Contes et Légendes... : discussion - Page 9
le 22/09/2025 à 06h42
Hôtel dieu de Tournus :
Remède et légende :


le 22/09/2025 à 09h04
merci
le 28/10/2025 à 21h40
Connais-tu la légende de la plante Lien d’Amour 💚🌱 ?
On raconte qu’il y a très, très longtemps, à l’époque des châteaux et des chevaliers, alors que le printemps commençait à poindre, la princesse Oralis, fille du roi Ian de Carvun et de la reine Klarion, se promenait dans les jardins du palais lorsqu’elle rencontra Philip, le plus jeune fils du jardinier.
Ils se plurent immédiatement et commencèrent une belle amitié.
Les promenades de la princesse dans le jardin et la forêt, ainsi que ses rencontres avec Philip, devinrent de plus en plus fréquentes, jusqu’à ce qu’ils réalisent qu’ils étaient tombés éperdument amoureux l’un de l’autre.
Le jeune Philip trouva le courage — malgré les avertissements de ses parents qui lui disaient de s’éloigner de la princesse — d’aller parler au roi Ian pour lui demander la main d’Oralis.
Le roi entra dans une colère noire : il ne comprenait pas comment un jeune homme si humble pouvait avoir l’audace de demander la main de sa fille. Il ordonna alors à ses gardes d’emprisonner Philip dans la tour du château, jusqu’à ce que la princesse l’oublie et accepte d’épouser un prince digne de son rang.
Attristée, la princesse Oralis, loin d’oublier Philip, continua à visiter chaque jour les jardins du palais et la forêt.
Un matin, dans un petit pot qu’elle avait trouvé dans les cuisines, elle déposa de la terre du bois où ils avaient partagé leurs plus doux et précieux souvenirs.
Elle y planta un rameau d’une plante sauvage qu’ils aimaient tous deux et, fermant les yeux, fit un vœu aux dieux :
> « Réunissez-moi à mon bien-aimé. »
Cette nuit-là, quand tout le monde dormait, elle monta à la tour et, les yeux pleins de larmes, demanda au garde de remettre la plante à Philip au matin.
Touché par la sincérité et la profondeur de l’amour d’Oralis, le garde accepta.
Quand Philip reçut le cadeau, il sut aussitôt qu’il venait d’elle. Avec l’aide du garde, il prit soin de la plante et la plaça sur le rebord de sa fenêtre pour qu’elle reçoive la lumière du soleil.
On raconte que la plante, nourrie par l’esprit d’amour des deux jeunes gens, déploya ses feuilles et allongea ses tiges, jusqu’à presque toucher la terre, comme si elle voulait réunir leurs cœurs.
Une nuit, grâce au garde, Philip s’évada de la tour, s’accrochant aux longues tiges de la plante, devenue assez forte pour lui offrir un chemin vers la liberté.
Il attendit Oralis près du lac où ils se retrouvaient autrefois, et ensemble, ils s’enfuirent vers un lointain royaume, où ils vécurent heureux pour toujours.
Le garde conserva la plante de Philip et Oralis, à laquelle il donna le nom de Lien d’Amour.
Et la légende dit que, depuis ce jour, chaque fois qu’un cœur est blessé par l’amour, il guérira en plantant et en prenant soin d’un rameau de Lien d’Amour. 💚🌱

le 29/10/2025 à 06h51
Merci pour cette belle légende
En voici une autre, bien moins agréable que la tienne concernant le lac de Nantua où je suis allée rejoindre mes amies 🧡💛💚💙💜 du Pays de Gex, dernièrement :
Maria Mâtre était une femme de pêcheur et une remarquable cuisinière mais elle avait un gros défaut : elle était très gourmande. Un jour elle avait réalisé un de ses chefs-d’œuvre, la galette aux queues d’écrevisses, pour rendre hommage à son mari qui revenait affamé de la pêche. Or elle ne résista pas au plaisir de goûter la galette avant le retour de son mari et sa gourmandise était telle qu'elle dévora la galette toute entière ! S’apercevant de cette trahison et fort courroucé, son mari appela à la vengeance du ciel ! Son désir fut exaucé et la malheureuse Maria Mâtre fut changée en statue de pierre avec sa galette sur la tête.

le 29/10/2025 à 07h13
hello poulette !
j'aime beaucoup ta légende, bien que la fin soit triste pour Maria....
le 29/10/2025 à 20h29
Intéressante cette légende, attention les gourmandes !
le 03/01/2026 à 13h38

La messe de Noël qui sauva tous les habitants d'un hameau
Une légende qui tient de faits réels
Dans la rivière de la Valserine, près des lieux de notre légende, il existait une pierre datée de 1400 emportée depuis par une crue de la Valserine en 1893. Les gens de la vallée de Chézery connaissaient tous cette pierre qui provenait d'une maison détruite par l'éboulement de Lachat. Mais les documents sur lesquels les moines avaient sans doute consigné cet événement ont été détruits en 1590 ou peut-être à la Révolution. Nous n’avons donc aucune date précise à avancer.
Antoine Blanc, maire et notaire, écrivait en 1809 :
« De toutes les recherches faites, on n’a rien trouvé qui indiquait l`époque de cette avalanche : il est à présumer qu’elle est très ancienne. On croit qu’il y avait un village au lieu ouest de l’avalanche; ce qui fait le croire, c’est qu’on a trouvé dans le lit de la rivière, en bas de l’avalanche, des débris de bâtiment : des vieux meubles en fer, crémaillères, languettes à traîner le bois, étrilles, haches, couteaux de chasse, le tout rongé par la rouille. Ce qui prouve l’ancienneté de l’avalanche, c’est encore un vieux poirier sauvage qui avait cru sur les débris, et qui a péri de vieillesse il y a plus de quarante ans ».
Dans les années 1960, Arthur Blanc et Fernand Coutier, respectivement maire et adjoint de Chézery, ont aussi effectué des recherches dans les éboulis, au fond de la vallée. Ils auraient retrouvé des pierres des maisons ainsi que de vieux outils ce qui prouve que ce fait est bien réel.
Le hameau de la Rivière
Perché à quelques 800 mètres d’altitude, au pied d’un vaste cirque formé par les monts Jura, sur la commune de Chézery aux confins du Pays de Gex, la Rivière est un joli petit village de montagne. On y parvient en traversant une sorte de nervure sauvage appelée les Avalanches. C’est un amas grandiose de rochers énormes et d’éboulis, qui détachés des flancs de la montagne, ont un jour glissé, coulé, telle une rivière formidable sur plus d’un kilomètre de longueur jusqu’à l’autre bord de la vallée. A l'époque de notre histoire de Noël, le hameau de La Rivière, se trouvait au-dessous de celui qui existe aujourd'hui. Il comprenait près de 150 habitants d'après la légende.
La messe de minuit
"Un soir, c’était la veille de Noël, il faisait très froid et un superbe clair de lune. Bien que le village fût distant de trois kilomètres, tout le monde, sauf quelques malades et des vieillards, s’était rendu à la messe de minuit. Les cloches de l'abbaye cistercienne carillonnaient à toute volée dans la nuit glacée lançant l'invitation à toute la valée. Or, pendant cette messe, les fidèles entendirent, non sans effroi, comme un grand coup de tonnerre qui ébranla les vitraux de l’église, le curé se signa et tout le monde resta figé. L'édifice entier vibrait de toutes ces pierres. La messe continua mais les paroissiens s'interrogeaient. Un coup de tonnerre, la nuit, à cette époque, par le froid et le clair de lune, était chose tout-à-fait anormale.
En sortant de l’office, chacun questionnait son voisin, mais nul ne pouvait trouver d’explication. Puis chacun se mit en groupes, de divers côtés, pour rentrer chez soi. Les riviérands se retrouvèrent tous ensemble sur le chemin du retour.
Quelle ne fut pas leur surprise en approchant du hameau ! Des pierres énorme barraient la route et plus ils approchaient du village moins ils reconnaissaient les lieux. Il était arrivé un malheur à la montagne et en s'approchant du ravin du lit de la Valserine ils découvrirent une rivière sèche ! La Valserine, trouvant la vallée barrée devant elle, formait un grand lac qui s’étendait au pied de la roche de Sous-Balme plus en amont. Et plus de hameau visible, il fut rayé de la carte. Il avait été englouti par l’avalanche de pierres. Sans la messe de minuit, tous les habitants eussent été ensevelis vivants »".
Les habitants vit cela comme un message divin. Sans la messe et sans Noël, les 150 habitants seraient tous morts mais malheureusement les vieillards, et quelques personnes malades furent ensevelis.
L'historien Hannezo détaille en 1924
« Jadis, au pied de la montagne lézardée, entre bois et torrent, un joli hameau groupait ses toits de chaume cossus ; les résidents étaient tous maîtres de beau et gros bétail comme de nombreuses ruches d’abeilles ; mais parmi eux, dit-on, vivaient beaucoup de mauvais riches, aimant bonne chère et ne craignant pas Dieu. Un vieil ermite leur criait souvent. « Prenez garde l » Et quand vint Noël, que les neiges et les pluies glaciales ruisselèrent sur les crêtes chancelantes, les vieux et les femmes songèrent à sa menace. Tous, sauf quelques incorrigibles mécréants, prirent le chemin de Chézery où les appelaient joyeusement les cloches de la messe de minuit.
Pendant l’office sacré qui remuait dans les cœurs tant d’émotions précieuses et de jeunes souvenirs, un horrible fracas remplit tout à coup la vallée en multiples et mystérieux échos, à tel point que le prêtre à l’autel et les fidèles agenouillés, tout tremblants, se signèrent. On revint au petit jour vers le hameau ; en vain on le chercha : il avait disparu. Des blocs gigantesques de pierres fermaient les sentiers et la route, et la Valserine dans la combe de Sous-Balme formaient un grand lac sur lequel la pluie tombait douloureuse et cinglante ! >>
Les fantômes de minuit
Une légende raconte que quelques rares passants qui, depuis, ont traversé l’avalanche par une nuit de Noël, rapportent avoir entendu, sous les rochers écrasés, des pleurs et des lamentations, alors surtout que chantent dans le lointain, les cloches de l’église de Chézery.
Mais il existe une autre version, pour ceux qui n’apprécient ni l’injustice, ni une justice trop punitive. Que l’avalanche ait eu lieu par un temps froid ou par temps humide et pluvieux, c’était bien la nuit de Noël ; mais tous les habitants du hameau étaient à la messe, et il ne restait personne dans les maisons. Le village fut reconstruit plus bas c'est celui que l'on connaît de nos jours.
Auteurs et sources :
J. Hannezo, Le Bugey, rubrique Folklore-Légendes : L'effondrement de Lachaz (1921), p. 123-124 ; Lucas Grenard, Dans le val chézerand (1955), voir p. 21 et appendice p. 99 L'effondraz (La Rivière) ; M. Laubépin, Chézery, Histoire et Tradition (pp. 25-2 ; Hugo Charpentier, dans le Progrès. Extrait de M. Laubépin, pp. 25-28. Extrait et textes de Gislain Lancel, Patrimoine et Histoire de Champfromier. Extrait de Légendes oubliées de nos montagnes de Christian Delval. Des notes manuscrites de M. l’abbé Delaigue, conservées à Gex, recopiant un document plus ancien, avancent la date de 1335, 1355 ou 1385.
le 21/01/2026 à 20h50
Quel dommage d'abandonner aussi cette discussion 😔
Je mets une dernière légende et ensuite, j'arrête.
Terre de légende, Saint-Romain accueillit la fée Marsain qui donna à Auguste Ponsot, le jour de son baptême, le pouvoir de parfumer tous les lieux qu'il voudrait d'un encens inconnu à ce jour. (Auguste Ponsot inventa réellement le papier d'Arménie).
Quand on voit la Dame Blanche de Caran descendre des ruines du château par le chemin de la Tartebouille pour s’abreuver au ruisseau du village, on peut être certain du décès proche d’une jeune fille du bourg.
Dans la petite grotte de la Tartebouille, au bord du sentier qui monte du village jusqu’au château et l’église, le Diable se cachait le soir de Noël pour soudoyer les attardés qui montaient à la messe de minuit. Aussi, chaque année, les bancs étaient de plus en plus vides, au grand désespoir du prêtre. Heureusement, l'abbé Delniaut avait rapporté de Bethlehem une sacoche ayant le pouvoir de faire disparaître qui l'on veut à l'intérieur en prononçant la formule : « Dieu me garde ». Le Noël suivant, il la confia à son sacristain qui monta à la messe de minuit avec les derniers paroissiens, en s'arrangeant pour arriver devant la grotte à minuit. Quand le Diable surgit les mains pleines de pièces d'or, il prononça la fameuse formule : « Dieu me garde ». Le démon fut aussitôt aspiré dans la besace. Le sacristain rejoignit l’église en courant et la jeta dans le bénitier où le prisonnier gesticula en tous sens pour tenter de s’échapper, d'où l'expression, "se débattre comme un Diable dans un bénitier".
Saint-Romain, posséda la Fontaine Pichotot, source miraculeuse qui débitait un excellent vin gouleyant à souhait. Hélas, pour éviter une guerre entre Saint-Romain et Jours-en-Vaux complotée par la femme du seigneur Raoul de Jours-en-Vaux, Dieu décida de tarir le jet de vin.
Dominant le ruisseau de Pichotot, au nord-est, une croix piquée sur un éperon rocheux arbore une sorte de nœud Dara.
D'autres infos dans le livre : "Un curieux en balade".
André Beuchot Source L’écho le site des communes

le 21/01/2026 à 23h13
Je viens seulement de voir depuis le 3 janvier où tu l'avais posté ...."La messe de Noël qui sauva tous les habitants d'un hameau" j'aime beaucoup cette légende, merci poulette !
et la légende que tu viens de poster j'aime beaucoup aussi, et je me renseignerai pour le livre dont tu parles....... car j'aime vraiment beaucoup toutes ces légendes et histoires......et je viens de passer un bon moment.
Merci ma poulette, et ce serait vraiment dommage d'abandonner cette discussion.
le 21/01/2026 à 23h20
Bonsoir
Superbes ces légendes et merci à vous pour nous les avoir contées.
J'aime beaucoup le nom de cette rivière La Valserine. Elle donne envie de danser...
De belles histoires de ce pays de Gex, tragiques, terrifiantes qui ont fait les beaux jours des siècles passés.
Ce gros rocher qui semble punir, une avalanche mystérieuse, une dame blanche et le diable. Cocktail détonnant pour des nuits tumultueuses.
Grand merci pour ces partages. Ce pays de Gex me semble riche en légendes qui honorent ton ancien et beau pays montagneux avec le Mont Blanc en gardien bienveillant.