 à 20h29
Contrairement à Lilia, je connais un peu ... mon frère n'a pas fait l'Algérie mais l'Allemagne oui, et mon mari l'Allemagne puis l'Algérie et je retrouve pas mal de situations connues dans tes récits, je connais moins l'Algérie mais par contre c'est