Diffuser une chanson pendant un deuil va désormais coûter de l'argent : discussion
le 24/02/2025 à 12h35
"Des droits d'auteur jusque dans les cimetières."
j'ai été un peu choquée de voir cette information, et j'aimerais savoir ce que vous en pensez...
le 24/02/2025 à 20h24
Ça ne m'étonne même pas vu que c'est un lieu publique et c'est navrant.
le 25/02/2025 à 09h35
Bonjour
Oui,
le 25/02/2025 à 11h33
merci
le 25/02/2025 à 19h50
A partir du moment ou il n’y a plus de respect pour quoi que se soit, c'est peine perdue !
le 25/02/2025 à 23h10
FIGAROVOX/HUMEUR - La Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) a signé un accord avec la Fédération nationale des pompes funèbres, par lequel elle touchera une redevance sur les musiques diffusées lors des enterrements. La professeur de français Ophélie Roque raille cette mesure.
«Les 700.000 à 800.000 euros attendus des funérailles représentent environ 0,05 % des recettes totales de la Sacem.»
«Les 700.000 à 800.000 euros attendus des funérailles représentent environ 0,05 % des recettes totales de la Sacem.»
© Christian Rothe / stock.adobe.com
Ophélie Roque est professeur de Français en banlieue parisienne. Elle a publié Black Mesa (Robert Laffont, 2023), son premier roman.
De la momification au cercueil en pin, des bûchers flottants des peuples du Nord à l’ensevelissement hâtif dans une fosse commune : la mort frappe indistinctement le riche comme le pauvre, le nanti comme l’indigent. Cela dit, le petit vent du changement souffle sur les cérémonies funèbres à venir dans l’Hexagone puisque la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) a enfin obtenu gain de cause pour augmenter les droits d’auteur perçus sur les chansons éventuellement diffusées au cours des cérémonies funéraires.
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La genèse de cette bien triste affaire remonte à plusieurs années, jusqu’à ce que, en juillet 2024, le tribunal judiciaire de Paris tranche en faveur de la Sacem dans un litige qui l’oppose à l’OGF (la plus grande entreprise de pompes funèbres en France). L’OGF conteste l’augmentation des tarifs imposés par la Sacem (passant de 1,93 € à 3,33 € par cérémonie). L’argument d’OGF est aussi simple que juridiquement valable : les funérailles - en tant qu’événements privés - ne devraient pas être soumises aux redevances, habituellement réservées aux seuls lieux publics comme les salles de concert ou les galeries des centres commerciaux. Mais c’était sans compter l’indéniable inventivité de la Sacem qui, sans se laisser démonter, a aussitôt contre-attaqué avec un raisonnement pas piqué des hannetons. Selon elle, n’importe qui peut assister à des obsèques, ce qui vient indéniablement et rigoureusement prouver le caractère public de l’évènement.
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On connaissait par Maupassant les pierreuses, ces prostituées de la fin du XIXe qui chaloupaient - la démarche provocante et l’œil lascif - près du tombeau des épouses nouvellement enterrées et cherchant, de toute force, à consoler le jeune veuf. Mais qui pouvait se targuer de connaître le mélomane des cimetières, le psychopathe musicophile qui erre dans les sombres allées à la seule fin d’écouter, au petit bonheur la chance, Puisque tu pars de Jean-Jacques Goldman ou S’il suffisait d’aimer de Céline Dion ? Le second m’apparaît bien plus retors et pervers que la première. Nous sommes là face à un mélomane d’un genre nouveau, mais, visiblement, le tribunal fut sensible à l’argument et décida de l’augmentation des droits d’auteur.
Désormais, les entreprises funéraires devront verser une redevance annuelle à la Sacem estimée entre 700.000 et 800.000 euros. Concrètement, la Sacem ne facturera pas directement les familles ; il serait d’ailleurs un peu fort de venir glisser la main dans le portefeuille des familles endeuillées. Deux options s’offrent alors aux opérateurs funéraires : soit ils augmentent les devis (jusqu’à une vingtaine d’euros !) pour les familles qui souhaitent diffuser de la musique, soit ils répartissent ce coût sur l’ensemble de leurs clients (y compris ceux dont les cérémonies se déroulent sans musique). Et paf ! Les non-mélomanes paieront pour la musique des autres. On imagine déjà les polémiques d’outre-tombe : « Ma famille n’a pas diffusé de musique mais la tienne si, rends-moi l’argent ! ».
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Alors certes, l’on pourra arguer que la somme reste minime par rapport au coût moyen d’un enterrement, qui oscille entre 5.000 et 7.000 euros, mais là n’est pas le problème : c’est la symbolique qui blesse bien plus que la somme. Mais de ceci la Sacem n’en a cure et préfère rappeler que cette pratique n’a rien d’unique et qu’il suffit de se tourner outre-Manche pour observer la même chose. En effet, la pratique n’est en rien spécifique à la France ; ce qui l’est, en revanche, c’est la rigueur toute tatillonne avec laquelle la Sacem fait respecter ce qu’elle estime être ses prérogatives. Et tant pis si pour cela certains vont jusqu’à la comparer à une mafia : « Paye, sinon tu n’auras pas de musique pour l’enterrement de tonton Raoul, ce qui serait -tu en conviens- gênant » (à lire avec un accent sicilien caricatural pour que la phrase sonne bien).
Mais peut-être la Sacem est-elle à bout de souffle et ces quelques euros supplémentaires sont-ils strictement indispensables à sa sauvegarde ? Que nenni ! En 2023, elle a collecté 1,48 milliard d’euros ! Un record en hausse de 5 % par rapport à 2022. Les revenus numériques (streaming …) ont bondi de 13 % et atteignent désormais 577 millions d’euros tandis que les redevances des concerts et autres diffusions au sein de lieux publics ont augmenté de 20% et avoisinent les 388 millions d’euros.
Les 700.000 à 800.000 euros attendus des funérailles représentent donc à peine une goutte d’eau dans cet énorme réservoir : environ 0,05 % des recettes totales ! La Sacem est prête à détrousser les familles pour 0,05% des recettes totales. Une larme de plus dans le chagrin infini des proches
le 26/02/2025 à 08h37
Tout ça, pour qu'au final, on nous fasse payer plus cher, désolée si je vous choque,mais pour moi,se sera un cercueil en carton, au feu ensuite et surtout pas de simagrées ! J'ai en horreur ceux qui se font de l'argent sur le dos des morts !!!!
le 20/04/2025 à 12h19
Ca ne me choque pas, chacun peut décider de ce qu'il souhaite, et la famille doit respecter les dernières volontés.
Quand mon fils est "parti" nous avons respecté tout ce qu'il souhaitait, bien que ce n'était pas notre idée, le principal est lui ce qu'il souhaitait.
le 21/04/2025 à 07h42
Et tu as tout à fait raison